Exposition Bilal – Landerneau 2020

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14 novembre 2020 par Lunch

Exposition Enki Bilal - Landerneau 2020

Exposition Enki Bilal – Landerneau 2020

Lunch

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Durant le mois d’octobre, j’ai profité de quelques jours de congés pour partir dans la lointaine Bretagne – voire même au bout du monde, c’est à dire Brest. Grand bien m’en a pris, car j’ai pu visiter l’exposition Enki Bilal, non loin de là à Landerneau, quelques jours avant un reconfinement culturel et surtout la fin de ladite exposition.

Fan d’Enki Bilal depuis que je suis en mesure de m’offrir des bandes dessinées (pas de la première heure, je n’étais pas encore né), j’ai eu la chance, une fois, de partager un (trop court) moment avec ce grand monsieur du 9ème Art le temps d’une dédicace surprise à Angoulême, en 2010. Le genre d’occasion qui n’arrive pas si souvent et qui demande d’être présent au bon endroit au bon moment et d’avoir de très bons copains qui savent comment te faire très très plaisir !

Dédicace Enki Bilal - Angoulême 2010

Dédicace Enki Bilal – Angoulême 2010

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bref, la visite de cette exposition était une occasion unique de voir de près des originaux du maître, lesquels étaient exceptionnellement réunis ici (retour aux sources des Légendes d’aujourd’hui), d’apprécier les textures des toiles peintes, d’arpenter le moindre trait avec une envie monstre et des étincelles dans les yeux.

Ces tableaux qui – et c’est bien un reproche énorme que je fais à l’exposition – ont tous étés réalisés à l’aide d’une « technique mixte » dont seul Enki Bilal a le secret ! Exit les acryliques, les pastels gras, pastels, gouaches voire le simple crayon qui sont habituellement les armes du natif de Belgrade.
Hey, ça je sais, c’est de l’encre de Chine ! Raté, encore une technique mixte…

Passé ce détail, l’exposition est un régal. Organisée par grandes thématiques qui forment les piliers fondateurs de l’œuvre de Bilal (l’humain, les animaux, les machines, l’urbanisation et évidemment la géopolitique, qui transcende le tout), elle met en évidence les axes forts mais aussi les résonances avec d’autres arts. On y découvre par exemple quelques inspirations de l’artiste, qu’elles soient cinématographiques ou photographiques, au milieu de ses propres écarts dans l’industrie du 7ème Art (Bunker Palace Hôtel, Immortel…).
Nous ne serons pas étonnés d’y trouver des films comme Metropolis de Fritz Lang (1927) ou Freaks (Tod Browning – 1932). D’autres sources aux thèmes forts ont pu inspirer l’auteur durant sa carrière : Requiem pour un massacre (Elem Klimov – 1987), Stalker (Andreï Tarkovski – 1979), Orange mécanique (Stanley Kubrick – 1971), 2001 l’odyssée de l’espace (Stanley Kubrick – 1968).

Force est de constater que c’est Ridley Scott qui s’inspire d’Enki Bilal et non l’inverse lorsque paraît l’incroyable Blade Runner en 1982, lequel lui témoigne l’importance de son œuvre lors d’une visite promotionnelle à Paris pour la sortie du film.

Le cinéma n’étant pas le seul terreau dans lequel l’auteur puise, j’ai été ravi de trouver des originaux prêtés par des collections, comme quelques illustrations de Gustave Doré ou encore une magnifique argentique de Man Ray. Ravi également de découvrir les travaux du plasticien Joel-Peter Witkin, avec ses séries sur le transhumanisme, autre thématique forte dans l’œuvre de Bilal.

Bien sûr, un voyage avec Enki Bilal se fait aussi par la couleur, composante essentielle à son Art. Une mise en couleurs qui n’explose pas comme un arc-en-ciel mais qui impose par sa sobriété, avec une utilisation presque chirurgicale du bleu (l’étrange) et du rouge (la violence).

Le clou du spectacle, me concernant, a été cette « chambre noire » spécialement conçue pour l’occasion. Une pièce dans laquelle étaient exposées 3 toiles peintes expressément par l’artiste, représentant des figures du tableau Guernica de Pablo Picasso. Des figures qui à l’instar de ses travaux sur Les fantômes du Louvre, nous parlaient de la conception du tableau, comme si elles avaient une âme. On pouvait entendre ces texte en se plaçant face à chaque tableau, via un haut-parleur au plafond. De fait, on pénétrait dans une étrange ambiance spectrale lorsqu’on entrait dans ce lieu, alors que nous n’étions pas bien placés pour entendre une voix de façon claire, qu’on entendait un brouhaha diffus de trois voix sorties d’on ne sais où, au milieu d’une salle silencieuse.

Pour ceux qui n’ont pas eu l’occasion de s’y rendre… quelques photographies qui ont suivi modestement mon regard au cours de cette visite, à titre de consolation.

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