Semences sous influences

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25 août 2022 par Lunch

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Lunch

« Un blé qui rigole, c’est un blé qui est bien là où il est. »

L’agriculture est un savoir-faire que l’homme développe depuis près de 11 000 ans, durant le Néolithique. Basée sur l’observation de l’évolution des plantations au fil des saisons, les premiers agriculteurs ont appris à sélectionner leurs grains et à les replanter, à les faire croître, à les renforcer, à les multiplier. Les semences anciennes, si peu utilisées aujourd’hui, sont le fruit du travail de générations d’agriculteurs.

« Selon un rapport de la FAO (Food and Agriculture Organisation), 75% des variétés cultivées ont disparu depuis le début du XXe siècle ! »

Une diversité séculaire mise en danger par le développement de l’agriculture intensive. Une politique productiviste menée après guerre pour faire face aux risques de famines mais qui a petit à petit défiguré le paysage de nos campagnes : déforestation pour étendre les surfaces cultivées, appauvrissement des terres, perte de biodiversité…
Une orientation portée par la création de variétés modernes permettant d’améliorer les rendements mais nécessitant des investissements mécaniques importants et enfermant le cultivateur dans un cercle vicieux : standardisation des plants et des cultures, endettement, usage de produits chimiques favorisant la croissance des plantations.

Cette bascule s’est opérée en profondeur dans la seconde moitié du XXème siècle, exacerbée par les marchés spéculatifs et les enjeux financiers. Pour autant, quelques irréductibles (Semences paysannes, Kokopelli, etc.) se battent pour que les intérêts des groupes de pression, très implantés à Bruxelles, haut-lieu des décisions européennes, ne prennent pas totalement le pas sur l’intérêt général.

« Mais en 2018, cette décision a été annulée suite à une procédure juridique entamée par Syngenta, multinationale semencière, pour faire reconnaître un brevet sur un poivron sans graines. Un poivron stérile, donc… »

Tantôt marginalisés ou rendus à l’illégalité, ils ont mené de longs combats en justice pour faire valoir les droits des semences anciennes, désormais en accès libre depuis le 1er janvier 2022 après des années de procès. « Elles n’ont plus à être inscrites au catalogue [aux mains des industriels] pour pouvoir être vendues. »

Interloqué par l’interdiction de vente des semences anciennes en voie de disparition, Renaud de Heyn (La tentation) livre avec Semences sous influences un reportage éclairé sur le monde agricole. Il a pour cela rencontré de nombreux acteurs afin de se forger sa propre opinion sur un sujet qui l’intéresse depuis une dizaine d’années.
Le développement d’une ferme biologique demande un travail plus technique, à faire de nombreux essais pour s’adapter au sol cultivé. Un retour aux sources ô combien nécessaire pour faire face aux enjeux de demain : privilégier la qualité à la quantité et surtout respecter les sols et la biodiversité.

« Si on veut encore manger demain… retrouvons des plantes qui se plaisent dans nos terres. S’il n’y a que la rentabilité qui détermine le maintien d’une variété… ça nous mène à la perte de biodiversité actuelle. »

Semences sous influences - Extrait

Semences sous influences – Renaud de Heyn © La Boîte à Bulles 2022

Semences sous influences (One shot)
Scénario : Renaud de Heyn
Dessin : Renaud de Heyn
Édition : La Boîte à Bulles 2022
La présentation de l’album sur le site de l’éditeur.
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