Last hero Inuyashiki

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8 janvier 2016 par Lunch

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Badelel

Badelel

THE manga-buzz du moment, c’est Last Hero Inuyashiki. J’en ai même vu des publicités sur des panneaux immenses au milieu de la gare de Lille, c’est dire s’ils ont craqué au niveau de la com’… et donc si Ki-oon espérait un retour financier conséquent. Mais bon, est-ce que le jeu en vaut vraiment la chandelle ? En tous cas, leur campagne à grande échelle a aiguisé ma curiosité.

Inuyashiki – Ichiro de son prénom – c’est ce père de famille de 58 ans usé par la vie. Avouons-le, c’est le genre de bonhomme qui s’est laissé écraser toute sa vie et de ce côté, sa famille n’est pas en reste. En particulier les enfants, des ados aussi nombrilistes et petits cons qu’on peut l’être. Bref, Ichiro Inuyashiki est un homme insignifiant qu’on prend en pitié ou en tête de turc.

Tout change le jour où il apprend qu’il est atteint d’un cancer et qu’il ne lui reste que 3 mois à vivre. C’est précisément le genre de journée où on a envie d’être écouté, consolé, mais Inuyashiki n’arrive pas à annoncer la nouvelle à sa famille, toujours aussi attentive à son égard. Il se réfugie dans un parc et c’est là que tout bascule. Suite à une explosion inopinée dans le parc, Inuyashiki est transformé en purée de pois et reconstitué dans un corps de robot.

Que faire de ce don ? Pour lui ce sera de venir en aide aux autres : ce qu’il n’a jamais réussi à faire par peur, plus rien ne l’en empêche désormais. Ce petit vieux mourant devient le nouveau super-héros moderne.

Loin des comics de super-héros et des mangas de robots habituels, Last Hero Inuyashiki possède une dimension sociale. Le héros est un « minable », un monsieur tout-le-monde un peu trop tout-le-monde. Employé de bureau, mari et père, il est celui qui se révolte intérieurement des injustices du monde mais qui n’a pas le courage de les affronter. Il est méprisé par sa famille et par tous les inconnus un peu forts en gueule. Un trait qui continue de le caractériser après sa transformation. Quoique supérieur à quiconque en terme de force, il reste réservé et plein de doutes.

Parallèlement, un jeune a également subi le même accident. De caractère très différent, il se transforme en serial killer. Tout super-héros a un ennemi juré, celui d’Inuyashiki sera Hiro. Le tome 2, plus axé sur Hiro, a d’ailleurs des réminiscences de Death Note, avec une ambiance et une psychologie assez similaires, espérons que l’auteur ne décide pas de faire un Death Note bis. J’en attends une suite aussi prometteuse que les deux premiers tomes. Croisons les doigts pour que l’auteur exploite à fond le potentiel qu’il a mis en place et qu’il ne parte pas sur une série à rallonge sans intérêt…

Last Hero Inuyashiki - Extrait

Last Hero Inuyashiki – Hiroya Oku © Ki-oon 2015

Lunch

Lunch

Je ne vais pas revenir sur le synopsis, Last Hero Inuyashiki est en somme une nouvelle histoire de lutte (♪ pour un idéal, combat glacial ♫) du « bien contre le mal ». Hiroya Oku (déjà auteur de Gantz – dont il fait un peu la publicité dans son nouveau manga – et visiblement fervent amateur d’Orange mécanique) mixe des recettes déjà vues de partout.

Cette fois, notre superhéros ne s’appelle pas Astroboy/Pluto (bien qu’il partage avec lui les fondements de la robotique), Jin ou Light Yagami (deux justiciers des temps modernes). Ichiro Inuyashiki est un vieillard qui retrouve goût à la vie en aidant son prochain, fort de ses nouvelles compétences. Parce qu’une « unité de combat », c’est quand même super puissant !
Quant à l’autre, la némésis, Hiro Shishigami… un jeune fou qui, par le biais de ces mêmes pouvoirs, s’amuse de carnage en carnage. Il paraît que la sagesse vient avec l’âge…

« En dehors de ma famille et de me amis… je m’en fous, des gens ! Qu’ils vivent ou qu’ils meurent, c’est pareil, pour moi ! »

Si certaines questions soulevées en filigrane méritent qu’on s’y attarde (est-ce le corps qui fait ce que nous sommes ?), l’auteur ne nous aide pas à rendre ses personnages attachants. Ichiro est considéré comme un raté par tout le monde, y compris ses proches et lui-même n’a aucune confiance en lui. Sa métamorphose est radicale et soudaine alors qu’elle aurait mérité une transition plus douce. Tout va très vite, c’est ce manque de recul (et de sensibilité) que je reproche à Hiroya Oku : il y a une intrigue au-delà de la vie des deux protagonistes principaux, elle mérite à être développée. Au contraire, elle est posée en deux pages et sert seulement à donner une raison d’être au récit… Vu comme ça, le scénario me donne l’impression d’une coquille vide qui sonne creux… en même temps, ce sont bien des robots !

Par pitié Monsieur Oku, ne faites pas un remake de Death Note !

D’autres avis : Bidib, Choco
Last hero Inuyashiki (série en cours)
Scénario : Hiroya Oku
Dessin : Hiroya Oku
Édition : Ki-oon 2015
La présentation de l’album sur le site de l’éditeur.
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5 réflexions sur “Last hero Inuyashiki

  1. bidib dit :

    ça me rassure de voir que je suis pas la seule à ne pas avoir été convaincue. J’avais beaucoup apprécié le premier tome par la touche d’originalité qu’il apporte en faisant d’un vieux looser un super-héros (quoi que dans le genre j’ai beaucoup plus été marqué par « Je ne suis pas mort » où il n’y a pas de super pouvoir mais on a tout de même le vieux looser qui se transforme et une force de la nature). Les pistes de réflexion qu’il lance ainsi sur la société japonaise étaient intéressante. Mais la lecture du deuxième volet m’a déçu. ça se lit tout seul, on s’ennuie pas mais… le cerveau on n’en a plus vraiment besoin. Un jeune homme haineux et imbu de sa personne comme on en a vu des centaine et une une opposition le bien vs le mal trop banale. Comme le dit Badelel « tout super-héros à son ennemi juré », dommage. L’histoire aurait été bien plus intéressant sans ennemi à combattre selon moi. A voir ce que reserve la suite

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  2. […] Bref, Ichiro Inuyashiki est un homme insignifiant qu’on prend en pitié ou en tête de turc. » (Badelel) « Pas le genre de personnage qui fait la une des manga SF. Et pourtant, alors qu’il chiale dans […]

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  3. Yomigues dit :

    Personnellement ça me donne quand même envie de lire la série 🙂 Bon article.

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    • Lunch dit :

      Merci ^^
      Et très heureux que nous ne rebutions pas tout le lectorat !
      J’ai vu tout à l’heure quelques planches du tome 3 qui devrait paraître bientôt et l’auteur semble avoir encore quelques surprises dans sa manche.
      Je continuerai donc à suivre la série et nous verrons bien si les doutes que nous avons émis sont levés par la suite.

      Bonne lecture en tout cas !

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