Bolita

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22 août 2020 par Lunch

Lunch

Lunch

« Fais gaffe, Rosmery, ne fais pas de conneries dans cette maison aussi parce que le curé German ne te recommandera plus jamais, il te l’a dit. »

Raula, elle tient beaucoup à Rosmery. Ce pourquoi elle s’évertue à lui faire la morale à chaque fois qu’elle rentre à la maison, pour lui éviter les problèmes. Parce que les problèmes elle les collectionne : la dernière fois, c’était pour faire tomber des trafiquants de Paco ! Déjà que la vie n’est pas facile pour une bolita, forcée à faire des ménages pour ramener un peu d’argent à la villa…
Niña des bidonvilles la nuit et enquêtrice en soubrette le jour, Rosmery Ajata est curieuse et c’est là son moindre défaut, car elle ne peut s’empêcher de fouiller les maisons de ses riches employeurs et d’enquêter sur leurs activités.

« Aïe, Imilla… tu sais que j’ai travaillé pendant des années au service de plusieurs familles. Les enfants, quand les parents n’étaient pas là, m’appelaient bolita. Toi, dans ton dos, ils doivent sûrement t’appeler comme ça. Et des fois, le bolita ils te le crachent à la figure.
Mais je revenais ici et j’avais mes choses à moi… cette maison, toi, que j’ai ramenée quand ta mère a été internée et que tu avais six, sept ans…
Et il y avait le Matancero qui m’aimait, et mon frère, tu t’en rappelles ? Celui qui voulait faire la révolution sociale et qu’ils ont tué comme un chien. Les milicos l’ont tué, ceux que les gens pour lesquels je travaillais appréciaient tant.
Alors qu’est ce que tu vas m’apprendre à moi ? Que tes patrons sont des enculés ? Quelle surprise ! »

Ah, quel bonheur de lire un nouveau titre du magnifique duo d’auteurs Argentins Carlos Trillo (Spaghetti brothers, Sibersix) et Eduardo Risso (100 bullets). Ils avaient déjà collaborés ensemble de très nombreuses fois par le passé (Fulù, Je suis un vampire…) et cette envie de travailler ensemble étant toujours présente, ils ont eu l’idée de cette bande dessinée Bolita, dont le pitch rappelle étrangement une autre de leurs créations : Chicanos.
Chose regrettable, Carlos Trillo décède en 2011 sans avoir vu l’album terminé un mois plus tard par son compatriote. Son dernier script aura été pour son ami.

Le scénario de Carlos Trillo nous emmène dans une histoire d’inceste entre deux jumeaux allemands, sous couvert de propagande nazie.
Le travail d’Eduardo Risso est un délice de noir et blanc, porté par des dessins d’une rare élégance, aux aplats maîtrisés, aux silhouettes magistralement mises en exergue par le jeu d’ombre et de lumière.
Ensemble, ils mettent en évidence la pauvreté des bidonvilles face à la luxure des quartiers riches, Rosmery devant nettoyer des excès de soirées arrosées et essuyer les caprices d’employeurs sans compassion. Explosive, l’héroïne mène une palpitante enquête, enchaînant les découvertes et essuyant aussi de fâcheuses déconvenues. Curiosité… un vilain défaut ?

Bolita - Extrait

Bolita – Carlos Trillo & Eduardo Risso © iLATINA 2020

Bolita (One shot)
Scénario : Carlos Trillo
Dessin : Eduardo Risso
Édition : iLATINA 2020
La présentation de l’album sur le site de l’éditeur.

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