À nous deux, Paris !

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4 février 2013 par Lunch

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Lunch

« Paris, lieu de culture et de vie, ville lumière que tout le monde nous envie ! »
Ces paroles extraites d’une chanson du groupe Tryo (sur leur deuxième album Faut qu’ils s’activent) reflètent assez bien tout ce qu’on pense de notre capitale française, nous provinciaux. Si bien qu’on se demande souvent pourquoi les parisiens, des gens éternellement pressés, se plaisent à vivre dans leur macro-société égocentrée et onéreuse. Bien entendu nous nous posons la même question sur ces étrangers intrigués par cette ville, par ses clichés, marquée par un romantisme culturel… ai-je le droit de le qualifier de révolu ?
À nous deux, Paris !

Cet album relate sous la forme d’un carnet de voyage en bande dessinée l’un des multiples séjour de J.P. Nishi en France. C’était alors son premier voyage à Paris, en 2005.
Il évoque avec une bonne dose d’humour ses différentes péripéties, axées autour de la découverte de la culture française.
Sous ce pseudonyme très franchouillard de Jean-Paul se cache un nom bien plus oriental, car il ne s’agit pas de son véritable nom (Taku Nishimura).
Une origine francisée qui lui permet d’asseoir ses publications très orientées sur la vie dans la capitale parisienne, qu’il adore.

« Disons que vous êtes une fille et que vous allez à une soirée. Il y a 8 garçons et filles. Voilà ce qui se passe : Joue droite, joue gauche, vous faites 16 bises pour dire bonjour. Et encore en partant. Total, 32 bises. Plus en une soirée qu’en un an au Japon. »

Mais ce qui restera le plus marquant dans mes souvenirs, c’est l’humour et la dérision que l’auteur impose à son ouvrage. C’est un amoncellement de scènes cocasses, dont la plus convaincante restera sans aucun doute les échanges de bisous, une coutume bien française. Tout un chapitre y est consacré, dans lequel J.P. Nishi va devoir apprendre à moduler sa bouche pour faire ce bruit si caractéristique que nous faisons sans même y prêter attention et qui fait semble-t-il le charme de nos embrassades.
L’éclairage des W.C. dans son immeuble, branché sur la minuterie des communs, est là encore une scène très amusante, bien que plus courte.
Il tourne aussi en ridicule toutes les idées reçues qu’on a des japonais et tout ce qu’il trouve complètement hors de propos, comme cette sauce soja sucrée que tout le monde s’arrache alors que ça n’existe pas au Japon.

« J’ai interrogé Claude qui a été étudiant au Japon.
_ Qu’est-ce qui t’a le plus surpris au Japon ?
_ Les love-hôtels. »

Ce qui est intéressant dans À nous deux, Paris, c’est cette comparaison entre deux cultures très éloignées.
L’auteur ne comprends pas toujours les coutumes française, c’est un fait.
D’un autre côté, il nous propose aussi la vision de ses amis français sur leurs séjours au Japon, qui nous servent donc de contrepoids.

Avec un dessin simple et expressif, très typé manga évidemment (c’est un mangaka ne l’oublions pas), J.P. Nishi nous permet de passer un moment de lecture sympa, récit d’un voyage à Paris mais qui s’adapte plus globalement aux français dans leur ensemble. Un recueil où les préjugés s’affrontent et se démontent, bien rigolo mais pas forcément essentiel.

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Badelel

Découvert dans la bibliothèque personnelle de ma sœurette, A nous deux, Paris ! marque par son originalité. Bien sûr on sait que les cultures françaises et japonaises diffèrent, mais a-t-on seulement imaginé ce qu’un Japonais peut percevoir de la France quand il y réside plusieurs mois ?
C’est précisément le thème de cette BD, et résultat : une vision très décalée des Français qui nous renvoie à nos propres manies. Du rite des bisous (où on apprend qu’une Française fait plus de bisous en une soirée qu’un Japonais en un an) à l’état-providence, Nishi décortique la vie parisienne d’un œil curieux et intrigué.

