K.O. à Tel Aviv #1

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20 avril 2013 par Lunch

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Lunch

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K.O. à Tel Aviv ne m’a jamais particulièrement attiré lors de mes visite successives chez mon libraire. Ses couleurs vives surtout, ne m’ont pas vraiment emballé et m’ont fait plusieurs fois refermer le livre aussitôt ouvert.
Pourtant, l’album chouchou de Magali (ma charmante libraire donc) était constamment mis en avant, présenté comme une bande dessinée coup de poing (pour un K.O., quoi de plus normal) situant le quotidien d’un israélien et de sa famille dans la tumultueuse « ville qui ne dort jamais ».
L’envie de découvrir une bande dessinée israélienne mais aussi de poursuivre mon exploration sur le conflit israélo-palestinien a eu raison de mon rejet premier… et puis l’album est inscrit au programme de la 9ème case de ce mois d’avril donc… raison de plus !

« Tim a appelé aujourd’hui. On a trois mois pour quitter l’appart’.
_ Quoi ! Mais qu’est-ce qu’on va faire ? L’immobilier flambe ! On est dans la merde…
_ Ne t’en fais pas, on ne va pas se retrouver à la rue… On finira par trouver quelque chose…
»

Asaf Hanuka, l’auteur de cette BD, est né en Israël mais a suivi des études dans le 9ème Art en France, à l’école Émile Cohl de Lyon dont il sort diplômé. Il retourne ensuite dans son pays d’origine, à Tel Aviv, et y fonde un foyer. C’est de ce quotidien dont il est question dans K.O. à Tel Aviv. Pourtant, bien qu’il se situe dans un pays en guerre permanente, il est rarement question du conflit, voire pas du tout, hormis sur quelques planches témoignant de l’incongruité de la situation et de la violence des flashs télévisés.
Le principal reproche que je fais à cette bande dessinée est aussi celui de la ville elle-même : une bulle dans un contexte de guerre qui, bien qu’étant à quelques kilomètres d’un conflit majeur pour le monde entier, semble se contrefoutre de celui-ci.
Évidemment, il y a des non-dits. Dire qu’il n’est pas question du conflit serait un mensonge car il est présent, en filigrane, entre les cases. Il s’insinue dans les coups de téléphone, dans une phrase anodine, dans un débordement de marmite qui vire au rouge…
J’aurais aimé que les choses soient dites plus franchement.

« Oh non !
_ Quoi ?
_ Change de chaîne, mets les infos.
»

J’ai éprouvé pas mal de difficultés pour passer outre le style graphique et en particulier la couleur criarde.
Pourtant, je ne peux pas dire que tout est à jeter. Bien au contraire, j’ai fini par m’y habituer et j’ai même trouvé que certaines planche avaient du génie. Et même que la colorisation volontairement flashy s’y prêtait bien.
Asaf Hanuka est un bon illustrateur et même un excellent communiquant. Il a des idées et sait les exploiter : La voiture qui rend ses tripes ; les problèmes existentiels rendus par un dessin torturé et explicite… Des hommages aussi, aux comics américains, entre autre, qu’il garde en mémoire depuis qu’il est tout petit (et la vie new-yorkaise de son frère jumeau Tomer, parti assouvir une vie d’artiste à l’autre bout du monde, y est probablement pour quelque chose).
Et puis il y a aussi l’actualité du pays qui est rendue au travers de certaines planches.

« Il y a un supermarché à Bneibarak où on peut faire de très bonnes affaires.
Pour le coût d’un repas moyen à Tel Aviv, vous repartez avec un mois de provisions.
Le seul problème, c’est qu’ils ne vendent qu’aux orthodoxes. Tenue  » correcte  » exigée, donc.
»

Plus qu’un témoignage sur Israël, K.O. à Tel Aviv évoque surtout le quotidien d’un homme, de son couple, de leur enfant, des petits tracas de la vie et notamment des difficultés financières car la vie est chère à Tel Aviv. En bref, il est rarement question des joies… plutôt des peines, mais pas forcément celles qu’on attend dans un pays en conflit.
Et puis il est également question de la fausseté du rêve américain et du romantisme parisien, des préjugés encensés puis finalement démontés.

J’ai eu du mal avec le rythme très haché de l’album. Il manque pour moi de liant. Même si on perçoit une trame lointaine, le fil conducteur est mince et malheureusement poussif. La faute à la parution par planche dans un périodique israélien.
Pour conclure je dirais que K.O. à Tel Aviv m’a déçu mais pas là où je m’y attendais. Et je reconnais aussi qu’il y a de très bonnes choses dans le travail de l’auteur.

À noter que l’album est paru en France chez l’éditeur Steinkis, celui-là même qui avait publié Comment comprendre Israël en 60 jours (ou moins).

D’autres avis : Magali, David Fournol
K.O. à Tel Aviv #1
Scénario : Asaf Hanuka
Dessin : Asaf Hanuka
Édition : Steinkis 2012
La présentation de l’album sur le site de l’éditeur.
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2 réflexions sur “K.O. à Tel Aviv #1

  1. Lunch dit :

    Par Jérôme le 20/04/2013 :

    Mouais, je crois qu’il serait préférable que je passe mon tour. Ce que tu en dis m’emballe très moyennement.

    Par Lunch le 20/04/2013 :

    Tu devrais lire l’avis de ma libraire, Magali, que j’ai mis en lien en dessous.
    Elle présente très bien cet album qui pour elle a été un véritable coup de cœur. Je n’ai peut-être pas su discerner la poésie de ces planches.

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