Khalat

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16 août 2020 par Lunch

Lunch

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Khalat est une jeune Kurde Syrienne, des rêves pleins la tête. Étudiante à l’université de Damas, parlant français et passionnée par Prévert et Rimbaud, elle s’imagine poétesse, enseignante ou journaliste. Une fille libre et éprise de liberté, jusqu’à ce que la guerre éclate. Si la situation en ville se calme rapidement, le peuple gronde et se soulève dans tout le pays. Ce langage qu’elle savait secret, qui aurait dû le rester, était désormais parlé à voix haute en toute fierté. Alors qu’elle regagne sa famille dans le nord, Khalat ne se doute pas encore des dangers à venir, de l’exil, d’une situation qu’elle ne maîtrise pas et qui l’éloignera à jamais de ses rêves.

« Nous, les Kurdes, nous survivions en silence ou dans les mots murmurés entre les minces cloisons de nos maisons. Pour les maîtres d’école, pour les employés de l’état civil, pour l’État comme pour tout le monde, notre langue en revanche n’existait pas. De même que nous autres n’aurions pas dû exister. »

Quand on entend aujourd’hui parler d’immigration, en Europe, c’est souvent pour stigmatiser des populations pauvres pour qui l’émigration n’est pas un choix mais un moyen de survivre.
Ce récit relate l’histoire vraie de Khalat et de sa famille, forcée de quitter la Syrie pour échapper à une mort certaine. Avant de trouver une patrie d’accueil, ce n’est pas moins de 8 pays qu’ils ont dû traverser, la peur au ventre : Irak, Turquie, Grèce, Macédoine, Serbie, Hongrie, Autriche puis Allemagne… Un périple de plusieurs milliers de kilomètres qui les ont vu fuir leur pays d’origine par la terre mais aussi par la mer, sur un bateau de fortune.

Giulia Pex a découvert l’histoire de Khalat au travers de témoignages de réfugiés (Dov’è casa mia), collectés par Davide Coltri, journaliste et écrivain spécialisé dans les projets d’éducation d’urgence dans le domaine humanitaire.

Le regard qu’elle porte à son histoire est épris de tendresse. Les textes sont touchants, les mots sonnent juste. Les situations les plus difficiles sont décrites sans violence mais demeurent poignantes. Les dessins sont doux et le crayon de couleur, porté par des traits soignés, apporte beaucoup de chaleur à une lecture qui, autrement contée, aurait pu être glaçante. Les échanges de regards sont nombreux, pleins de non-dits et apportent une certaine connivence avec le lecteur / spectateur que nous sommes.

La situation des Kurdes et en particulier du Rojava (territoire au nord de la Syrie à majorité Kurde) avait déjà été par le passé décriée par l’auteur Zerocalcare dans Kobane Calling (qui avait pris des risques insensés pour nous faire parvenir son témoignage). Giulia Pex livre ici un récit beau et émouvant d’une famille forcée à quitter ses terres.

Khalat - Extrait

Khalat – Giulia Pex © Presque lune 2020

Khalat (One shot)
Œuvre originale (Recueil) : Davide Coltri
Scénario : Giulia Pex
Dessin : Giulia Pex
Édition : Presque lune 2020
Le site de Giulia Pex.
La présentation de l’album sur le site de l’éditeur.

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