Aâma #2 : La multitude invisible

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25 octobre 2012 par Lunch

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Lunch

Lunch

Verloc Nim se réveille. Il sort doucement de sa torpeur nocturne, de ses rêves. La journée de la veille n’a pas été de tout repos. Elle a apporté son lot de surprises et de découvertes. Elle n’a pas ménagé son esprit. Hier soir il a partagé sa couche avec une femme. Il est tout guilleret. La vie est belle finalement, il faut parfois laisser les soucis de côté, profiter de l’instant présent…
Lorsqu’il sort de la chambre, il retrouve Myo en pleurs. Les autres savent pour hier soir…
La journée commence à peine et la réalité reprend déjà ses droits. Il va falloir s’habituer à composer avec toutes les personnalités car sur ona(ji) rien n’est comme ailleurs !

« Écoute, ces gens se sont construit leur propre microsociété pour résister à l’isolement. Tu aurais pu te douter que ça foutrait le bordel !… »

Bien dit Conrad ! Toi au moins tu as toujours la tête sur les épaules !
N’essayons pas de s’imaginer ce qu’il a voulu dire par là, l’heure est au départ : Conrad, son frère, Churchill et Frienko sont sur le point de partir à la recherche du professeur Woland, disparu avec le fameux projet Aâma. Myo et la petite fille feront également parti de l’expédition. Voilà qui devrait un peu calmer la concentration de testostérones.
En route vers l’inconnu et au-delà…

« C’est vivant ! Un organisme simple…
_ Certainement une mousse primitive qui apprécie les milieux acides… Elle se nourrit peut-être de soufre.
_ Dites… Arrêtez-moi si je me trompe, mais d’après mes informations, le niveau d’évolution sur ona(ji) correspond à une ère Cambrienne terrestre, non ?
_ C’est ça…
_ Alors peut-on m’expliquer ce que ce machin fout là, dans un monde où la vie n’a jamais quitté le fond des océans ?! »

Avec cette suite d’Aâma, Frederik Peeters nous emmène un peu plus dans les profondeurs de la science fiction. L’occasion pour l’auteur de se faire plaisir en développant une faune et une flore sortie tout droit de son imaginaire débordant, mêlant une base biologique connue de nos cerveaux d’hommes du 21ème siècle (on se refait pas) et une robotisation totalement invisible.
Le projet Aâma prend forme petit à petit, il dévoile juste ce qu’il faut pour aiguiser notre insatiable curiosité. L’ambition du projet, nous ne la connaitrons pas encore ici. Mais nous pouvons d’ors et déjà apprécier son indépendance : les créatures, qu’on croirait sorties d’un livre de sciences naturelles narrant l’ère Paléozoïque (ou du très bon Alpha… directions de Jens Harder), ont pris leur propre liberté d’évolution. Et c’est ça qui est quelque part fascinant : imaginez un développement ultra-rapide, ce qu’il pourrait causer, sur une planète déserte prête à recevoir la vie et sans les périodes de glaciation pour tempérer leur côté toujours plus bestial.
Plus on s’enfonce dans ona(ji) et plus les créatures sont « sophistiquées », plus elles sont dangereuses. On se demande dans quelle direction l’évolution se fera sur cette planète. Sera-t-elle interrompue par on ne sait quel événement majeur ? Donnera-t-elle une civilisation intelligente ? Aboutira-t-elle sur l’homme ? Que sera l’homme vu par Aâma ?

Petit à petit, j’en viens même à me demander si la fille qui ressemble à la fille de Verloc n’est pas le fruit d’Aâma… et si la chercheuse sainte nitouche, Myo, n’en saurait pas un peu plus qu’elle le prétend…

Vous l’aurez compris, Aâma est une série terriblement addictive. Alors qu’on rentre un peu plus dans l’intimité de Verloc Nim, sans pour autant comprendre ce qu’il va lui arriver sur ona(ji) (rappelez-vous : nous lisons son carnet alors que lui-même est devenu amnésique), on a vraiment envie d’en savoir plus encore !

En plus d’affouiller les personnalités en nous dévoilant une partie de leur vécu, Frederik Peeters joue avec les temporalités, imbriquant les récits les uns dans les autres, nous plongeant alternativement entre le passé de Verloc et les différents présents (celui du carnet ; celui où il est seul avec Churchill), par le biais de flashbacks ou de rêves.
La narration n’en souffre absolument pas, ce qui traduit une réelle maîtrise de l’auteur.

Nous ne savons toujours pas combien de tomes pourrait prendre cette série. Frederik Peeters n’est pas un habitué des séries à rallonge, mais il a envie de prendre son temps pour nous raconter son histoire. Le principal problème dans tout ça c’est qu’il nous faudra attendre quelques mois pour connaître la suite… et savoir tempérer notre impatience.

roaarrr

– Prix de la série – Angoulême 2013

Aâma #2 : La multitude invisible
Scénario : Frederik Peeters
Dessin : Frederik Peeters
Édition : Gallimard 2012
Voir aussi : Tome 1
La présentation de l’album sur le site de l’éditeur.
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2 réflexions sur “Aâma #2 : La multitude invisible

  1. Lunch dit :

    Par jerome le 27/10/2012 :

    Le 1er m’avait beaucoup plu mais je crois que je vais attendre un peu pour pouvoir lire tout d’un coup (en espérant qu’un éventuel 1er cycle ne s’étale pas sur 10 albums ;).

    Par Lunch le 27/10/2012 :

    10 albums, c’est pas vraiment le genre de Frederik Peeters. Pas trop son style non plus de faire des cycles.
    À mon avis ça tournera plutôt entre 4 à 6 tomes, peut-être plus encore s’il se sent bien dans le récit ?
    Toujours rien de défini à l’heure actuelle en tout cas. Mais une chose est sûre : l’histoire se tiendra de bout en bout.

    Je ne suis pas très friand de séries à rallonge, mais si tant est que l’élan se poursuit avec cette même régularité, avec ce même plaisir, alors j’y plongerai les yeux fermés.

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  2. […] un bonus qualitatif pour les séries qui y parviennent… Frederik Peeters l’a fait avec Aâma) et je suis bien entendu heureux de cette suite à la mesure de celle que nous attendions : une […]

    J'aime

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