City hunter

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8 novembre 2014 par Lunch

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Lunch

Au commencement il y avait J’ai Lu
Après quelques tentatives chez Humano et surtout le boom extraordinaire d’Akira publié chez Glénat, J’ai Lu est devenu l’un des pionniers dans l’édition de mangas en France. L’éditeur avait bien compris tout le potentiel de ventes que représentait la parution sous sa forme papier originelle de tous ces dessins animés de notre enfance : Captain Tsubasa (Olive et Tom), Hokuto no Ken (Ken le survivant), Fly, Orange Road (Max et compagnie)… et City Hunter (Nicky Larson). Autant de hits qui ont fait la renommée en France des titres de l’éditeur japonais Shueisha, avec qui ils étaient partenaires.
Cette spécialisation a fait de J’ai Lu l’une des maisons d’édition les plus prolixes à la fin des années 90, diffusant un nouveau tome de ses séries chaque mois – un rythme incroyable – pendant l’essor du manga en France.

Une aventure qui s’acheva brutalement en 2006, laissant en berne de nombreuses séries en cours et des lecteurs consternés. On pense notamment à Jojo’s bizarre adventure (racheté par Tonkam). On garde aussi le souvenir amer d’une édition de piètre qualité : reliures fragiles, papier de faible grammage, planches difficilement lisibles dans le creux du livre, numérotation des cases, traductions aléatoires… Mais au moins les livres se lisaient dans le sens japonais !

City Hunter est sorti en 1996 chez J’ai Lu. J’avais loupé le coche à l’époque. L’édition luxe éditée par Panini Comics à partir de 2005 m’a permis de me racheter. Début des chapitres en couleur, format plus grand, qualité éditoriale au rendez-vous… rendons-nous à l’évidence : ça a du bon d’être patient !

Ryô Saeba, cet obsédé au grand cœur

City Hunter ne serait pas City Hunter sans son personnage principal : Ryô Saeba. Nettoyeur hors-pair, il est autant réputé pour son professionnalisme que pour ses nombreux travers… surtout en ce qui concerne la gent féminine. C’est un fait, Ryô Saeba n’accepte quasiment jamais des missions si elles n’impliquent pas une belle femme, qu’il va forcément essayer de convertir en partenaire d’un soir.
Une faiblesse qui revient à chaque histoire comme un gimmick et qui se traduit aussi visuellement par ses célèbres « mokkori » (érections).
Derrière son air ahuri et ses manières d’obsédé, Ryô Saeba est aussi un héros au grand cœur qui n’hésite pas à mettre sa vie en danger au service de la veuve et de l’orphelin. Une double personnalité qui contribue grandement à la réussite de la série.

« Pff ! T’es vraiment un sacré compère, toi… Toi !
_ Tu veux dire… une sacrée « meuf » ?!
_ Une meuf… ouais !!
»

S’il est un autre personnage important dans le manga, c’est bien celui de Kaori Makimura. La « petite sœur » d’Hideyuki prends la succession de son frère lorsqu’il se fait tuer par l’Union Teope. Elle devient donc l’associée de Ryô Saeba. Cette fille au caractère bien trempé et à l’allure de garçon manqué (mais bien en formes tout de même, ce qui n’aura pas échappé à tout le monde) va être le pendant rabat-joie de Ryô dans ses frasques nocturnes, jouant de son célèbre marteau dès lors qu’il fantasme pour lui remettre les idées en place.
Le comportement de son associé a tendance à l’exaspérer, mais vivre au quotidien l’un avec l’autre provoque aussi des sentiments ambigus qui lient les personnages et le lecteur dans un climat de sympathie.

Bien sûr, d’autres protagonistes (on pense notamment à Umibôzu) viendront aussi se greffer à la richesse de cet univers de flingues et de femmes dans les quartiers dépravés de Shinjuku. Cet arrondissement de Tokyo est connu pour être le centre névralgique des affaires et inclut entre autres le quartier mal famé de Kabukichô, avec ses bars à hôtesses et ses yakuzas. Une cité dans la cité, fourmillante de monde, quasiment un personnage à part entière.

Assurément seinen

Il est coutume de penser, et d’autant plus si on a vu l’adaptation TV censurée de notre enfance (exit le « mokkori »), que City Hunter est une série jeunesse. FAUX, City Hunter est un manga résolument adulte, construit autour d’un tueur à gage qui certes est charismatique mais qui n’en reste pas moins un homme dangereux, qui aime les femmes et qui leur montre bien. Il est question de drogue, de sexe, d’argent, de violence, de crime organisé…

Pour être franc, je n’ai pas lu tous les tomes de la série. J’avais arrêté de lire les nouvelles sorties à un moment donné, un peu lassé peut-être par la répétitivité des scènes, toujours bâties de la même façon (contrat autour d’une femme, bim bam boom et puis plumard).
J’ai retrouvé avec cette seconde lecture l’enchantement des premiers jours, ce parfum de découverte qui met le sourire aux lèvres au moindre des écarts de conduite de Ryô Saeba… et ils ne manquent pas. Je n’ai pas ressenti cette routine qui pourtant s’était instillée comme une évidence dans mon esprit quelques années plus tôt.
Un grand plaisir de relecture !

