Que la bête fleurisse

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3 mai 2020 par Lunch

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Lunch

Le baleinier vogue sur une mer étrangement calme, dans des eaux où les géants des mers devraient normalement pulluler. Au contraire les bêtes semblent sonder le navire, puis disparaître… Le moral des hommes décline, les tensions s’exacerbent et les rations s’appauvrissent…
… jusqu’à ce jour : un dent de cachalot gravée est déposée devant la cabine du Capitaine. Dehors, une baleine apparaît. Le vent renaît, l’espoir aussi !

« Après plusieurs heures de poursuite parfois dramatique, si la baleine n’arrivait pas à s’échapper, ou à briser les pirogues, ses multiples blessures finissaient par amener sa mort. Le jet de ses évents diminuant d’intensité, se colorait de sang. La bête « fleurissait » disaient les pêcheurs, son corps frémissait, un liquide noirâtre et visqueux sortait enfin de ses évents, teintant la mer à grande distance. Épuisée, elle laissait enfin retomber sa queue gigantesque et mourait en cachant sa tête dans l’eau. »
Louis Lacroix, Capitaine au long cours – Les derniers baleiniers français – Éditions maritimes et Outre-mer, 1968.

Que la bête fleurisse implore le retour à la chasse après des semaines de mer d’huile, loin du travail pour lequel les matelots ont été engagés. Un récit de la mer qui transforme ce qui devrait être une routine en huis-clos maritime, puis petit à petit en récit fantastique.
L’histoire, muette en dehors de quelques récitatifs et en noir et blanc, se déroule toute en tensions. L’équipage se désorganise puis se réorganise dans une ambiance de mutinerie croissante.
Et il y a ce petit plus irrationnel qui prend peu à peu le dessus, en même temps que naît et grandit la peur. Les visages sont burinés, inspirent tantôt le labeur, tantôt la crainte… puis la mort, tout en dégageant une énergie folle.

« 25 OCT.
Après des mois, enfin notre 1ère prise ! Jamais vu une telle adresse chez un harponneur, il a arrêté l’animal d’un seul coup. Dans l’évent. Il se nomme Stubb et commandera les futures chasses. »

Donatien Mary a sûrement puisé son inspiration dans les grandes aventures maritimes comme 20 000 lieux sous les mer, Moby-Dick ou encore Le loup des mers. Ce n’est donc pas très étonnant de découvrir ses récents travaux de couverture pour des romans de Jules Verne sur la collection Folio Junior chez Gallimard.

Un récit puissant enveloppé de mystère. Et si la légende du baleinier rejoignait celle du Hollandais Volant et hantait les mers d’huile encore longtemps ?

Que la bête fleurisse - Extrait

Que la bête fleurisse – Donatien Mary © Cornélius 2014

Un autre avis : BOBD
Que la bête fleurisse (One Shot)
Scénario : Donatien Mary
Dessin : Donatien Mary
Édition : Cornélius 2014
Le blog de Donatien Mary.
La présentation de l’album sur le site de l’éditeur.

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