Beowulf

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14 septembre 2014 par Lunch

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Lunch

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Le projet de Santiago García aurait pu rester aux oubliettes après avoir essuyé un premier échec. C’était 10 ans plus tôt, aux côtés du dessinateur Javier Olivares. Ce dernier, qui n’est pas rancunier, écrit en postface son plaisir de voir l’œuvre chère à son ami aboutir enfin. Ce renouveau, Santiago García le doit à sa ténacité mais aussi à sa rencontre fortuite avec David Rubín.

Ainsi, après avoir dépoussiéré le mythe d’Hercules, le dessinateur espagnol continue sur sa lancée avec un autre héros de l’antiquité : Beowulf !

Quand l’imaginaire rencontre la réalité

Cette fois, contrairement au Héros, la véritable histoire est retranscrite et ce n’est donc pas par hasard si la traduction de Seamus Heaney, réputée pour la fidélité de son rythme issu du vieil-anglais, a été choisie comme fil conducteur.
Pas d’écart ou d’interprétation possible donc, le poème majeur de la littérature anglo-saxonne est suivi à la lettre, dans tout ce qu’il a de plus épique.

Les légendes m’ont toujours passionnées, j’aime cette part de mystère qui les entoure et d’autant plus quand il est difficile de discerner le vrai du faux. Celle de Beowulf n’échappe pas à la règle et de nombreuses citations se sont avérés véritables. La date d’écriture est sujette à controverses mais les faits sont là : les noms employés ont existé et certains événements cités ont réellement eu lieu, ce qui ancre mieux encore la fiction dans la réalité et entretient le doute.
Grendel le monstre mangeur d’hommes, sa mère vengeresse, le terrible dragon… bien sûr ces êtres fantastiques font partie du folklore mais ils servent à glorifier les hauts faits de héros plus tangibles.

« Dis-moi, barde… chanteras-tu ma chanson, un jour ?
_ Sire, votre chanson sera la plus belle de toutes !
_ Je suis flatté de tes paroles, mais qu’en sais-tu ?
_ Sire, vos exploits sont dignes de ceux des plus grands héros. J’ai déjà composé le début. Voulez-vous l’entendre ?
_ NON ! Je n’aime pas les chansons incomplètes, et à celle-ci, il manque l’essentiel… Il lui manque la fin.
 »

Frustration

J’aime les légendes. Pour autant je n’ai pas retrouvé cette fibre de passion dans ma lecture. La narration n’a pas su me captiver. Les dessins n’ont pas su m’immerger dans l’ambiance.

Je reproche au récit d’être trop surréaliste et pas assez terre à terre. Peut-être dégage-t-il trop de testostérone ? Bien sûr que les légendes doivent avoir un brin de fantaisie mais je n’ai pas eu l’impression de vivre le récit épique que Beowulf est sensé porter. J’aurais apprécié plus de douceur dans le rythme. Tout va très vite, trop vite.

Le traitement graphique m’a aussi dérangé, avec ses couleurs rouge-sang et des traits trop gras ou caricaturaux, comme toujours très typés comics chez Rubín.
L’auteur, qui au passage fait une infidélité à son éditeur français privilégié (Rackham) au moins le temps d’un album, m’avait fait bonne impression sur Le héros. Beowulf m’a en revanche beaucoup déçu… dommage !

D’autres avis plus enjoués : David Fournol, Fab Silver, PaKa
Beowulf (One shot)
Œuvre originale (Poème) : Anonyme
Scénario : Santiago García
Dessin : David Rubín
Édition : Casterman 2014
La présentation de l’album sur le site de l’éditeur.
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