Le silence est d’ombre

2

25 avril 2021 par Lunch

Le silence est d'ombre

Lunch

Lunch

À hauteur d’enfant, la vie peut paraître innocente et joyeuse, faites de petits tracas, de longues rêveries et de grandes joies. Mais tout est plus gris lorsque l’orphelinat devient le seul refuge. Un lieu de vie en communauté de substitution pour lequel Amun ne retient que tristesse et abandon.
Un erreur de fourneau plus loin, c’est un incendie qui ravage tout le bâtiment. En un battement d’ailes, le noir corbeau emporte avec lui une vie de misère.

Loïc Clément (qu’on ne présente plus… si ?) imagine ici un « monde sombre », une sorte d’entre-deux mondes, une bulle de réincarnation, entre la mort et une nouvelle existence. Pour en sortir, il suffirait d’une respiration, d’une gorgée d’eau, d’un peu d’appétit, un geste de vie en somme.
Pour la plupart des êtres, ce monde serait un passage transitoire relativement court, le temps du deuil, avant de rejoindre la lumière sous une nouvelle forme, en oubliant tout de la précédente incarnation. Mais pour Amun, quel intérêt de revivre quand la mort semble plus gaie ?

« Amun a toujours été un enfant timide et discret. Et c’est seulement maintenant, alors qu’il n’est plus vivant… que ces traits de caractère le font se sentir tel… un poisson dans l’eau. »

Le livre s’inscrit dans la lignée des Contes des cœurs perdus, collection d’albums consacrée à Loïc Clément chez Delcourt. Contrairement à Chaussette ou à Jeannot cependant, le thème de la mort et du deuil est ici abordé de manière frontale et ce dès des premières pages. D’un enfant qui plus est.
Cette dureté évidente est adoucie par le trait tout en rondeur de Sanoe (La grande ourse, Maléfices… deux bandes dessinées réalisées avec Elsa Bordier notre ancienne collègue de K.BD) qui apporte à l’histoire une douceur bienvenue.

On retrouve, sur quelques cases ça et là, des personnages bien connus de l’univers de Loïc : Chaussette et Dagobert, Dracula et Mina (Chaque jour Dracula), Calliope et Félix (Le voleur de souhaits).
Par ailleurs, on peut aussi trouver des recoupements entre La grande ourse et Le silence est d’ombre.

« Son ami a su lui montrer que la confiance, le respect et la bienveillance sont possibles entre deux êtres.
Amun comprend maintenant qu’en dépit de toutes les difficultés, la vie en vaut la peine. »

Je connais Loïc, j’ai lu l’album à mon fils. Du haut de ses 5 ans, la lecture aurait pu lui paraître déroutante, d’autant plus qu’il est resté muet tout du long. Nous en avons discuté aussitôt le livre refermé : il avait très bien compris qu’Amun était mort durant l’incendie. Il n’a pas eu peur pour autant et l’optimisme mis petit à petit en avant donne suffisamment foi et espoir.
Si la mort cueille d’emblée, Le silence est d’Ombre est pour moi avant tout un récit sur la vie et tout ce qui en fait le sel, l’amitié et la complicité en premier lieu, grâce au personnage de Yaël, un autre petit garçon perdu dans les méandres du monde sombre : une âme sœur, une main tendue.

Le silence est d'ombre - Extrait

Le silence est d’ombre – Loïc Clément & Sanoe © Delcourt 2020

Un autre avis : Mo’
Le silence est d’ombre (One shot)
Scénario : Loïc Clément
Dessin : Sanoé
Édition : Delcourt 2020
La présentation de l’album sur le site de l’éditeur.

2 réflexions sur “Le silence est d’ombre

  1. Loïc dit :

    Merci. C’est exactement le sens de ce livre. Merci.

    Aimé par 1 personne

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :