Le château des étoiles #1 : 1869 : La conquête de l’espace

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20 septembre 2014 par Lunch

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Lunch

Lunch

Je me souviens encore de cette grande affiche sur le stand des éditions Rue de Sèvres, c’était lors du festival d’Angoulême 2014…
La couverture, déjà bien alléchante à l’époque, attirait le regard de milliers de visiteurs… moi compris.
La petite maison d’édition rattachée à L’école des loisirs a de l’ambition (en atteste son positionnement dans « la grande bulle éditeurs » du festival) : qualité plutôt que quantité ! Elle s’attache néanmoins à grandir vite et bien. Zep avait inscrit avec Une histoire d’hommes la première ligne d’un catalogue qui ne cesse de croître depuis 2013.
C’est aujourd’hui au tour d’Alex Alice de conquérir l’espace et d’envoyer notre esprit vagabonder dans les étoiles…

Mise en orbite programmée

Rue de Sèvres a bien fait les choses et on se rend compte avec Le château des étoiles que l’éditeur a mis le paquet question communication.
Alors que l’album cartonné doit paraître dans les prochains jours – précisément le 24 septembre – le titre a fait parler de lui tout au long de sa conception et la parution par épisodes sous la forme de gazettes n’y est pas étrangère.
Ces journaux, relatant l’histoire par tranches d’une vingtaine de pages, permettait aux amateurs (de bande dessinée ?) de découvrir une aventure sous une forme plus insolite, d’appréhender non seulement un récit sous un œil différent mais aussi d’apprécier une narration qui se doit d’être percutante.
Une contrainte de fabrication donc mais qui place l’intrigue sous un rythme soutenu car il est impératif dans ce cas de tenir le lecteur en éveil et de lui donner l’envie de poursuivre. C’est une véritable force qui se retrouve dans l’album « intégral » puisqu’il n’y a pas de temps mort.

Si je devais regretter un défaut dans ce rouage communicatif, c’est que les libraires spécialisés BD n’aient pas été destinataires des gazettes. L’école des loisirs et son étiquette « pour enfants » a vraisemblablement orienté les achalandages vers des libraires jeunesse, habitués à leur réseau de diffusion.

L’album relié ne devrait toutefois pas souffrir du même mal et je peux vous dire, pour l’avoir tenu en main, que la maquette fait plaisir à voir.
Les amateurs de beau livre ne seront pas déçus avec sa couverture toilée et ses incrustations de vernis sélectif. L’objet fait envie et on sait combien l’accroche est importante sur les étals des libraires surchargés de titres.

Pour les inconditionnels d’Alex Alice, une édition grand format et avec des pages additionnelles de bonus paraîtra le même jour en tirage unique.

Sur la route de l’Ether

« Ça fait plus de deux mille ans qu’on a eu l’idée de l’éther, et depuis Socrate personne ne l’a jamais trouvé !
_ Socrate n’est jamais monté jusqu’à 11000 mètres !
 »

Le jeune Séraphin vit avec son père Archibald, éminent ingénieur, dans l’une des villes minières les plus importantes de France (Courrières). Nous sommes en 1869, à l’aube de la guerre franco-prussienne…
Un an tout juste après la disparition de Claire, la mère de Séraphin, dans un vol expérimental en ballon, ils reçoivent une lettre d’un mystérieux expéditeur, lequel offre un emploi à Archibald tout en prétendant avoir récupéré le carnet de bord de sa femme.
L’aventure les mènera en Bavière, sur les traces de l’Éther… une escapade dangereuse, ponctuée d’escarmouches et d’espionnage.

« Peu importe ce que je crois. C’est possible, et la politique… est l’art des possibles ! »

En ancrant son récit dans la grande Histoire, Alex Alice donne de la crédibilité à sa fiction. La Prusse de Bismarck lui apporte tout ce dont il pouvait désirer avec un contexte politique fort et tendu, mais aussi par la promiscuité technologique du moment, chère à Jules Verne et Gustave Eiffel. Le métal et la vapeur, deux atouts majeurs d’un style steampunk qui séduit encore de nos jours.
Le point de bascule fictionnel, l’Éther, devient alors tangible. À l’époque, l’espace était inconnu et la révolution industrielle ouvrait la science des possibles. Le rêve d’une énergie infinie qui pourrait remplacer les exploitations de charbon est bien prégnant. Jumelé à l’avant-gardisme de Jules Verne (le voyage en ballon, la conquête spatiale), Le château des étoiles s’imprègne d’autant plus de l’esprit des Voyages extraordinaires.

« Voyez-vous, la vérité que nous enseignent les mythes n’est pas que les dragons existent… mais qu’ils peuvent être vaincus. »

Alex Alice

L’auteur du Troisième testament (avec Xavier Dorison) et de Siegfried (en solo) avait l’envie d’une bande dessinée tout public. C’est en 2008 que le projet du Château des étoiles a commencé à germer dans sa tête mais il avait des travaux à terminer avant de pouvoir se mettre à l’œuvre. Cela ne l’empêche pas de se documenter et de réaliser quelques dessins préparatoires en prévision de cette nouvelle série.
La rencontre avec Rue de Sèvres a été déterminante dans son avènement car leurs souhaits trouvaient de nombreux points d’entente, notamment dans la parution des gazettes.

Pour ce projet, l’auteur s’est échiné en détails à l’aquarelle. Les dessins sont impeccables et soignés, nous n’en attendions pas moins de lui. Je suis néanmoins plus réservé quand à la pâleur des couleurs qui auraient gagné à être un peu plus vives. Le rendu reste plaisant mais c’est un bémol dommageable au regard de la qualité de l’album dans son ensemble.

Qu’à cela ne tienne, Le château des étoiles mérite tout de même l’intérêt que la large campagne de communication lui porte. Le récit, typé jeunesse, possède suffisamment d’intrigues et de matière pour capter l’attention des adultes. Alex Alice souhaitait une série tout public : il y est parvenu !
Rendez-vous en 2015 pour un second tome conclusif !

D’autres avis : Mo’, Yaneck (gazette #1)
Le château des étoiles #1 : 1869 : La conquête de l’espace
Scénario : Alex Alice
Dessin : Alex Alice
Édition : Rue de Sèvres 2014
Le blog d’Alex Alice.
Le site consacré au Château des étoiles.
La présentation de l’album sur le site de l’éditeur.
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