Aspic – Détectives de l’étrange #3 : Deux ch’tis Indiens

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16 novembre 2013 par Lunch

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Lunch

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« Mesdames, mesdemoiselles, messieurs !! Venez découvrir la face cachée du monde ! Venez contempler les caprices de Dame Nature ! »

Après avoir mis en déroute l’infâme James Moriarty et vaincu l’effroyable Javert, Flora Vernet et Hugo Beyle décident de monter leur propre agence de détectives de l’occulte : Aspic.
C’est ainsi qu’ils essaient de s’émanciper d’Auguste Dupin, qui poursuit de son côté sa collaboration avec l’inspecteur Georges Nimber.
Comme toute société qui débute, les affaires ne sont pas légion et les fins de mois s’avèrent difficiles. Malgré tout, le duo d’apprentis persévère et déniche un contact au sein d’une communauté de forains. C’est là qu’ils font la rencontre de Monsieur Ours-espiègle. L’esprit de son frère, Loup-gris, était enfermé dans un bâton-totem depuis sa mort. Il était en communion avec lui mais depuis quelques jours le lien s’est rompu : Loup-gris à disparu.
Pendant ce temps-là, Dupin et Nimber essaient de suivre la piste d’un tueur en série qui arrache la gorge de ses victimes, les vidant de tout leur sang…

Une recette trop bien huilée.

Ce troisième tome d’Aspic est l’occasion d’un nouveau cycle.
À l’image d’un W.E.S.T. (western) ou d’un Okko (univers médiéval japonais), il est là encore question d’une enquête occulte (19ème) sous la forme d’un nouveau diptyque.
Cette seconde enquête nous conduit au sein d’une caravane de phénomènes de foire, dans laquelle on retrouve avec plaisir les clichés propres à ce genre de communauté, de la femme à barbe au Hercule à peau de léopard. Bien sûr il y a aussi de la divination, en l’occurrence un couple siamois médium.

Contrairement au premier diptyque plutôt réussi, j’ai trouvé celui-ci plus conventionnel, la faute en partie à un scénario de Thierry Gloris moins fort en ectoplasmes (il y a bien un ou deux esprits, mais ils n’ont pas une place importante) et en rebondissements.
Les deux enquêtes parallèles sont faites pour se regrouper (on le savait) et la surprise n’est pas de rigueur (la construction narrative est exactement la même). Certes le mécanisme fonctionne bien, mais il conduit à une trame trop prévisible. Dommage.
On attendra tout de même de voir ce que le quatrième tome nous réserve : nous savons maintenant qui est qui, reste à connaître l’épilogue.

L’humour en revanche est toujours au rendez-vous et les répliques piquantes de Flora (qui a gardé son caractère) demeurent toujours aussi savoureuses.

« Cela suffit ! Jamais je ne demanderai l’aumône ! Jamais je ne dépendrai d’un homme ! »

Deux plus un égale moins.

J’ai déjà fait l’éloge sur ce blog du travail de Jacques Lamontagne, qui est généralement de qualité. Pour autant, j’ai trouvé ce troisième tome d’Aspic un ton en dessous de ce à quoi il nous avait habitué.

Je pense que le problème vient surtout du dessin. Certes les décors sont toujours aussi riches en détails mais les traits sont plus gras, les postures moins détaillées et les visages moins expressifs que dans les albums précédents. Même certains cadrages paraissent peu adaptés sur quelques cases. Peut-être est-ce une question de manque de temps, ce qui pourrait expliquer la venue d’une coloriste pour l’épauler alors que le dessinateur a pour habitude de prendre en charge les couleurs lui-même. Lorien Aureyre ne se débrouille pas si mal mais le résultat final est moins beau qu’a l’accoutumée.

Un bonus court mais intéressant.

Le cahier graphique en fin d’ouvrage nous évoque les coulisses de la conception d’Aspic. Il est entre autres question de la création des personnages clef, mais aussi et surtout de ce troisième tome, notamment les hommages rendus aux œuvres cinématographiques que sont Freaks (de Tod Browning) ou Nosferatu (de Friedrich Wilhelm Murneau), le nom de l’un des protagonistes de l’album faisant référence à l’acteur : le comte Max von Schreck.
Quelques pages agrémentées des propos des auteurs qui abordent brièvement leur façon de travailler et les codes qu’ils se sont fixés.
Instructif sans être exhaustif.

Pour conclure :

Un début d’enquête moins prenant que le précédent diptyque mais une lecture occulte qui reste plaisante et qui conserve un sens de l’humour certain et des dialogues de qualité.

Un autre avis : Fab Silver
Aspic – Détectives de l’étrange #3 : Deux ch’tis Indiens
Scénario : Thierry Gloris
Dessin : Jacques Lamontagne
Couleurs : Lorien Aureyre
Édition : Quadrants 2013
Voir aussi : Tome 1, Tome 2
La présentation de l’album sur le site de l’éditeur.
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