Les îles du vent

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17 janvier 2013 par Lunch

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Lunch

Dionine rentre tout juste d’un voyage scolaire à la Barbade, une île voisine. à son arrivée à l’aéroport, elle croise un nouveau douanier, un Breton, avec qui elle sympathise… disons le franchement : elle le trouve mignon et ce dernier se laisse facilement impressionner.
Yann, le douanier en question, se fait aussitôt convoquer par son chef qui le remet en place : il doit contrôler tous les passagers sans exception. Le chef l’envoie épauler une équipe sur le terrain pour le former, il devra les aider à traquer des immigrés clandestins…
Pendant ce temps-là, Dionine et sa famille découvrent un Haïtien caché dans les fourrés de leur jardin. Ils décident de l’aider.

En résidence d’auteur en Guadeloupe en 2009, Élodie Koeger profite de ce séjour de 5 mois pour créer cet album.
Pour ce faire, elle se fait épauler par Hector Poullet, fervent défenseur de la langue créole.
Ensemble ils en viennent à produire un objet un peu incongru, le fruit de la réunion entre une Alsacienne fascinée par le Japon et un Guadeloupéen amoureux de sa région.
C’est donc en manga (eh oui, ça surprend) que paraissent Les îles du vent, chez Caraïbéditions histoire de pas faire les choses à moitié. Une identité forte qui se retrouve dans l’histoire, où la fougueuse Dionine rencontre l’expatrié breton.

Je n’irai pas jusqu’à dire que Les îles du vent est un album formidable car il est plein de petits défauts.
Le dessin manque de personnalité et les postures semblent parfois maladroites mais les personnages restent néanmoins expressifs.
Il y a un rythme très chronophotographique qui se dégage de la construction narrative, qui reprend bien les codes du manga.
Quant aux dialogues, ils manquent un peu de punch et parfois même de liant. J’ai aussi trouvé que les réflexions étaient prises à la légère, que les propos manquaient de cohérence et de maturité, tendant à réduire les problèmes à de simples péripéties… Tout paraît tellement simple pour Dionine, qui nous apparaît à la foi comme une fille naïve (comme quand elle se confie à Yann qu’elle ne connaît que depuis quelques jours tout au plus) et intelligente (lorsqu’elle berne les autorités alors qu’elle transporte des passagers clandestins). Tout un paradoxe.
Heureusement le scénario va crescendo et finit par nous intriguer.

« Je sais maintenant ce qu’il me reste à faire !! Comptez sur moi, je m’occupe de vous et de votre Haïtien avec l’aide de Saint Expédit !
Ah ça ! Si les Haïtiens ont tous ces malheurs c’est à cause de leur Vaudou ! Ils sont maudits et la malédiction contagieuse !
Je n’en veux pas chez moi ! »

Le scénario parlons-en ! Dès le départ on se retrouve embarqué dans une histoire d’immigration clandestine. Rapidement on se rend compte que la xénophobie est fortement ancrée chez de nombreuses personnes, haineuses des étrangers. La société est telle qu’elle est, il y a des braves gens et des personnes peu recommandables. On a l’impression ici qu’il n’existe pas de demi-mesure.
C’est une histoire qui peut se résumer à un combat de tous les jours. Le combat de ces immigrés Haïtiens, dans l’obligation de fuir leur pays. Le combat de ces gens qui essaient de les cacher et de faire avancer les mœurs dans le bon sens. Le combat de ces brigadiers chargés de traquer les immigrés et de faire respecter la loi.
Et puis il y a en sus cette idylle naissante qui met un peu de piment dans tout ça. D’autant plus que les chefs n’étant pas idiots, ils repèrent vite les dysfonctionnements et amènent le charmant breton à un rigolo double-jeu…

« Yekrik.
_ Tu tentes de me parler breton ?
_ Non c’est du créole ! Et tu dois répondre « Yekrak ». C’est une formule pour annoncer le début d’une histoire. Elle est utilisée par les conteurs.
_ Bien euhm… Yekrak !
_Il était une fois une jeune antillaise et un petit breton assis au pied d’un phare… Ni l’un ni l’autre… n’osait faire le premier pas… Yekrik ?
_ Yekrak… »

Une lecture qui prend un peu plus d’intérêt si l’on considère que nous sommes incultes des us et coutumes antillais. Ce livre nous permet en quelque sorte de remédier à cette lacune, un peu, bien aidés il est vrai par le lexique en fin d’ouvrage… nous avons la même nationalité mais un océan nous sépare…

À noter que le 2ème tome est paru en octobre 2010 et qu’il s’agit d’une trilogie. La série est terminée aux Antilles.

Je remercie Loula pour l’envoi de cet album et bien entendu Mo’ pour l’organisation de ce loto dont j’ai été l’heureux élu 🙂

Les îles du vent (série terminée en 3 tomes)
Scénario : Hector Poullet
Dessin : Élodie Koeger
Édition : Caraïbéditions 2009
La présentation de l’album sur le site de l’éditeur.

Une réflexion sur “Les îles du vent

  1. Lunch dit :

    Par Mo’ le 18/01/2013 :

    Mmh… spécial et étrange. Lunch à la découvertes de nouveaux univers bd. Yekrik ? ^^

    Par Lunch le 18/01/2013 :

    Mo’, nous n’en sommes plus tout à fait au début entre nous 😀

    Par Mo’ le 19/01/2013 :

    Mouarfff ^^
    M’est avis qu’il faut lever le pied sur la fréquence des chroniques… il y a surmenage ici 😛

    Par Lunch le 19/01/2013 :

    C’est prévu, c’est prévu… mais en même temps je sais pas si j’arriverais à me retenir aussi, parce que j’y prends goût 🙂

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