Quelques mots sur l’auteur

Tsukasa Hôjô fait partie de ces grands mangaka qui ont su exporter leurs travaux bien au-delà des frontières de l’archipel. Tout le monde connaît City Hunter, mais aussi Cat’s Eye, tous deux adaptés en dessin animé et ayant connu un fort succès en France. Il est aussi l’auteur de Family Compo et bien sûr de la suite de City Hunter : Angel Heart !
Tous ses titres ont été édités dans l’hexagone, y compris ses récits courts (La mélodie de Jenny, Le temps des cerisiers, Sous un rayon de soleil, Rash), c’est dire.
Le mangaka a aussi été le maître d’artistes ayant depuis percé dans le métier, notamment Takehiko Inoue, auteur que j’affectionne tout particulièrement.

Actuellement, Hôjô poursuit encore l’écriture d’Angel Heart dans une deuxième saison (la première comportait déjà 33 tomes). Les vrais héros ne meurent jamais !

 

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Badelel

Également connu sous son nom francisé (et sacrilège) de Nicky Larson qui-ne-craint-personne, Ryo Saeba est le City Hunter (également connu sous le nom de l’Étalon de Shinjuku), nettoyeur de l’ombre à Tokyo, dans le charismatique quartier de Shinjuku.
Personnage clownesque, il est tour à tour – voire simultanément – un combattant hors pair maniant les armes à feu et les techniques de combat rapproché comme personne et un pervers indécrottable qui court après toutes les beautés et qui ne jure que par son « Mokkori ». Clownesque, il l’est réellement, d’une part avec cette double personnalité, dont il n’affiche en publique que la façade la plus dépravée, et par son caractère de personnage de gag incapable de rester sérieux plus de 10 secondes d’affilée d’autre part.

Avec ce titre un peu plus adulte (oui, juste un peu : on y voit des seins nus, mais jamais plus), Tsukasa Hojo confirme son titre de grand maître du manga après le succès déjà confirmé de Cat’s Eye dont il s’inspire largement pour ce City Hunter. Le personnage de Ryo fait directement écho à celui du Rat et les clins d’œil aux trois sœurs voleuses sont multiples (à commencer par le bar tenu par Umibozu).

Le héros est rocambolesque et la recette est bien rodée avec toujours les mêmes ingrédients :
– une jolie femme demande l’aide de City Hunter,
– il veut tirer son petit coup avec elle et tente d’y parvenir par tous les moyens pendant tout le scénario,
– Kaori l’assomme à coups de marteaux géants dès qu’il dévie,
– il ne tombe jamais dans aucun piège dès lors que sa vie ou celle de sa protégée est en jeu,
– il n’a aucune difficulté à se défaire de ses adversaires…
Malgré la répétition, Hojo parvient avec maestria à développer une trentaine tomes sans jamais tomber dans la lassitude. Au contraire, il joue avec et s’approprie la complicité du lecteur pour développer son histoire sans perdre de son intérêt.

Les situations les plus improbables s’enchainent (un mystère demeure : d’où sort le marteau de Kaori ???). Dans n’importe quel récit, on se demanderait si l’auteur ne se fiche pas de nous, mais Hojo assume complètement les incohérences ou les facilités de son scénario, les pousse à l’excès et les détourne au profit de la situation, voire s’engouffre lui-même dans l’histoire.

On aura beau pouffer devant la mode désuète des années 1980 et les cassettes VHS (hé oui, City Hunter va bientôt fêter ses 30 balais), cette série n’a pas pris une ride !

Un autre avis (en images qui plus est) : David
City Hunter (série terminée en 32 tomes pour l’édition luxe)
Scénario : Tsukasa Hôjô
Dessin : Tsukasa Hôjô
Édition : Panini 2005 (1° édition J’ai Lu 1996)
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Lunch

City Hunter #1

Nous sommes en 1985, City Hunter et Dragon Ball sont deux séries prépubliées dans le même magazine, le Weekly Shônen Jump.
La série d’Akira Toriyama précède celle de Tsukasa Hôjô de quelques mois à peine et connaît un succès très fort dès son démarrage.
Ce petit clin d’œil à son homologue, glissé dans l’une des premières histoires de City Hunter (la rencontre avec Kaori) ne vous aura pas échappé !

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