Chimichanga

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15 septembre 2013 par Lunch

chimichanga

Lunch

Lunch

Fort de son succès sur The Goon, Eric Powell reçut un jour un coup de téléphone d’une chaîne de télévision pour enfants, lui demandant s’il avait des idées pour un dessin animé.
Ni une ni deux, l’auteur américain propose un premier projet, refusé, puis un second (Chimichanga, l’appellation d’un burrito sud-américain)… refusé lui aussi. Visiblement les idées du bonhomme ne plaisaient pas, trop « barrées » selon eux.
Mais Eric Powell a aussi des enfants, et ceux-ci témoignaient bien plus d’intérêt pour Chimichanga que pour ses dessins pour The Goon. Il a donc décidé de travailler son histoire pour la bande dessinée.

Chimichanga est donc un récit pour enfants un peu barré, avec un monstre gentil (et pas très fin), des « artistes » jaloux, de vrais méchants capitalistes et une bonne dose d’humour « pipi-caca ».
Atypique en tous points.

« Ceci est l’incroyable chèvre borgne à deux yeux ! Elle sait dire la bonne aventure !
_ À d’autres ! Les chèvres savent dire que « BÈÈH » !
_ Et un borgne à deux mirettes, c’est aussi bidon qu’une mèche sur l’œil ! Allez, on met les bouts.
»

L’histoire prend place au sein d’un cirque décadent, au bord de la faillite. Il faut dire que ses phénomènes de foire ne sont pas des plus attractifs, de la chèvre divinatrice à « Randy ! L’homme de 70 kg qui a la force d’un homme de 75 kg ! ». Alors quand la petite Lula ramène un vrai monstre au sein de la communauté, c’est peut-être le coup de pouce du destin tant espéré qui leur permettrait d’échapper à leur triste sort : la fabrique de bouillabaisse en boîte.

Pour parler franc, je m’attendais à une lecture un peu plus… enthousiasmante. J’ai été déçu, entre autres, par ces freaks qui n’ont rien d’exceptionnel. Par l’héroïne de cette histoire surtout, Lula, une petite fille un peu ronde avec une belle barbe et une moustache en guidon (le concept de la femme à barbe miniaturisé). Un visage qui nous évoque dans sa forme celui de William Rockwood (pourtant bien plus charismatique) et qui, hormis quelques attitudes exagérées, porte le masque de l’inexpressivité… sic !

Je retiendrai plutôt le côté décalé de l’album, très critique par exemple sur l’industrie pharmaceutique.

« C’est pourtant vrai ! Cette potion guérit les pires accès de flatulence ! J’en souffre depuis mon plus jeune âge, et une simple gorgée m’en a guérie !
_ Admettons que ce soit vrai. En quoi cela pourrait-il nous intéresser ?
_ P-parce que vous fabriquez des médicaments, pardi ! Guérir les maladies, c’est votre bizness.
_ Les soigner, madame, pas les guérir. Nous avons des stocks à écouler, et vous nous proposez un produit qui éradiquerait une de leurs raisons d’être ! Prenons par exemple la gamme Champistop. 137 produits qui soulagent provisoirement les malheureux en proie aux mycoses. Et se vendent comme des petits pains. Imaginons que nous mettions sur le marché une pilule-miracle qui immunise le public payant contre les mycoses. Que ferions-nous de nos 137 dérivés de Champistop si plus personne n’en avait besoin ?
»

Humour, dérision, irrationnel. Le scénario d’Eric Powell est réellement barré. Peut-être trop…
Et même la colorisation de Dave Stewart, moins douce que sur Daytripper, m’a paru un ton en dessous de sa précédente prestation.

D’autres avis (plus enjoués) : Choco, David F., Mo’
Chimichanga (One shot)
Scénario : Eric Powell
Dessin : Eric Powell
Couleurs : Dave Stewart
Édition : Delcourt 2013
La présentation de l’album sur le site de l’éditeur.
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2 réflexions sur “Chimichanga

  1. Lunch dit :

    Par Mo le 16/09/2013 :

    Justement, de mon côté, j’avais bien aimé le décalage produit par la présence de ces artistes qui n’en sont pas. Ça crée une ambiance complètement dérangeante, un peu pathétique et Lula qui déboule là-dedans et avance avec un peps déconcertant ^^

    Par Lunch le 16/09/2013 :

    J’étais peut-être pas dans le bon jour pour la lire cette BD, faut croire 🙂

    Le personnage de Lula m’a plutôt dérangé moi. Ce doit être la barbe sur une petite fille… ^^

    Par Mo le 16/09/2013 :

    lol ! Oui parce que sur une femme plus mature, tu avais aimé. Je crois me rappeler que vous aviez bien apprécié le premier tome de « Château l’attente » ^^
    Le franc-parler de cette gamine est un peu déroutant. en tout cas, elle m’avait fait rire dès la première page.

    Par Lunch le 16/09/2013 :

    Ce doit être ça, je préfère les femmes mures 🙂
    J’ai bien aimé Château l’Attente en effet (même si de mémoire, il y a quelques longueurs). Faudrait que je lise le tome 2 par ailleurs.

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  2. […] mais très attachantes. C’est du moins l’accroche que nous avons eue Choco et moi, car Lunch n’a pas eu le même plaisir à les côtoyer, regrettant même que ces freaks n’aient rien […]

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