Les contes de l’ère du cobra #1 : Les amants

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28 août 2012 par Lunch

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Lunch

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« Bienvenue dans mon modeste théâtre.
Aujourd’hui, en ce cinquième anniversaire de la nuit des feux, permettez que je caresse vos âmes avec mon histoire, une histoire tissée des fils de cent autres histoires… »

Enrique Fernández a toujours aimé les contes. Dès ses premiers pas dans la bande dessinée, c’est avec David Chauvel qu’il se lance dans l’adaptation du roman de Frank Baum : Le magicien d’Oz. Son trait d’alors a quelque chose de féérique, en dehors des sentiers battus.
Les contes, il se les approprie petit à petit, il en fait presque son crédo. Il signe avec L’île sans sourire son second (si je ne m’abuse) album solo. L’an passé, il nous faisait vivre une fable initiatique et porteuse d’espoir avec Aurore

Le voilà qui poursuit sa route dans le monde de la bande dessinée avec une nouveau conte, qui s’assoit entre la magie d’Aladin et la cruauté du Baron de Münchhausen. Dessins et couleurs nous transportent vers l’orient, l’Inde et Les mille et une nuits, le berceau de tous les rêves, des légendes, des serpents, des belles femmes…
Un monde dans lequel personne ne s’en sort indemne, dans lequel tout être, aussi bienveillant soit-il, possède une face sombre.

Enrique Fernández est un dessinateur que j’admire vraiment, capable de m’ôter les mots de la bouche avec son traitement graphique si particulier. Il parvient à chaque fois à faire quelque chose de sensiblement différent, et pourtant toujours aussi reconnaissable.
Il faut dire que ce monsieur vient de l’animation, tout comme d’autres grands noms de la bande dessinée que j’adore : Juanjo Guarnido, Virginie Augustin… On ressent vraiment cette patte là dans l’approche de la couleur. C’était flagrant dans L’île sans sourire, ça l’est d’autant plus dans ces Contes de l’ère du Cobra, dont le traitement est vraiment proche de celui d’Aladin de Disney.
Une colorisation en net décalage par rapport à celle employée dans Aurore, paru seulement 4 mois plus tôt (décembre 2011 pour Aurore et avril 2012 pour Les contes de l’ère du Cobra). Deux techniques tout à fait différentes et que l’auteur a sûrement dû employer de front.

Le récit m’a franchement enthousiasmé au départ, puis j’ai fini par le trouver un peu long, surtout sur la deuxième partie. Il faut dire que l’intrigue débute merveilleusement bien. L’auteur prend le contrepied parfait du beau prince qui part délivrer sa promise. Ça dégénère, la situation devient inextricable, on se demande comment ça va évoluer, c’est épineux et très plaisant.
Pourtant, j’ai trouvé que la seconde partie, avec l’arrivée du comédien nain, acolyte de notre virevoltant Irvi, était trèèèèèès longue, et pas si riche en rebondissement que la première moitié de l’album. Changement de rythme donc, dommage. Mais nous en aurons sûrement pour nos mirettes dans le second et dernier opus. Avec je l’espère une montée en puissance du début à la fin.

Ceci étant dit, j’ai beaucoup aimé cet album malgré tout, et je trouve que l’entrée en matière est plus agréable et va plus dans le fond des choses que dans Beauté.
Bref, si vous aviez aimé cet album de Hubert et Kerascoët, si vous aimez tout simplement les belles histoires, foncez sur Les contes de l’ère du Cobra : vous ne serez pas déçus !

Un autre avis : David Fournol
Les contes de l’ère du cobra #1 : Les amants
Scénario : Enrique Fernández
Dessin : Enrique Fernández
Édition : Glénat 2012
La présentation de l’album sur le site de l’éditeur.
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4 réflexions sur “Les contes de l’ère du cobra #1 : Les amants

  1. Lunch dit :

    Par jerome le 29/08/2012 :

    J’avais beaucoup aimé Beauté. Du coup, forcément, je suis tenté ^^

    Par Lunch le 29/08/2012 :

    Attention tout de même, Les contes de l’ère du Cobra et Beauté ne se ressemblent pas même si ce sont des « contes » tous les deux.
    J’ai fait le rapprochement par rapport à la mise en bouche. Dans Beauté l’épilogue silhouette à peine l’intrigue. Ici Enrique Fernández rentre directement dans le vif du sujet.
    Il faut dire aussi que la pagination est ici autrement plus importante, ce qui aide à développer l’histoire.

    Graphiquement c’est également très différent. Si j’ai un petit faible pour le travail de Kerascoët, je suis vraiment émerveillé par ce que fait Enrique Fernández.

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  2. […] série d’Enrique Fernández, celui-là même qui nous a récemment enchanté avec ses Contes de l’ère du Cobra. L’auteur espagnol s’est ici lancé dans un défi d’envergure puisqu’il a […]

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  3. […] ce moment là, je ne savais pas qu’Enrique Fernández sortirait quelques mois plus tard Les contes de l’ère du Cobra (je vous ai dit que j’étais fan de son travail ?). Et je ne savais pas non plus qu’il […]

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