Herakles # 2

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26 avril 2014 par Lunch

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Lunch

Initialement prévue en deux tomes, la saga d’Herakles contée par Édouard Cour se parachèvera dans un troisième opus. Non que le rythme, soutenu et incisif, soit revu à la baisse (les travaux sont abattus à une vitesse folle, le cap est bel et bien maintenu) mais il y avait trop a dire finalement…
Le mythe d’Hercule n’est pas seulement lié aux douze travaux : cette volonté d’affronter des épreuves surhumaines qui sont soumises par son pire ennemi (Eurystée) « pour la Gloire d’Hera » interroge. Pour quelle raison se laisse-t-il (mal)mener de la sorte ? Jusqu’à quel point est-il capable d’endurer la colère d’Héra ?
Ceux qui connaissent la légende savent qu’il n’a rien demandé sinon de naître et de vivre. Pourquoi eut-il fallu qu’il ait un destin aussi tourmenté ? C’est pour toutes ces raisons qu’un triptyque est nécessaire.

Missions complètes !

« Tu es un Dieu…
… et je ne suis qu’un petit roi de rien du tout.
»

En achevant ses douze travaux, Alcide obtient le Graal suprême : la déconfiture d’Eurystée.
Si ces épreuves n’ont pas été de tout repos, elles paraissent presque trop faciles pour un héros tel qu’Herakles. Même une (ou deux) descente(s) en Enfer ne l’effraie pas.

Avec ce second volet de ses aventures, c’est l’assurance de poursuivre dans cette vision du mythe avec le même enthousiasme et les mêmes promesses :
Le dessin d’Edouard Cour est toujours aussi vif avec cette force de mouvement incroyable. Dans la continuité du premier tome, je n’ai pas grand chose à ajouter que je n’aurais déjà dit.
Quant au scénario, il se poursuit tambour battant. Les épreuves se succèdent et paraissent de plus en plus ardues (du moins pour le commun des mortels). Nous n’avons pas le temps de rêvasser et Herakles non plus.
Pourtant on ressent un changement de rythme en fin d’album : Alcide a accompli ses hauts faits. Est-il devenu un demi-dieu pour autant ou l’a-t-il au fond de lui toujours été ? Qu’est-ce que ça change à sa vie ? Une cassure qui laisse entrevoir un troisième tome plus orienté sur le personnage et sa quête intérieure (sur ses règlements de comptes ?) que sur ses démonstrations de force.

Le ciel lui est tombé sur la tête

Au-delà de la seule confirmation, Édouard Cour s’essaie aussi à de nouveaux effets narratifs.

Tout le monde le sait, les gaulois avaient peur que le ciel ne leur tombe sur la tête. Que cela soit dit : pas Herakles !
À l’occasion d’une rencontre avec le grand Atlas, lui qui soutient la voûte céleste de son imposante stature, l’auteur expérimente de nouvelles formes de narration. C’est ainsi que le poids du ciel inversera notre « gravité de lecture ». Je dois avouer que j’ai trouvé ça un peu déconcertant…

Il en va de même lors du passage d’Alcide en Hadès. Après un premier choc avec une succession de plans en noir et blanc (le gris de l’orichalque sûrement, comprenne qui pourra, j’ai trouvé cette entrée en matière fort à propos), l’auteur instaure un joyeux bordel séquentiel avec des cases longilignes se suivant dans un ordre chaotique (entendre par là qu’il faut tourner le bouquin dans tous les sens) soulignant le malaise du héros foulant la terre des morts.
Un passage qui n’a pas manqué de me rappeler l’excellent travail de Dave Sim sur Cerebus (l’oryctérope n’était pas confus mais bourré) mais que j’aurais néanmoins trouvé plus réussi si les textes avaient été dans le même sens que les dessins.
Pour finir sur l’Enfer, le travail très noir sur noir d’Édouard Cour est assez remarquable avec des personnages tels que Perséphone, Hadès ou encore le Cerbère qui se retrouvent de fait valorisés dans leur apparence. Des planches qu’il faut cependant contempler avec une lumière adéquate (idéalement l’éclairage solaire mais sûrement pas une mauvaise lumière artificielle) pour en apprécier les détails.

Le ciel est-il tombé sur la tête d’Édouard Cour ?
En tout cas il ne se contente pas de raconter une histoire dans la facilité : il expérimente le medium livre et se l’approprie. Gageons que c’est de bonne augure pour la suite !

D’autres avis : Fab Silver (avec une interview croisant l’univers BD et musical de l’auteur), Yaneck
Herakles # 2
Scénario : Édouard Cour
Dessin : Édouard Cour
Édition : Akileos 2014
Voir aussi : Tome 1
Le site de l’auteur.
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