L’aigle sans orteils

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9 juillet 2012 par Lunch

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Lunch

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Le 99ème Tour de France s’est élancé le WE dernier et a vu une nouvelle fois le prologue tomber dans le guidon de Fabian Cancellara. Le suisse égale ainsi le record de 5 victoires en prologue de la grande boucle, détenu par le célèbre Bernard Hinault. Presque 100 années d’histoire, de magnifiques victoires, de grandes désillusions, de sueur et de surprises. On en aura vu des héros, des champions… véritables ou en carton. Mais restons sur une note positive ; c’est une épreuve mythique et qui de tous temps a vu s’affronter des légendes.

L’aigle sans orteils nous rappelle aux premières boucles, celles d’avant la guerre de 14-18. À l’époque les routes n’étaient pas aussi goudronnées, les cols étaient de dangereux sentiers, les premières équipes se formaient à peine et les braves héros portaient le boyau autour du cou, rustinant leur vélo eux-mêmes en cas de crevaison… un autre monde !

Amédée Fario n’a pas toujours aimé le vélo au point d’en faire sa passion. Au départ, alors qu’il fait l’armée, il est missionné pour porter des caisses tout en haut d’une montagne. Ces marchandises servent en fait à la construction d’un observatoire niché au sommet, plus près des étoiles. Amédée se lie rapidement d’amitié avec Camille Peyroulet, Il lui parle d’astronomie et du Tour.
Lorsqu’il quitte l’armée à la fin de son service, Amédée se fait engager par un petit groupe d’hommes chargé d’approvisionner en denrées de tous genres les gens de l’observatoire. Il reprend ainsi du service pour se rapprocher de son vieux copain. Là n’est pas son seul but, puisque chaque commission lui permet de rassembler un peu plus d’argent pour accrocher son rêve : s’acheter son propre vélo et participer à la grande boucle.
Sa vie d’alors alterne entre dures ascensions, par tous les temps, et entraînements.

L’aigle sans orteils est une magnifique histoire d’un homme prêt à tout, et même à risquer sa propre santé, pour accomplir son rêve.
Une histoire teintée de nostalgie. D’une part pour le caractère historique qu’elle revêt, et d’autre part parce que tout amateur du Tour de France a un jour entendu parler des premiers grands champions. Que dire par exemple des idoles de l’auteur : Federico Bahamontes le roi de la montagne, Jacques Anquetil, Louison Bobet et bien d’autres…
Ma jeunesse a été bercée par le Tour. Tous les étés, lorsque j’allais chez le tonton dans les Pyrénées, c’était le rituel du mois de juillet. Je me souviens encore très nettement du règne de Miguel Indurain avec son équipe Banesto, puis de l’envol de la fusée Armstrong, sûrement le plus fort souvenir de vélo que je garde en mémoire, alors qu’il rattrapait puis doublait Ian Ulrich sans que ce dernier ne puisse suivre la cadence. Depuis, il y a eu tellement d’histoires de dopage que le vélo a perdu de sa superbe. On évoque la triche avec tellement de facilité qu’on en occulterait presque le fait que le cyclisme est difficile et ingrat, sans conteste la plus ardue de toutes les disciplines sportives.

J’ai aimé l’histoire de cet homme qui représente le passé, qui a tout donné pour sa passion, pour son rêve. Un homme juste et droit, comme on en fait plus aujourd’hui. Un homme qui inspire le respect et qui transpire la bravoure.
Une belle aventure sur laquelle je n’ai qu’un seul regret, celui d’y trouver une fin si abrupte.

 

Badelel

Badelel

L’aigle sans orteils est une bande dessinée sur le cyclisme. Plus précisément sur le Tour de France. Ceux qui me connaissent savent le peu d’attachement que je porte aux sports et compétitions médiatiques, mais heureusement pour cette BD, on a omis de m’indiquer le sujet. On la faisait pour K.BD, la raison m’a donc semblé suffisante, d’autant que je n’ai pas de temps à perdre dans des préoccupations aussi futiles que celle de se renseigner sur le sujet de la bande dessinée que l’on va lire.
Ah si, je me doutais que ça parlerait de sport, vu que c’était le thème.

En plus, les couvertures de Aire Libre sont toujours aussi engageantes. Donc concrètement je n’aurais sans doute jamais ouvert cette BD en temps normal.

Bon ben heureusement que je ne me suis pas renseignée au préalable, car j’aurais sans doute manqué une lecture fort divertissante aux parfums de nostalgie. Le Tour de France des années 1910 n’a clairement pas la même image de celui qu’on connaît aujourd’hui. Pas de dopage, pas de pompe à fric, pas de caravane. Seulement des hommes qui donnent toutes leurs tripes dans une épreuve au-delà de l’humanité.
Une belle leçon de vie avec en toile de fond le combat que certains (en tous cas certainement pas moi !) sont capables de mener contre leurs propres limites. Le Tour de France ne serait ici qu’un prétexte si l’auteur n’y affirmait pas en préambule sa passion pour ce défi à deux roues.

L’aigle sans orteils est une histoire de caractère et de force d’âme, de lutte contre sa propre faiblesse et contre les terribles forces de Dame Nature et de la Loi de Murphy. Avec un final qui vous plombe un clown.

Le gros plus de cette BD ? Ses couleurs. Elles viennent renforcer le côté rétro de l’ambiance grâce à une savante association des teintes.

Mais bon, si vous deviez me poser la question, je vous répondrais que non ce n’est pas un coup de cœur. C’est en revanche un très bon moment de lecture et de détente.

roaarrr

– Prix du Jury Œcuménique 2006

L’aigle sans orteils (One shot)
Scénario : Christian Lax
Dessin : Christian Lax
Édition : Dupuis 2005
La présentation de l’album sur le site de l’éditeur.
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Une réflexion sur “L’aigle sans orteils

  1. Lunch dit :

    Par Mo le 18/07/2012 :

    Je disais donc, vu que mon comm’ a été mangé par le site, que de vous deux, c’était finalement Badelel qui me donnait le plus envie d’aller voir par moi-même de quoi il en retourne. Son scepticisme avant lecture, son franc-parler pour formuler son ressenti…
    Bref, vos deux chroniques se complètent parfaitement.

    Par Lunch le 19/07/2012 :

    Désolé pour les bugs, mais ouf : c’est réparé.

    C’est vrai que Badelel, qui n’attendait rien, a été plus enthousiaste que moi, même si ce n’est pas pour elle un coup de cœur.

    J'aime

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