Alcibiade

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16 janvier 2016 par Lunch

Alcibiade

Lunch

Lunch

On m’a mis Alcibiade dans les mains pour une 9ème Case pour laquelle je chroniquais et je dois dire que c’était vraiment une excellente surprise. J’ai eu un petit coup de cœur pour ce petit bout d’homme qui part pour l’Aventure avec un grand « A », qui traverse maintes péripéties dans des cases – merveille d’agencement – pour finalement oublier qu’un plan peut être aussi plat que la Terre est ronde. Beau, poétique et bien ficelé… mais laissez-moi vous raconter ça avec un peu plus de détails…

Quelle première géniale idée de Rémi Farnos que de faire jouer notre corde sensible de la nostalgie. Le scénario d’Alcibiade n’a rien d’exceptionnel : c’est une quête, une épopée comme bien d’autres auteurs l’ont contée avant lui. On pense bien sûr aux récits homériques en premier lieu. Il y est question d’épreuves à traverser, de sommets à franchir, de rencontres et de défis. C’est aussi un jeu subtil du temps qui passe et qui symbolise aussi l’expérience acquise au fil des pages : le héros cherche à rencontrer le Grand Sage pour savoir ce qu’il va devenir, il grandit sans s’en apercevoir, tout en laissant derrière lui l’indélébile trace de son passage.

« Tu peux être fier de toi. Tu as fait tout ce chemin pour connaître ton destin mais c’est toi qui l’as forgé de tes propres mains. »

Les dialogues sobres et efficaces s’intègrent parfaitement dans une farandole visuelle : les cases s’imbriquent entre elles dans un gaufrier interactif. Parfois classique dans sa lecture, d’autres pages s’affranchissent des gouttières pour suivre un véritable chemin narratif : il ne s’agit plus de lire de gauche à droite et de haut en bas, il faut accompagner Alcibiade au gré de ses pérégrinations. Cela surprend au départ mais c’est un plaisir que de chambouler nos habitudes !
Le gaufrier lui-même évolue avec le récit. 20 cases au départ, puis 12, puis 6 : un rythme cassé à chaque fois par une pleine page d’illustration, marquant une évolution majeure dans l’histoire et un changement de temporalité. La cassure est d’autant plus nette lorsqu’il s’agit de passer de l’enfance d’Alcibiade à sa fin de quête avec une double page (d)éton(n)ante où les lignes sont déconstruites et rompent la routine graphique.

Rémi Farnos sort de son anonymat en entrant dans la sélection officielle d’Angoulême (grand bien lui en fasse), il n’en est pour autant pas à son premier coup d’essai en matière de bande dessinée. Repéré par L’atelier du poisson soluble et en tant que Jeune talent au festival angoumoisin de 2014 (avec déjà un joli gaufrier de 165 cases), l’auteur s’est également illustré dans des compositions OuBaPiennes chez les éditions Polystyrène. Une envie de revisiter le médium BD que j’apprécie et qui me fait penser à d’autres auteurs que je plébiscite, dont Jason Shiga.

Alcibiade - Extrait

Alcibiade – Rémi Farnos © La joie de lire 2015

Un autre avis : Fab Silver
Alcibiade (One shot)
Scénario : Rémi Farnos
Dessin : Rémi Farnos
Édition : La joie de lire 2015
Le site de Rémi Farnos.
La présentation de l’album sur le site de l’éditeur.
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3 réflexions sur “Alcibiade

  1. […] Alcibiade (Rémi Farnos), La Joie de Lire 02. Catharsis (Luz), Futuropolis 03. Équinoxes, Les (Cyril […]

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  2. […] Ils en parlent également : Lunch […]

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  3. […] Je remercie Gilles Labruyère pour son conseil de lecture et vous invite à lire la chronique de Lunch. […]

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