Love in vain

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17 mai 2020 par Lunch

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Lunch

Tout le monde connaît (ou devrait connaître) Robert Johnson, célèbre bluesman à la carrière fulgurante, faisant partie du tristement sélect club des 27. C’était une autre époque, celle de la crise de 29, de la ségrégation raciale, des champs de coton et des gloires éphémères dans des bouges américains.

Love in vain narre l’histoire du légendaire Robert Johnson, celui qui a réellement pactisé avec le Diable (les autres ne sont que des menteurs), troquant un harmonica modeste pour une guitare fantastique. Un jeu de mains qu’il ne dévoilera jamais, ou si peu, préférant tourner le dos à la scène si les spectateurs sont là pour épier son doigté.

« On dit que le pacte s’était conclu un soir d’errance sur une route du Mississippi… Égaré, épuisé, il avait fait halte près de Clarksdale, au croisement de la 49 et de la 64… ou peut-être était-ce à Rosedale, au carrefour de la 1 et de la 8, mais qu’importe. Réveillé par une brise glacée, il avait vu le Diable accorder sa guitare, puis en jouer divinement… enfin, si l’on peut dire. Après quoi, l’apparition s’était fondue dans les ténèbres, emportée par le vent du sud, brûlant comme l’haleine d’un buveur de gnôle…
Faut-il croire cette histoire ? Moi, je sais quoi en penser. Mais on y reviendra, si vous permettez…
»

Jean-Michel Dupont ne fait pas dans la fiction, comme l’avait précédemment proposé Frantz Duchazeau avec l’excellent Rêve de Meteor Slim, qui croisait et s’inspirait de la légende. Il se contente des faits, tels qu’on les connaît, racontant la vie de l’homme, sa musique, ses conquêtes, ses doutes et ses fuites. Il ne tait pas les rumeurs, au contraire, il les confronte comme des points de vue divergents. À peine s’intéresse-t-il à la pirouette de donner un ton fantastique à la narration, forte d’un vocabulaire habile et malin.

Mezzo (Le roi des mouches) est un admirable dessinateur, capable de retranscrire dans ce récit sombre l’ambivalence du noir sur noir. Ses illustrations encrées sont puissantes et d’une clarté sans équivoque, alternant l’ombre et la lumière sans perdre en lisibilité, même sur des images bien chargées. Robert Johnson s’y distingue toujours nettement, revêtant avec classe de superbes costumes rayés.

La fin de l’album contient une sélection de lyrics de Robert Johnson, également adaptés en français par Jean-Michel Dupont et toujours superbement illustrés par Mezzo.

Pour beaucoup, Me and the Devil Blues est l’histoire fantasmée de sa vie, une chanson reprise par de nombreux interprètes par la suite, dont The Doors ou Éric Clapton.
Love in vain – également chanté par de talentueux artistes, tels les Rolling Stones ou Éric Clapton encore – reflète plutôt sa part d’ombre, combien de Willie Mae aura-t-il aimé en vain ?

Love in vain - Extrait

Love in vain – Jean-Michel Dupont & Mezzo © Glénat 2017

D’autres avis : Caro, Fab, Jérôme, Mo’, Noukette
Love in vain (One shot)
Scénario : Jean-Michel Dupont
Dessin : Mezzo
Édition : Glénat 2014
La présentation de l’album sur le site de l’éditeur.

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