Stupor Mundi

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7 avril 2017 par Lunch

Lunch

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Vers la fin du Moyen Âge, un mystérieux savant débarque aux Pouilles par la mer. Hannibal Qassim el Battouti, accompagné de sa fille Houdê et de ce qu’il reste de son petit groupe, fuient Baghdad pour une raison obscure. D’aucuns disent, « c’est le diable en personne qui pénètre en ces murs. » Mais pour lui, c’est une chance extraordinaire de réussir son Grand Œuvre : Beït-el-Dhaw – la maison de la lumière – serait capable de figer l’image sur le tissu. Encore faudrait-il avoir accès à la formule chimique consignée dans le manuscrit d’Alhazen, livre qui par chance se trouve dans les murs-même de ce castel, « créé et conçu par la Stupeur du Monde, […] dédié aux esprits les plus éminents de notre temps […] un refuge contre la bêtise et l’ignorance. »

Découvert par le biais d’Angoulême car le livre était dans la sélection officielle et âprement conseillé par l’ami Nico, Stupor Mundi est une histoire fascinante sous bien des aspects. En premier lieu parce qu’elle offre une déclinaison possible de l’Histoire – Alhazen (965 – 1039) étant un éminent scientifique irakien, auteur du Traité d’optique et ancêtre d’Hannibal. Il est celui qui a théorisé la lumière et la vision et mené les premières expériences en chambre noire, bien après qu’Aristote (384 – 322 av. J.C.) en ait exposé le principe. Nous arpentons une fiction reposant sur des bases historiques solides et dans une époque où ce genre d’expérience était aisément assimilable à de la sorcellerie.

« Cette machine à faire des images de lumière… aussi étonnante soit-elle… que nous apporte-t-elle ? À quoi peut-elle servir ? À rien, Majesté ! Cette chose est d’une futilité sans nom ! Réfléchissez-y, Majesté, et vous ferez ce constat implacable…
Cette chose ne sert à rien ! »

Nous vivons donc les premières heures de la photographie. Nous parlons bien de pionniers, de découvreurs d’un Art qui ne naîtra véritablement que bien des siècles plus tard, au 19ème siècle.

Néjib a grandi en Tunisie avant de rejoindre la France où il découvre la bande dessinée et, après une période durant laquelle il s’en détourne, s’imprègne des œuvres de Marjane Satrapi, Christophe Blain et David B. Ce n’est donc pas une surprise si son style graphique embrasse celui de l’Atelier des Vosges.

Pour quelqu’un depuis toujours attiré par les arts visuels, raconter l’avènement de la photographie paraît presque une évidence. Néjib le fait avec passion, avec un sens de la narration formidable et dans un récit ponctué de la plus belle des manières qui soit.

Stupor Mundi - Extrait

Stupor Mundi – Néjib © Gallimard 2016

Ça m’embête toujours d’aller voir un auteur sans avoir lu son livre. Je n’y vais quasiment plus mais c’est pourtant ce que j’ai fait pour Stupor Mundi lors de cet Angoulême 2017. Non pas que je le regrette, mais j’aimerais aujourd’hui croiser de nouveau Néjib et lui poser tout un tas de questions sur son album.
Partie remise !

D’autres avis : Mo’, Yvan, Fab, Noukette, Yaneck
Stupor Mundi (One shot)
Scénario : Néjib
Dessin : Néjib
Édition : Gallimard 2016
La présentation de l’album sur le site de l’éditeur.
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