L’épée d’Ardenois #2 : La prophétie

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4 janvier 2013 par Lunch

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Lunch

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Ceux qui comme moi ont eu la chance de croiser Étienne Willem (en dédicace ou ailleurs) savent que ce tome 2 a été très laborieux à naître. Pourtant nous savions le scénario ficelé en quatre tomes depuis le début. Et le second opus était dans les mains du coloriste depuis au moins Angoulême 2011… Mais qu’a-t-il donc bien pu se passer pour occasionner autant de retard me direz-vous ? Tout ça est en fait de la faute du coloriste, Nicolas Imhof, voyageant sans cesse entre plusieurs pays asiatiques pour assurer la promotion de son art graphique… au détriment de L’épée d’Ardenois. Son site ne parle même pas de la série, c’est dire si pour lui c’était au second plan (son travail d’illustration est en revanche fantastique) !
Il avait pourtant déjà commencé à bosser sur le tome 2 mais les planches finales étaient difficiles à obtenir. Bref, Étienne Willem a dû se vêtir de sa blouse d’artiste et s’est attelé lui-même à la colorisation, faisant donc de lui un auteur complet pour ce coup-ci…
Évidemment, tout ça prend du temps ! Car malheureusement, il a dû reprendre tout le travail à zéro pour que le rendu soit uniforme…

La couleur est de fait forcément différente et c’est une source de déception.
Pourtant, Étienne Willem maîtrise bien sa palette : ses couleurs sont propres, agréables et directes : un travail admirable ! Nous nous étions juste habitués à celles de Nicolas Imhof sur le tome 1, plus vives, plus éclatantes ! Du coup il y a quand même une petite cassure… mais je pinaille un peu parce que je sais que l’auteur y a mis toute son application, que la mise en couleurs est minutieuse et que son dessin reste plein de force et de dynamisme. C’est juste… différent. Et on en reparlera plus à la fin parce que c’est très beau et très bien fait !

Du côté du scénario, on s’embourbe un peu dans une histoire sans grande surprise. Je ne dis pas que c’est mauvais, je dis que c’est normal. Réussir à faire mieux qu’un tome d’accroche n’est pas donné à tout le monde, il faut parvenir à créer des rebondissements, à insuffler un souffle nouveau.
Ce n’est pour moi pas un défaut (ce serait plutôt un bonus qualitatif pour les séries qui y parviennent… Frederik Peeters l’a fait avec Aâma) et je suis bien entendu heureux de cette suite à la mesure de celle que nous attendions : une quête jeunesse épique et palpitante !

Et puis bon, je dis sans surprises, mais c’est sans compter le duché d’Herbeutagne… Car il est délicat d’affirmer dans ce pays pas si lointain ce qui se trame réellement, entre pactes et trahisons. On a cette sensation que la contrée connaît son lot de complots, et que nous ne sommes pas au bout de nos peines (enfin je dis nous, mais c’est plutôt les opposants du vilain Nuhy qui devraient s’inquiéter… j’dis ça, j’dis rien…).
Le continent va mal, la paix bâtie 20 ans plus tôt repose sur un équilibre bien précaire… et mis à part Les compagnons de l’aube, on est en droit de se demander si ça inquiète vraiment quelqu’un en ce bas monde !

« Bon… changement de stratégie !! »

Le personnage de Garen est un jeune héros insouciant, téméraire et perspicace. Mais celui que je préfère reste ce bourru d’Arthus, toujours en première ligne pour la castagne et dont les stratégies sont sans grande réflexion. Derrière sa carapace d’ours se cache quand même un cœur tendre qui, finalement, va se prendre d’affection pour leur nouvel acolyte.
Le cœur c’est peut-être son gros défaut après tout, faut dire qu’il est déjà fou amoureux de La fouine, et ça date pas d’hier si vous voyez ce que je veux dire…

« On va attraper la mort ! Je vais faire du feu et on fera sécher nos vêtements pendant que…
_ Que quoi ?
_ Ben… Tu sais… Comme avant…
_ SUFFIT ! Sèche tout seul cet œil humide et cette langue baveuse si tu veux… Moi je dois parler à Grimbert au plus vite !!
_ À défaut d’autre chose… voilà des paroles bien sèches… »

Et dire que c’est sur trois légendes vieillissantes et un bleu que repose l’avenir… c’est pas très réjouissant n’est-ce pas ? Enfin, on est pas vraiment inquiets non plus, ça va bien se passer !

En conclusion je dirais que l’épopée suit son cours. Nous ne sommes pas au bout de nos peines, je suis persuadé que nous serons enchantés de la série dans son ensemble (et même qu’elle parviendra à nous surprendre).
Je suis toujours aussi enjoué à l’idée de la voir se poursuivre et je reste admiratif devant le travail accompli par Étienne Willem qui, malgré les coups durs, a su faire face en prenant la succession au niveau de la colorisation, et de la plus belle des manières qui soit. Il aurait pu se contenter d’un travail classique avec Photoshop mais non, il a pris ses pinceaux, il a utilisé une technique à l’ancienne avec des pigments naturels. Rien que pour ça, je lui tire un grand coup de chapeau !

L’épée d’Ardenois #2 : La prophétie
Scénario : Étienne Willem
Dessin : Étienne Willem
Édition : Paquet 2012
Voir aussi : Tome 1
La présentation de l’album sur le site de l’éditeur.
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