La Lionne #1 : Pedicabo ego vos et irrumabo

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11 avril 2012 par Lunch

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Lunch

Pedicabo ego vos et irrumabo
Bon, moi qui n’ai jamais fait de latin, je me suis quand même dit : Attends, la langue française a quand même une base latine ! Je ne connais certes pas grand chose au latin mais je dois pouvoir essayer de déchiffrer ce titre…
Au final je me suis arrêté à un vague Mon pied de chien… sans être capable ni de savoir si j’avais raison (et j’en doutais sincèrement) ni de déchiffrer la suite. Bref, il me faudrait lire la BD pour tenter de comprendre cette phrase, mais vu que c’était le but que je me fixais au départ, ce n’était pas bien grave.

Je peux du coup désormais vous donner la véritable traduction. Oreilles chastes s’abstenir (et si c’est votre cas passez directement à un autre album car celui-ci n’est pas pour vous) : « Je vous enculerai et me ferai sucer. »
J’espère que les moteurs de recherche ne s’affoleront pas vers ce blog après cette malencontreuse citation, qui n’est nullement ma prose mais de celle d’un certain Catulle, poète romain s’il en est, célèbre pour ses vers d’un genre nouveau. Car à l’époque où la plupart des poètes se tournaient vers la gloire des Anciens et des Dieux, lui et quelques autres (que la postérité aura oublié) ont cherché à conter des faits plus personnels. Catulle fut même le premier à narrer sa passion amoureuse, dans une période où avoir des sentiments pour une femme était dégradant, où les orgies étaient légion.
Le vers en question est tiré de l’une de ses œuvres les plus controversées, Carmen 16, poème érotique et surtout très vulgaire. Catulle était cependant un très grand poète, ouvert aux vers raffinés ou aux critiques les plus acerbes, notamment envers Jules César qu’il a côtoyé.

Passé ce trait d’Histoire, essayons de percer le fil de l’histoire avec un petit « h ».
Nous sommes donc à Rome du temps Catulle et sous le règne de l’Empereur Auguste. Un règne en déclin car la ville est en proie à une terrible peste noire. Les citoyens, s’ils ne crèvent pas dans les rues sales et nauséabondes de la capitale italienne, assouvissent leurs meurs les plus dépravées dans des tavernes lubriques en d’innommables orgies jusqu’au lever du jour.
Dans cette ambiance glauque et obscène, une prostituée de luxe nommée la lionne attire toutes les convoitises. Grec, juif ou romain, du bouseux au noble, ils rêvent tous d’une nuit avec elle. Mais la lionne est inaccessible et n’appartient plus à Catulle. Désormais, c’est le Consul Publius Afranius qui l’aura pour lui seul !

Une histoire qui met en scène le sexe dans toute sa splendeur. Pas de voile, juste du plaisir et de la bestialité. Pour être franc, je m’attendais à une lecture plus savoureuse. Laureline Mattiussi était parvenue à donner une fougue incroyable à une piratesse à l’appétit vorace dans L’île au poulailler. Mais ici, si son graphisme demeure toujours aussi atypique et agréable, tout en rondeur et en fausse simplicité, je me suis ennuyé. C’est surtout le récit que je remet en cause, non pas qu’il soit dénué d’intérêt, mais je lui trouve une fadeur que n’avait pas le diptyque marin. La faute à une trame scénaristique qui se met en place lentement, quasiment sur la conclusion de ce premier opus.
Oui, je lirais probablement la suite, parce que je reste persuadé que le duo d’auteurs à quelque chose à dire et je veux savoir quoi. Qui plus est, le lieu et l’époque de l’action m’intéresse. J’espère seulement qu’il ne faudra pas attendre le troisième et dernier tome de cette série pour ressentir nous aussi ce petit frisson.

La Lionne #1 : Pedicabo ego vos et irrumabo
Scénario : Sol Hess
Dessin : Laureline Mattiussi
Édition : Treize étrange 2012
La présentation de l’album sur le site de l’éditeur.
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Une réflexion sur “La Lionne #1 : Pedicabo ego vos et irrumabo

  1. Lunch dit :

    Par jerome le 11/04/2012 :

    J’ai beaucoup aimé cette lecture décapante mais comme toi je regrette que l’histoire démarre vraiment à la dernière page. A suivre, donc…

    Par Lunch le 11/04/2012 :

    C’est sûr que c’est décapant.
    Et oui, je suis frustré que l’histoire n’ait pas démarré plus tôt. Maintenant, pour avoir suivi le travail de Laureline Mattiussi sur l’île au poulailler, j’ai envie de croire à quelque chose de plus profond que ça. Je ne connais pas Sol Hess mais l’auteure avait l’air d’être heureuse de travailler avec lui lorsque je l’avais rencontrée avant la sortie de l’album, qu’il lui préparait une histoire alléchante.
    Le fait que le récit soit déjà encadré sur 3 tomes me laisse à penser que c’est le cas, et que le tome 2 en vaudra la chandelle. Dans tous les cas, attendons.

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