Kräkændraggøn

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8 février 2014 par Lunch

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Lunch

Pour faire face à la crise (ceci n’est pas un gros mot, « crise » est rentré dans le langage courant depuis 2008), le gouvernement a souhaité bouleverser ses programmes scolaires. C’est ainsi que le ministère de l’éducation communique massivement le jour même de la rentrée : l’avenir, c’est le jeu vidéo !
Élèves et professeurs découvrent les nouvelles directives avec stupéfaction : la science-fiction et la fantasy s’invitent en cours de français, l’elfique (il y a aussi du klingon) remplace l’anglais, les mathématiques modernes laissent leur place à l’étude des probabilités, la biologie étudie les monstres… des classes new-look qui ravissent les ados (à l’exception du premier de la classe) et qui terrorisent les enseignants…

« Premier cours : TP avec World of Warcraft… »

Je dois l’avouer, je crois que j’aurais adoré ce programme scolaire-là !

Genèse et publication

Tout a commencé dans Le journal de Spirou, magazine hebdomadaire pour lequel Lewis Trondheim a imaginé l’histoire de Kräkændraggøn. C’est ainsi que la série a vu le jour, pré-publiée sous la forme d’une planche par semaine avec Mathieu Sapin au dessin.
Pourtant, au départ, Lewis Trondheim avait pensé à Nicolas Keramidas pour ce projet. Ce dernier a même réalisé quelques planches et recherches de personnages. Je sais pas vous, mais moi j’aime beaucoup ce que fait Keramidas et ces premiers jets mettent vraiment l’eau à la bouche.
J’apprécie nettement moins le travail de Mathieu Sapin, moins rond et plus caricatural. La mise en couleur de Brigitte Findakly, forte en contrastes, m’a aussi un peu piqué les yeux, bien que cet effet soit quelque peu atténué par l’usage de trames pour délimiter les ombres.

« Ça ne s’est pas fait avec Nicolas parce que le but était de faire une page par semaine pour le magazine. Et Nicolas ne pouvait pas tenir le rythme en parallèle de ses autres livres. » (Lewis Trondheim)

À bien y regarder, ce découpage périodique se ressent forcément, chaque planche formant un gag à part entière. Pour autant, la cohésion globale reste assez fluide, si bien qu’une lecture continue n’est pas altérée par le format de pré-publication.

Il est de coutume que les livres pré-publiés dans Le journal de Spirou soient ensuite édités chez Dupuis (comme c’était le cas pour les précédents travaux de Lewis Trondheim : Zizi Chauve-souris, L’atelier mastodonte, Ralph Azham…). Voir cette bande dessinée paraître chez Gallimard est donc plutôt une surprise, qui vient appuyer la rumeur d’un accueil mitigé.

Boîte crânienne à idées

Lewis Trondheim est très fort pour partir d’une idée saugrenue (et il en a des tonnes) pour ensuite la décliner jusqu’à en épuiser toutes les possibilités.
L’exercice Omni-visibilis reste dans ma mémoire, le principe est ici identique bien que l’idée de départ soit différente.

« Les jeux vidéos ont ruiné ma vie. Il m’en reste deux. »

Le postulat du nouveau programme scolaire à base de jeux vidéos est loufoque à souhait et devrait plaire à tous les « gamers », ainsi qu’aux grands enfants qui comme moi ont baigné dedans pendant de longues années.
Pour ceux qui ne sont pas très portés par les monstres, consoles, jeux de rôles et tout l’univers de la fantasy, en revanche, la lecture de Kräkændraggøn risque de paraître un peu fade.

Un autre avis : David Fournol
Kräkændraggøn (One shot)
Scénario : Lewis Trondheim
Dessin : Mathieu Sapin
Couleurs : Brigitte Findakly
Édition : Gallimard 2014
La présentation de l’album sur le site de l’éditeur.
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