La Callas – L’enfance d’une diva

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15 août 2020 par Lunch

Lunch

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Après Aldo Manuzio (portant sur les origines de l’imprimerie) et Un voyage sans retour (sur l’émigration et la situation particulière de Lampedusa), Gaspard Njock aborde ici un sujet de cœur, lui qui voue pour l’opéra une réelle passion (et je peux en attester, je l’ai entendu chanter). C’est donc avec grand plaisir que je me suis laissé porter par cette biographie de Maria Kaloyeropoulou : La Callas.

Le livre s’intéresse plutôt à son enfance malheureuse, elle qui est née aux État-Unis juste avant la crise de 1929 et qui a beaucoup souffert des disputes entre ses parents. Aussi, lorsqu’elle doit embarquer avec sa mère et sa sœur sur le bateau qui la ramènera en Grèce, pays d’origine de sa famille, elle vit la séparation avec son père comme un déchirement.
Alors que la guerre sévit en Grèce, cédant à la proximité italienne, elle se retranche dans le chant, perfectionnant son Art auprès de sa mère qui, voyant en elle le don qu’elle n’a jamais eu, lui fait endurer des heures de travail quotidien.
Bien sûr, ce travail finira par payer et la petite Mary deviendra plus tard la diva la plus célèbre du monde.

« Mais les gens vous aiment Madame !
_ Ils aiment tous La Callas, mais personne n’aime Mary Kaloyeropoulou. Moi non plus d’ailleurs ! »

Gaspard Njock décide de raconter le passé de la cantatrice au travers de tons bleus (séquence aux États-Unis), sépias (en Grèce) puis rouges (épilogue), privant ainsi l’aquarelle de ses couleurs intenses. Mais c’est pour mieux les laisser s’exprimer lors de la scène fantasmée de Tristan et Isolde, célèbre opéra de Wagner que La Callas interprètera des années plus tard (en 1949) et qui bâtira sa légende (elle apprendra le texte en 6 jours pour remplacer la cantatrice malade, alors qu’elle chante dans le même temps La Walkyrie de Wagner).

Une interprétation visuelle forte et surprenante, mettant en corrélation la bande dessinée et l’opéra. Une mise en application des études de musicologie que l’auteur a suivies à l’université de la Sorbone et notamment de son sujet de master : « Du drame wagnérien à la bande dessinée, La force évocatrice du drame wagnérien dans l’expression du Neuvième Art ». Quelques pages à la fin de l’album expliquent comment il est parvenu à donner une tonalité à la musique au travers de ces 10 planches, le rythme par le cadrage, les segments musicaux par une figure de couleur. Il s’inspire pour cela de l’œuvre de Paul Klee (Séparation, le soir) et achève sa séquence dans une étonnante peinture toute en abstraction.

Pour accompagner votre lecture, je vous invite à écouter l’émission consacrée à la parution de La Callas, avec Gaspard Njock comme invité, sur France Musique.

La Callas - L'enfance d'une diva - Extrait

La Callas – L’enfance d’une diva – Gaspard Njock © Nouveau monde graphic 2020

La Callas – L’enfance d’une diva (One shot)
Scénario : Gaspard Njock
Dessin : Gaspard Njock
Édition : Nouveau monde graphic 2020
La présentation de l’album sur le site de l’éditeur.

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