Fanch Karadec – L’enquêteur breton #1 : Le mystère de Saint-Yves

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21 avril 2013 par Lunch

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Lunch

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Il y a des noms comme ça qui, dès lors qu’on les entend, en appellent à la Bretagne. Fanch Karadec, enseignant fraîchement retraité, fait évidemment partie de ceux-là. Un bonhomme à la bouille sympathique et que tout le monde connaît… si bien qu’il se retrouve parfois au cœur de secrets dont il se serait bien passé… quoique…
Car le monsieur est curieux et il aime les énigmes. Alors quand il reçoit une lettre postée la veille par quelqu’un mort deux jours plus tôt, il cherche aussitôt à élucider l’affaire lui-même, avec ses copains. Après tout, s’il était le destinataire et non la police, il devait bien y avoir une raison !

Sur une idée de Régis Loisel et Jean-Charles Kraehn… l’évocation de cette collaboration, même lointaine, nous invitait déjà dans un doux rêve de lecture.
Une sensation prolongée par les premières planches où le dessin de Sébastien Corbet nous fait clairement penser au trait de Monsieur Peter Pan. Plus rond, moins détaillé, il dégage tout de même un côté plaisant, bien qu’il manque encore une peu de maturité et surtout : d’identité !
Certains gros nez m’ont dérangé, surtout celui de la veuve LeHennanf, mais somme toute, c’était pas mal.

Concernant le récit en revanche, j’attendais un peu plus d’un album ayant reçu le Prix Polar 2010 de la meilleure série au Festival de Cognac.
L’enquête est plutôt bien ficelée certes, mais au final l’album se laisse lire sans grand emballement. Je suis resté sur ma faim.
Je me suis tranquillement laissé guider par la narration sans aller jusqu’à disséquer le moindre indices. Pourtant une chose m’a interpellé : la police à été mise à l’écart dans l’enquête par Fanch Karadec lui-même, qui lui a sciemment caché des éléments. C’est là le reproche majeur que je fais à l’histoire, car si la police avait eu possession de ces indices, elle aurait pu arrêter les criminels bien plus rapidement.
Seulement voilà, il n’y aurait pas eu d’histoire…

« Fanch, où est-ce que nous allons ?
_ Tout d’abord, on passe voir Léna à la médiathèque de Lannion… Elle pense avoir trouvé quelques indices intéressants. Et ensuite, promis, je t’emmène à un Fest-Noz.
»

Enfin, ce n’est pas le principal grief que je porte à cette bande dessinée, car j’ai tout de même trouvé que le récit était plaisant d’une manière générale. Ce qui m’a le plus gêné, c’est l’insistance, la surenchère, l’abus de « bretonnerie » !
Oui l’enquête se situe en Bretagne : on le sait depuis le titre ! Tous les habitants de la Bretagne doivent-ils avoir un nom de consonance bretonne ? N’y a-t-il de place que pour des Fanch, Soizig et autres LeCrom ? Était-il utile d’insister à ce point sur le fait que l’intrigue se passait bien en Bretagne ?
Pour moi, c’est clairement non ! Ça ne fait qu’alourdir le récit.

Je remercie quand même Valérie pour l’envoi de cette bande dessinée. Je sais tout le mal qu’elle s’est donné pour trouver un album que je n’avais pas lu.

Badelel

Badelel

Dès la première approche (à la couverture), Fanch Karadec ne m’a pas convaincue, mais m’a toutefois intriguée. Si la maquette ne m’avait pas franchement attirée, le dessin donnait quand même envie. Autant dire que j’ai ouvert Fanch Karadec avec une certaine suspicion, mais en même temps une grande envie d’être surprise.
Bon on va pas y aller par 4 chemins : à ce titre, cette BD m’a déçue. Le scénario est plutôt convenu, et côté surprise, je rends mon tablier. Pour une enquête policière, c’est quand même dommage ! Non bien sûr, on ne voit pas le comment du pourquoi arriver, et pour cause : le héros non plus. Chaque fois qu’il tombe sur un indice, il l’oublie dans un coin en se disant que « Pffff… Mince alors, y’avait rien là non plus » (mon âme de rôliste a plutôt enragé en fait) et au final, ben on se rend compte justement que ç’aurait été plutôt judicieux d’approfondir de ce côté-là. Pis alors, tenez-vous bien : quand on aime les mots croisés, on aime forcément démêler des intrigues, et surtout sans les flics !
L’autre truc qui m’a vraiment mais alors VRAIMENT turlupiné, c’est le côté un poil trop terroir. Alors figurez-vous qu’en Bretagne, tout le monde porte un prénom typiquement breton (Fanch, Soizig, Loïc, Michaud, Maëlig, Nolwenn et je ne vous parle même pas des noms de famille), va danser au Fest-Noz et joue de la bombarde. Ça fait vraiment too much et ça n’est pas plaisant.

Alors je ne vais pas complètement démonter la BD : un lecteur moins exigeant pourra sans doute passer un bon moment de lecture-détente sur sa serviette à la plage, d’autant que j’ai trouvé le dessin vraiment agréable. Certes on sent une très forte influence de Loisel et Corbet a encore à gagner en personnalité et en maturité… Mais le trait est parfaitement maîtrisé et vraiment plaisant, et les couleurs de Heurteau créent un environnement agréable bien plus cohérent que le scénario.

Tout n’est pas à jeter donc. Pour ma part, j’ai vraiment le sentiment que Heurteau s’est senti coincé dans une idée « imposée » pour Loisel et Kraehn, et que, mal à l’aise dans ce vêtement mal ajusté, il a tenté de tirer son épingle du jeu en pondant un scénario bancal dans un univers cliché.

Fanch Karadec – L’enquêteur breton #1 : Le mystère de Saint-Yves
Scénario : Stéphane Heurteau
Dessin : Sébastien Corbet
Couleurs : Stéphane Heurteau
Édition : Vagabondages 2010
La présentation de l’album sur le site de l’éditeur.
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Une réflexion sur “Fanch Karadec – L’enquêteur breton #1 : Le mystère de Saint-Yves

  1. Lunch dit :

    Par Jérôme le 22/04/2013 :

    Je viens de l’emprunter à la médiathèque. Vous me refroidissez sérieusement tous les deux !

    Par Lunch le 22/04/2013 :

    Zut, loin de nous l’idée d’entamer ton enthousiasme.
    Moi c’est surtout l’excès de « ça se passe en Bretagne » qui m’a gêné. Après, ça se laisse lire quand même, malgré quelques défauts.

    Par Yaneck le 22/04/2013 :

    Moi j’ai lu le tome 2, qui est au diapason de celui-là. Ça casse pas la baraque.
    Par contre, Badelel, oui, je peux t’assurer que les bretons portent énormément de prénoms qui font couleur locale. Je viens de bosser trois semaines avec Lennahick et Annahïg, et mes neveux s’appellent Erwan, Guirec, Tudi, Siam, Garlan ou Lidwen, autant de prénoms typiques. Ce n’est pas cliché, c’est vraiment marqué, l’influence culturelle et plus encore à la campagne.
    Yaneck, le néo-breton qui la ramène. ^^

    Par Badelel le 22/04/2013 :

    Et les Fest-noz et les bombardes, c’est pareil ? 😀

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