Les Chevaliers d’Émeraude #2 : L’épreuve du Magicien

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12 septembre 2012 par Lunch

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Lunch

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Les enfants prodiges ont bien grandi et sont capables de véritables prouesses. Leurs dons magiques se sont considérablement accrus et leurs aptitudes physiques également. Mais il y a encore une chose qui leur fait défaut pour être à la hauteur de la prophétie qui les attend, et le vieux magicien Élund le sait bien : il n’ont encore jamais fait face au danger en situation. Avec l’aide de son ami Mori, Mage du Béryl, ils vont mettre les Chevaliers à l’épreuve en libérant une créature entièrement magique : un élémental de glace !

Je n’avais été que moyennement enjoué à la lecture du tome 1 des Chevaliers d’Émeraude, mais je suis quelqu’un de courageux : après un premier opus clairement introductif, le scénario allait sûrement se lancer par la suite.
Que nenni ! Peste soit mon optimisme, je suis une nouvelle fois déçu. Mais ici point d’excuse : l’histoire AURAIT DÛ se mettre en bonne marche !

Anne Robillard sait sûrement écrire des romans. Sa bibliographie parle d’elle-même : la série des Chevaliers d’Émeraude connaît un fort succès et se vend comme des petits pains. Mais la bande dessinée ce n’est pas du roman !
Je fais les mêmes reproches à ces réalisateurs qui pensent qu’on peut facilement adapter un roman en film. J’ai été critique sur les adaptations du Seigneur des anneaux par Peter Jackson (sur un autre média, mais dans le même sens) bien que je reconnaisse qu’il s’en soit bien tiré, mais que dire par exemple des Harry Potter ? Prenons Goblet of Fire : dans le roman, on ressent bien l’influence des saisons qui passent sans que l’énigme de l’œuf ne trouve de solution. Mais dans un film, d’une durée finalement très courte, cette attente quasi-angoissante est tout simplement inexistante !
Réduire l’intérêt d’un roman à un 46 pages de bande dessinée est une ineptie. Le découpage est haché, le contenu est bâclé. Tout va trop vite, la lecture en est saccadée.
Même s’il s’agit d’une genèse des romans, d’une quête initiatique et originale, la bande dessinée n’obéit pas aux mêmes codes narratifs que Diable !

D’accord, le découpage est – selon moi – mauvais. Mais une bande dessinée ne se résume pas qu’à ça. Malheureusement, le scénario est lui aussi toujours aussi plat. Peut-être que je ne maîtrise pas suffisamment l’univers du roman pour bien apprécier le contenu je le reconnais. Avec des références sur le devenir de ces héros, l’histoire en est peut-être plus palpitante. Mais pour quelqu’un qui comme moi ne connaît pas la série… ce n’est pas le cas. Sauf que ce préquelle en bande dessinée se veut tout de même tout public.
Cet album-là manque pour moi cruellement de relief et de surprise. Tout va toujours trop vite et il n’y a que trop peu de place pour le discernement. Le manque flagrant d’intrigue plus aboutie que la simple péripétie rend le tout bien triste.

Pour couronner le tout, j’ai également été très embêté par le graphisme tout au long de la lecture, et ce dès le début…
J’avais pourtant apprécié le travail de Tiburce Oger dans le tome 1. En comparant les deux albums, ils restent dans la même veine et je retrouve aujourd’hui dans le premier opus ce même malaise latent, sans que je parvienne vraiment à trouver mes mots pour l’identifier clairement.
C’est très difficile pour moi de dire si ce sont les traits qui sont flous, mal esquissés, ou si c’est la couleur qui les rend si complexes à interpréter.
Les contours des visages me paraissent flous et changeants, les gestes mal assurés…
Pourtant, certaines planches pleine page sont réellement fantastiques !
Je me dit que c’est peut-être du fait des couleurs, avec ces ombres très tranchées, ces contrastes forts entre les éclats lumineux mis juste à côté de tons très sombres et soutenus. Une alternance peut-être trop généreusement dosée et qui a nui à ma lecture.

Pour tempérer mes propos, j’ai rouvert le livre le lendemain pour approfondir mon analyse. Je reconnais que l’apport d’une clarté naturelle est indéniable et que la lumière artificielle de ma lecture de la veille avait assombri mes dires. Je maintiens tout de même mon avis sur le fait que je trouve les contrastes trop forts et le dessin plus brouillon que dans le tome 1, notamment au niveau des visages moins affinés.

Je me faisais une joie de découvrir le talent de Tiburce Oger en tant que dessinateur mais je suis très déçu d’avoir tenté sa découverte sur Les Chevaliers d’émeraude… sic !
Inutile de vous dire qu’une suite est d’ors et déjà en préparation… Je ne suis pas certain d’avoir envie de la découvrir, et ce même si je n’ai pas pour habitude de laisser mes séries en suspens.

Les Chevaliers d’Émeraude #2 : L’épreuve du Magicien
Scénario : Anne Robillard
Dessin : Tiburce Oger
Édition : Casterman & Michel Lafon 2012
Voir aussi : Tome 1
La présentation de l’album sur le site de l’éditeur.
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Une réflexion sur “Les Chevaliers d’Émeraude #2 : L’épreuve du Magicien

  1. Lunch dit :

    Par jerome le 13/09/2012 :

    Adapter un tel roman jeunesse en BD est un peu casse-gueule. M’étonne pas que le résultat soit plus que bancal.

    Par Lunch le 13/09/2012 :

    C’est un préquelle du roman et pas une « réelle adaptation », mais on ressent quand même ce passage d’un média à l’autre. C’est dommage et ça casse tout rythme.

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