Monsieur le Maire et ses révolutionnaires

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18 octobre 2012 par Lunch

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Lunch

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L’ACCFA, de par son label « zik et bulles » à la prétention de vouloir associer deux genres artistiques qui se côtoient déjà de temps en temps : la musique et la bande dessinée.
Le concept est simple : la sortie de l’album musical de l’artiste se retrouve dans une BD, illustrée en fonction de l’une des chansons de l’album.
Après Bordel de luxe, issu de la collaboration entre le groupe Les hurlements de Léo, le scénariste David Bénito et le dessinateur Laurent Bourlaud, Monsieur le Maire et ses révolutionnaires est la troisième bande dessinée à paraître sous ce label, avec Alexis HK comme auteur/compositeur/interprète et scénariste à la fois, accompagné par Marie de Monti (scénario et dessin).

L’ACCFA se fait ainsi le pont entre deux univers, entre deux sociétés, l’une spécialisée dans l’édition (Viltis BD) et l’autre dans la musique (La Familia).

Synopsis :

Dans un petit village où il ne se passe jamais rien, Monsieur le Maire essaie tant bien que mal d’égayer la populace avec sa fête révolutionnaire annuelle. Mais cette année il va se retrouver confronté à un bien grand mal : la révolution a bien lieu, les animaux prennent le pouvoir !

Une révolte animale aussi surprenante qu’incongrue, car les animaux, tout d’un coup doués de parole et d’intelligence (quoique…) prennent le pouvoir de par le vaste monde. Exit aux gouvernements quels qu’ils soient. Bienvenue au culte du grand Maki Katta !

« Au commencement, il y eut les pionniers, ces animaux à qui les humains donnèrent le goût du kif. Ils leur apprirent à se déguiser, à danser devant MTV, à faire du Skate board, du vélo, et même du hummer. Puis ils diffusèrent les exploits de leurs petits compagnons sur internet. Sans prévoir le mouvement d’influence planétaire qui suivrait, mené par la plus grande star du net… Le grand Maki Katta, l’animal aux mille milliards de vues sur You-Buzz. »

L’idéologie est simple : « Qu’est-ce qu’ils peuvent faire, on peut le faire ! ». Pour résumer : les rôles sont désormais inversés ; les animaux se prélassent et abusent des humains, en charge de les divertir.

Mon avis :

Scénario ubuesque et complètement irréaliste donc, malmené par un rythme que je qualifierais d’anarchique. C’est un poil brouillon et pas très bien construit, ce qui laisse à la lecture un goût de chaos peu appréciable.
Les dessins de Marie de Monti ont un petit quelque chose à la Marion Montaigne et, même s’ils ne sont pas ma tasse de thé, sont ma foi de bonne connivence avec le propos.
Bref, c’est pas trop mon genre d’univers BD, entre l’humour lourd (et pourtant j’adore Les Nuls ou François Pérusse, mais en BD ça ne passe pas) et le politiquement incorrect.

Si jamais vous voulez approfondir le sujet et comprendre un peu le point de vue de l’auteure et la façon dont elle a nourri le scénario avec Alexis HK (l’idée de scénario à partir de la chanson est de Marie de Monti), je vous invite à lire sa note de blog à ce sujet. C’est finalement très instructif, je n’avais pas vu les choses comme ça.

Focus sur l’artiste Alexis HK :

Alexis HK est un artiste que je connais depuis son tout premier album, Belle ville, en 2002. J’ai suivi son travail avec beaucoup de plaisir, le plaisir de découvrir à chaque nouvelle chanson de nouvelles sonorités et une envolée rhétorique dont l’auteur seul à le secret. Alexis HK sait jouer avec les mots, et c’est toujours un enchantement, un enchantement qui reste en tête comme une ritournelle.
Si ses précédents albums étaient volontiers plus enjoués, Le dernier présent se veut plus sobre et bien plus calme que le précédent (Les affranchis). L’album prend des allures de « fin du monde » (ou de cycle) tout à fait à propos en cette fin 2012, évoquant un peu le terrorisme mais surtout le temps des sentiments. Il porte toujours un regard critique sur la société, et quelques chansons mettent encore la politique subtilement en image. On prend de nouveau du plaisir à écouter de belles mélodies qui, une nouvelle fois, trouvent les mots justes pour égayer nos oreilles.

« Au temps de ma splendeur
Des hommes sans foi ni cœur
Sont venus m’arracher à la forêt
Ils m’ont mis sur une place
Où pissent les chiens qui passent
Où les pigeons sur moi se soulageaient. »

Cette citation, issue de la chanson César du dernier album d’Alexis HK, est le point de départ de la bande dessinée. L’histoire d’un arbre qui ne bouge jamais et qui subi tous les fléaux du monde et qui raconte son histoire… sans langue de bois !
Une belle chanson qui au final n’a que peu de rapport avec la bande dessinée (ouf).

La bande dessinée existe aussi en version collector (sic, si j’avais su…), comprenant en plus un CD live de la tournée Les affranchis ainsi qu’un reportage vidéo de 26 minutes sur la précédente tournée 2011.

Pour ceux qui aiment Alexis HK mais qui se passeraient allègrement de la BD (ce que je conçois tout à fait), l’album (Le dernier présent) est bien évidemment sorti en format CD classique… plus formel et moins conceptuel certes, mais en revanche essentiel !

Pour ceux qui ne connaitraient pas Alexis HK : son site internet (où il est possible d’écouter la chanson Le dernier présent, issue de l’album du même nom).

Monsieur le Maire et ses révolutionnaires (One shot)
Scénario : Alexis HK & Marie de Monti
Dessin : Marie de Monti
Édition : Viltis BD & ACCFA 2012
La présentation de l’album sur le site de l’ACCFA.
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