Paris 2119

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10 avril 2020 par Lunch

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Lunch

Paris, lieu de culture et de vie, ville lumière que tout le monde nous envie… mais qu’en restera-t-il dans cent ans ?
C’est l’un des voyages que nous proposent Zep (Captain Biceps, Titeuf, Une histoire d’hommes) et Dominique Bertail (Ghost Money) au travers de ce Paris 2119 et si nous devons retenir quelque chose de ce préambule, c’est que l’imaginaire des auteurs – qui avaient déjà collaboré sur Infinity 8 – nous emmène bien loin de la vision actuelle de la capitale.

Il n’y a guère que Tristan Keys, un beau gosse au visage rebelle et au look old school, pour se complaire à la nostalgie. Le Paris de 2119 est morne, vidé du monde et vidé de sa substance : « Les gens n’aiment pas sortir. Ils préfèrent se créer un subject-life dans leur chambre. » Sans compter cette « saloperie » de Transcore ! Plus personne ne se déplace en voiture ou en marchant. Il suffit de monter dans cette cabine, accessible au pied de chaque immeuble ou presque, pour se téléporter n’importe où dans le monde. Tout sauf ça ! Mieux vaut encore prendre ce vieux métro désuet, réservé aux romantiques ou aux drogués…

Le monde en 2119 ressemble bien au nôtre, à quelques digressions technologiques près. Le ciel est encombré de drones, la reconnaissance facile est omniprésente… et ces mystérieux Transcore qui dysfonctionnent. Mais comment fonctionnent-ils au juste ?

Sous certains aspects, on pense aux ouvrages d’Enki Bilal… ce requin traversant le ciel près d’un kiosque, la crasse d’un vieux train, ces personnages décadents et une technologie délabrée au service d’un l’État souverain. Une lecture qui dégage une vision pessimiste d’un avenir contre lequel la lutte est vaine.

« Putain ! L’Eurostar… Il traverse encore une fois par jour… pour les nostalgiques, ceux qui n’ont plus d’identifieur, les toxos, les religieux qui refusent la téléportation… la peste de la société. »

La lecture est plaisante mais pour autant légère. Elle file vite comme dans un film d’action. La narration n’est pas volubile et va à l’essentiel, là où on aurait aimé plus de sophistication, parcourir plus longuement les (belles) planches de ce futur fantasmé mais peu amène, policé et mystérieux.
Car le travail graphique de Dominique Bertail est attrayant (quoique le visage presque trop parfait du héros, archétype du bad boy, me dérange un peu) et d’autant plus avec cette colorisation au lavis à l’aquarelle bleue qui donne une tonalité particulière à cette histoire.

Pour en arriver là, Dominique Bertail a dû s’affranchir du storyboard de Zep, qu’il avait entièrement écrit (par besoin, lui aussi). Au départ embêté de ne pas être à l’origine de la conception des planches – composante essentielle de son travail – il a finalement redécoupé certain passages et même ajouté une page sur une scène.
Dernière étape de la conception, Gaétan Georges s’est occupé de la mise en couleurs, sur les instructions de Dominique Bertail, pour ce qui concerne l’édition classique de l’album.

Alors… Transcore ou métro ?

Paris 2119 - Extrait

Paris 2119 – Zep & Dominique Bertail © Rue de Sèvres 2019

D’autres avis : Fab, Nathalie
Paris 2119 (One shot)
Scénario : Zep
Dessin : Dominique Bertail
Édition : Rue de Sèvres 2019
La présentation de l’album sur le site de l’éditeur.

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