Tranquille courage #1 : Première partie

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10 janvier 2013 par Lunch

Lunch

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« À perte de vue, le ciel était rempli de centaines d’avions, de milliers de parachutistes qui sautaient au nord de la ville, dans les marais, jusqu’à l’horizon, jusqu’à Sainte-Mère-église.
Les Allemands dégommaient les Paras comme à la chasse.
Au petit matin, ce fût pire que jamais, des détonations terrifiantes vers la côte, la pointe du Hoc, Saint Laurent-sur-Mer…
Et vers 7 heures, les Boches se sont mis à courir dans tous les sens !! Ils montaient vers les plages avec les moyens du bord, à pied, à cheval, à vélo…
C’était le débarquement !! »

L’image du débarquement en Normandie, on l’a tous plus ou moins en tête, issue des livres d’Histoire ou des films qu’on a vus à l’écran.
Les auteurs nous en parlent en préambule et on ne peut leur donner tord… on a l’impression que la guerre s’arrête à ce moment-là, un 6 juin 1944, dès lors que les soldats alliés posent le pied sur la terre ferme.
Et pourtant… il leur aura fallu près de 2 mois pour parvenir enfin à repousser l’ennemi au-delà d’Avranches… une progression de 60 petits kilomètres pour 60000 morts, rien que durant le mois de juillet… 1 mort par mètre…
Je ne suis pas certain qu’Olivier Merle ait eu pour ambition de « réparer » nos mémoires défaillantes, mais il a eu besoin de tenir ce raisonnement en écho avec sa propre histoire, celle des grands-parents de sa femme, et en particulier d’Auguste Louis Briant.

« T’entends, René, il fait orage. »

Pour autant, Tranquille courage n’est pas un livre difficile. Il ne raconte pas la guerre dans la brutalité qu’on lui connaît. Seule une scène de fusillade aurait pu être rendue éprouvante, mais les choix de cadrage font qu’elle n’est pas traumatisante.
En prenant le parti de raconter l’histoire d’un fermier à l’écart de la ville, les auteurs nous ont un peu épargnés des atrocités de la guerre. Les bombes, c’est dans les villes qu’elles tombent… ici, il fait orage !

« Dis, Auguste… il est revenu ? AUGUSTE ! J’ai le droit de savoir !!
_ Et savoir quoi ? Y’a rin à savoir… Le jour où quelqu’un saura, ce sera le début de la fin ! On sera perdu ! On sait rin, on voir rin et ça va continuer ! »

Auguste, notre personnage principal, c’est le genre « bon père de famille ». Un fermier aux belles bacchantes, du genre de celles qu’on imagine bien sur un bonhomme du Sud-Est des romans de Pagnol. Le jour il travaille à la ferme, il s’occupe de ses bêtes. Et la nuit il est souvent réquisitionné par les Allemands pour surveiller les lignes téléphoniques. Il en profites d’ailleurs pour se saouler au calva avec ses potes ses soirs-là.
Un gars pépère, pas méchant pour un sou, qu’on imagine bien du genre jovial en temps de paix, et ma foi pas non plus un résistant né !
Il aura fallu qu’un aviateur américain se crashe non loin pour qu’il trouve le courage de le cacher. On comprend mieux ainsi le titre de cette bande dessinée.

Pour l’illustrer, le dessin d’Alexandre Tefenkgi (qui travaille de nouveau avec Olivier Merle sur Les âmes nomades, toujours chez Bamboo Grand Angle), dont c’est ici le premier album, n’a rien d’extraordinaire ni de révolutionnaire. Réaliste sans être trop détaillé (et sans être minimaliste non plus, loin de là), il permet de nuancer une époque difficile et les affres de la guerre. Un ton qui contribue sûrement à cette sérénité qui se dégage de l’histoire et qui est renforcé par une mise en couleur plutôt douce.

Tranquille courage est une belle aventure humaine, sobre et efficace, qui a défaut de nous emporter totalement nous aura fait passer « un bon moment » de lecture, à la fois historique puisque le récit est basé sur une histoire vraie, et de détente.
Les auteurs développent une petite ambiance de « fait bon vivre » alors que le temps ne s’y prête pas… comme pour mieux nous faire tomber de notre nuage dans un tome 2 (conclusion du diptyque) qu’on imagine plus dramatique… mais ça nous le découvrirons plus tard !

J’en profite pour remercier Emmyne qui m’a offert cette BD et pour m’excuser auprès d’elle d’avoir attendu si longtemps avant de la lire.
Je n’oublie pas non plus de remercier Mo’ pour l’organisation de ce loto, et son chapeau si performant qu’il n’oublie pas de tirer mon nom 🙂

Un autre avis : Nico
Tranquille courage #1 : Première partie
Scénario : Olivier Merle
Dessin : Alexandre Tefenkgi
Édition : Bamboo 2009
La présentation de l’album sur le site de l’éditeur.

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