Mais au final, ce qui gène dans cette lecture, c’est précisément le fait que ce soit un manga. Alors qu’ils sont réputés pour leur grande réserve, il faut toujours que les Japonais exagèrent les attitudes dans les mangas. Or Nishi représente la réalité à travers le prisme du manga… Ça donne une ambiance très particulière qui fait perdre beaucoup de son charme potentiel.

De même, alors que l’auteur est impressionnant par son sens du détail, et même si le dessin manque d’âme (comme bien souvent dans le manga), la technique est excellente. Mais alors pourquoi ses visages sont-ils si moches ? Et pourquoi a-t-il à ce point massacré sa propre représentation ???

De fait, alors que c’est une lecture très intéressante et drôle, qui amène à réfléchir sur les plus insignifiantes de nos habitudes, elle perd beaucoup en qualité, et c’est bien dommage.

À nous deux, Paris ! (One shot)
Scénario : Jean-Paul Nishi
Dessin : Jean-Paul Nishi
Édition : Philippe Picquier 2012
La présentation de l’album sur le site de l’éditeur.

2 réflexions sur “À nous deux, Paris !

  1. Lunch dit :

    Par jerome le 06/02/2013 :

    J’ai lu quelques avis assez divergents sur ce titre. Toujours pas arrivé à la médiathèque. Je saurais être patient.

    Par Badelel le 07/02/2013 :

    Ça reste un excellent moment de détente et de franche rigolade. Disons que ce manga n’a pas les qualités d’une GRANDE BD.

    Par Bidib le 17/02/2013 :

    Ah ! le rite du « bisou » à la française… ça va faire 15 ans que j’habite en France et j’arrive toujours pas à m’y faire, c’est dire à quel point cette habitude est étrange 🙂
    Et c’est précisément ce qui m’intéresse dans ce manga : voir la France dans les yeux d’un japonais. Idées préconçues, choc culturel…
    Mais ce qui me repousse un peu, c’est le dessin que je trouve trop caricatural et franchement laid. Je ne me suis pas encore résolue à l’acheter. D’autant plus que les avis que j’ai pu en lire sont assez partagés.

    Par Lunch le 17/02/2013 :

    Tu es d’origine japonaise ?
    (ce qui pourrait expliquer ta passion pour le Japon).
    Sincèrement je ne m’étais jamais posé la question sur les bisous, étant né avec cette habitude. Et j’ai beaucoup ri devant ce chapitre dans cet album, parce que l’auteur tourne ça vraiment dans tous les sens (jusqu’au bruit que doit faire la bouche ! chez nous c’est naturel, on ne s’est jamais dit qu’il fallait que ce soit d’une manière bien précise) et il en rit lui-même beaucoup je crois.
    Oui après c’est sûr, on est pas devant l’indispensable de l’année. C’est gentil, et drôle par moments, mais c’est quand même très léger. Nos avis vont la plupart du temps dans ce sens-là sur k.bd.

    Par Bidib le 18/02/2013 :

    Pas japonaise, non. Italienne, c’est moins loin mais il y a choc culturel quand même ^^
    Et le pire avec la bise c’est le nombre : 1, 2, 3… 5! On sais jamais combien il faut en faire !
    J’ai lu l’article sur k.bd et aussi le critiques qui y sont rattaché. Je reste sur mon impression j’aimerais bien le lire mais pas forcement l’acheter. Faut que je trouve quelqu’un à qui le piquer ^^

    Par Lunch le 18/02/2013 :
    Chez nous on en fait 2. C’est vrai que selon les régions ça varie, mais nous ça nous amuse finalement ^^
    On aime ça les bisous finalement 🙂

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  2. […] très très fluide et particulièrement lisible. Contrairement à Un printemps à Tchernobyl ou À nous deux, Paris, il ne s’agit par d’un récit structuré dans des cases. Contrairement à Un américain […]

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