Psycho investigateur

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6 septembre 2013 par Lunch

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Lunch

Il est des livres qui pourraient être tout à fait banals et qui s’avèrent finalement particulièrement inattendus. Psycho investigateur est de ceux-là.
Pour se démarquer des 5500 parutions annuelles, les éditions Physalis (déjà remarquées pour l’adaptation en bande dessinée du dérangeant Un léger bruit dans le moteur) n’ont pas raté leur maquette, loin s’en faut. Une composition réussie qui parvient à intégrer les multiples facettes de l’histoire : son héros, ses fantômes, ses méthodes (en l’occurrence l’hypnose). Le tout sous la forme d’un puzzle qui symbolise la complexité des enquêtes. Le petit plus qui fait tout, c’est la pièce manquante au niveau de l’œil (Marc-Antoine Mathieu avait déjà osé, mais pas sur la couverture) et qui laisse directement apparaître Simon Radius, depuis la page de garde.
Le ton est donné avec cette immersion dans la psyché puisqu’il est question d’explorer les souvenirs des gens pour démêler le vrai du faux.

Simon Radius, médium à ses heures et charlatan pour ses détracteurs, possède le don de lire dans l’esprit des gens. Ses services sont appréciés par certains enquêteurs de la police criminelle qui viennent secrètement lui rendre visite, mais ses méthodes laissent de marbre les plus sceptiques. Qui pourrait croire à de telles stupidités (et personne ne pourrait accepter ces extravagances comme preuves tangibles) ?

Lorsqu’on vient le voir pour un nouveau meurtre, il perce aussitôt le mensonge: le type qu’on lui présente n’est pas le véritable assassin. Mais c’est une affaire bien plus complexe qu’elle n’y paraît qui se cache derrière le voile des souvenirs.
Il décide alors de lui-même de résoudre l’enquête, bravant les dangers et les innombrables barrières.

« Ses progrès sont surprenants. Et rapides…
… J’aimerais pouvoir en dire autant des miens. Je suis décidément mon pire sujet d’investigation.
»

Le récit en lui-même n’est pas forcément novateur mais il présente un synopsis intrigant et engageant, tout en gardant une certaine cohérence (et je ne parle pas de crédibilité). Le personnage de Simon Radius est quant-à-lui suffisamment torturé pour susciter un intérêt particulier et même une certaine forme de compassion. La femme qui l’a quitté et qui occupe une grande partie de son esprit n’y est pas pour rien.
Le principal reproche que je lui fais concerne surtout le déroulement de l’intrigue, parfois un peu trop prévisible. Sans grande surprise, le scénario d’Erwan Courbier et Benoît Dahan laissera sur leur faim les aficionados du genre policier.

Graphiquement, les attitudes et les visages sont un peu rigides et les postures manquent de dynamisme. Heureusement la mise en page redonne à l’ensemble un peu de peps. Benoît Dahan varie la forme de ses cases et joue avec l’espace pour composer ses planches. Forte d’un découpage audacieux et de bons effets visuels, l’histoire reprend du poil de la bête et nous offre des séquences plutôt énergiques.
Les couleurs un peu old school typées comic-book, le côté psychédélique en prime, renforcent cette ambiance graphique in spiritu plutôt réussie.

Psycho investigateur est un récit en 3 tomes, publié ici sous la forme d’une intégrale. Le premier opus (Les fantômes de la culpabilité) avait vu le jour en 2005 chez Emmanuel Proust Editions avant d’être abandonné… Physalis lui redonne un second souffle tout en présentant sa suite (et fin) inédite.

D’autres avis : OliV’, Fab Silver
Psycho investigateur (One shot)
Scénario : Erwan Courbier & Benoît Dahan
Dessin : Benoît Dahan
Édition : Physalis 2013
La présentation de l’album sur le site de l’éditeur.
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Une réflexion sur “Psycho investigateur

  1. Lunch dit :

    Par OliV le 06/09/2013 :

    Un effet très inattendu d’une suite et fin inédite et réussie. Ce côté des séquences énergiques m’a bien plu !

    Par Choco le 06/09/2013 :

    Je l’ai lu la semaine dernière et ça m’a passionné ! J’en parle mercredi 🙂
    Malgré quelques petits défauts de scénario que tu relèves, j’ai l’impression d’être plus emportée que toi. L’aspect mémoire et psychanalyse m’a beaucoup interpellé et j’ai trouvé ça très intelligent de la lier à une enquête policière.

    Par Lunch le 07/09/2013 :

    En fait, j’ai trouvé assez… « téléphonés » certains passages. J’ai bien aimé dans l’ensemble, mais j’aurais apprécié plus de surprise dans le fond.

    Par contre j’ai vraiment été emballé par le découpage et la mise en couleur.

    Content de vous voir ici tous les deux 😉

    J'aime

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