Nil

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30 mars 2019 par Lunch

Lunch

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Rien ne va plus à Nihilopolis X : les élections approchant, les non-idées politiciennes se succèdent mais toujours sans ferveur, le peuple de Nil étant pessimiste par non-choix. D’ailleurs, l’optimisme étant puni par la loi, tout comme le fait de croire ou de rêver, il est vain de vouloir échapper à la pensée commune.
Tirant son parti d’une mimesis parfaitement huilée, l’Hypocripape fait montre d’une sagesse retorde pour promulguer régulièrement de nouvelles lois en vue d’entretenir la plèbe.
C’est dans ce monde fièrement décadent que ce non moins détestable que les autres Mr Nul évolue, entre déconstructions (il excelle dans son métier) et amour non réciproque.

« Alors, bande de crétins paresseux ! Qu’est-ce que vous avez pour moi ?
_ Il y a un regain de croyance dans le yoga, votre Hypocrinesse.
_ Le yoga ? Encore ?? Qu’est-ce qu’ils ont tous après cette merde ? Rien que des étirements idéalisés et des tours de magie… »

À n’en point douter, Nil n’est pas un livre à mettre dans toutes les mains.
Mais pour qui n’est ni dépressif ni crédule, c’est un ouvrage particulièrement atypique et, accessoirement, immoral à souhait !
Les idéologies y ont la part belle, placardées ça et là dans chaque discours ou fond de case. Les codes de la propagande sont clairement appuyés tout au long du livre, largement servis par un dessin efficace et minutieux tout de blanc et de noir vêtu, jouant à merveille sur le clair / obscur dans une ambiance steampunk.
Bien sûr, ces idées noires diffusées à tour de bras pourront mettre mal à l’aise voire provoquer un sentiment de dégout ou d’overdose, mais toutes ces pensées poussées à l’extrême apportent également un regard cynique et forcément critique sur notre société.

Philosophique et référencé, Nil repose surtout sur la mémétique comme élément moteur, versé à toutes les sauces. Les mèmes sont une source de toute puissance largement utilisée par le régime et, d’un autre côté, les mèmes révolutionnaires sont anéantis avant qu’ils ne représentent un danger.

À noter que pour un livre faisant remonter les démons sur terre et renaître des personnages aussi exécrables qu’Hitler, débuter sur une parole de Martin Luther King et s’achever sur une citation d’Anne Frank… tout un symbole !

Nil - Extrait

Nil – James Turner © Presque Lune 2018

Je tiens particulièrement à remercier James Turner d’avoir capté mon attention dans les travées bondées d’Angoulême. Attiré par la couverture magnifique de l’album – les éditions Presque Lune ont fait un travail remarquable – je me suis facilement laissé tenter. Je suis faible ! Faible mais heureux… « car je crois encore à la bonté innée des hommes. »

Un café comme symbole de la vacuité de la guerre :

Nil (One shot)
Scénario : James Turner
Dessin : James Turner
Édition : Presque Lune 2018
La présentation de l’album sur le site de l’éditeur.
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