Julia & Roem

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16 décembre 2011 par Lunch

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Lunch

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Au moment du « Coup de sang », Roem et Merkt faisaient des photographies et de la musique du côté espagnol des Pyrénées. Pourtant, les voilà maintenant à errer sur une route dans le désert de Gobi – lui-même flottant sur la mer Baltique – au bord de la déshydratation. L’un rêve d’un séjour au pôle nord, bien loin de la chaleur ambiante. L’autre aimerait vivre une dernière histoire d’amour, celles avec un grand A, avant de mourir. Ils finissent par stopper leur marche vers nulle part, vaincus par la soif.
C’est finalement Howard Georges Lawrence, aumônier militaire de métier, qui les retrouve inanimés et qui sauve les deux hommes d’une mort certaine.
Un peu plus tard, ils tomberont sur cet immense hôtel à la construction inachevée, peut-être originaire d’Abu Dhabi. Le « Coup de sang » avait tout déréglé, tout mélangé. On pouvait presque sentir la route onduler sous la houle et le ciel gris toucher la terre en cendres. Les communautés étaient trop rares pour être évitées, les refuges convoités. Et cet hôtel là était habité !

Un nouvel album d’Enki Bilal est un peu comme un événement pour moi. J’éprouve toujours une grande joie de découvrir la suite de son œuvre, et avec la très grande objectivité qui caractérise le fan de l’auteur que je suis, je vais tenter de faire une chronique tout à fait objective (Hum, j’ai déjà employé deux fois le qualificatif « objectif »… ah non tiens, trois ^^).

Tout d’abord, Julia & Roem c’est la suite d’Animal’Z sans vraiment l’être.
La suite parce que c’est le même univers développé, avec ce « Coup de sang », véritable cataclysme climatique qui a touché notre Terre, mais aussi avec l’ambiance graphique morne et grise qui traduit ce dérèglement.
Pas la suite parce que rien ne relie les personnages d’Animal’Z à ceux de Julia & Roem. Dans le premier volet de cette série (trilogie ? tétralogie ?) qu’on pourrait allègrement appeler « du Coup de sang », les hommes avaient de nombreux attributs bioniques, s’ils n’étaient pas carrément le fruit d’expériences génétiques douteuses. Ici, nous avons affaire à des hommes et des femmes ni plus ni moins… et c’est déjà pas si mal !
Évidemment, Julia & Roem poursuit son voyage au cœur d’un monde – notre monde – pourri par les effets d’une catastrophe naturelle. Mais Enki Bilal ne pousse pas cette fois (ou en tout cas nettement moins) la réflexion sur nos actes du quotidien et sur les inventions actuelles qui révolutionneront le monde de demain… qui je l’espère, sera moins gris que celui-là.
Stoppons là toutes ces comparaisons, car Julia & Roem est foncièrement différent sur le fond d’Animal’Z !

Car si nous évoluons dans le même univers, il ne s’agit pas du tout de la même thématique !
Roem, Merkt, Julia, Tybb, Lawrence, Parrish… ces noms n’évoquent pas grand chose individuellement mais en les mettant côte à côte, on en vient à en imaginer d’autres : Roméo, Mercutio, Juliette, Tybalt, Laurence, Pâris
Vous ne rêvez pas : Enki Bilal a voulu revisiter la pièce de jeunesse la plus célèbre du répertoire de Sir William Shakespeare : Roméo et Juliette.
Tout le monde connaît au moins de nom cette pièce de théâtre, la plupart auront en tête le terrible dénouement de cette tragédie. Reste à savoir comment l’auteur s’y prend et vers quelle fin il souhaite nous mener. Toujours est-il que les ingrédients sont là et qu’ils ne demandent qu’à s’émanciper.

J’ai pour ma part trouvé une certaine ingéniosité au récit alors que l’entrée en matière n’avait pas franchement fait mouche. C’est donc avec l’intérêt grandissant que j’ai dévoré cette lecture. Au fil de l’album, les répliques Shakespeariennes se dessinent, elles naissent dans la bouche des personnages qui ne savent pas vraiment ce qui leur arrive. Chacun joue plus ou moins son rôle, tout en ayant conscience ou non de cette (rigolote) mascarade.

« Sa beauté était suspendue à la face de la nuit comme un riche joyau à l’oreille d’une éthiopienne. Beauté trop précieuse pour la possession, trop exquise pour la Terre… »

Oui mais…
J’ai en revanche toujours autant de mal à accrocher à cette ambiance graphique grise. De même que ces encarts textuels pour faire parler la voix-off de Lawrence : typologie mal choisie probablement.
Bon, certes, c’est pas le meilleur Bilal, j’en conviens. Si vous voulez vraiment découvrir l’auteur, lisez plutôt la Trilogie Nikopol ou les excellents albums issus de sa collaboration avec Pierre Christin : Les phalanges de l’Ordre Noir ou Partie de chasse pour ne citer que ceux-là.
Mais bon, en toute objectivité, j’ai vraiment passé un très bon moment. Ça me donnerait presque envie de lire Roméo & Juliette. Moi qui fait du théâtre, c’est quand même un comble que je ne l’aie pas encore lue cette pièce, au moins pour ma culture générale.

Julia & Roem (One shot)
Œuvre originale (Théâtre) : William Shakespeare
Scénario : Enki Bilal
Dessin : Enki Bilal
Édition : Casterman 2011
La présentation de l’album sur le site de l’éditeur.
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Une réflexion sur “Julia & Roem

  1. Lunch dit :

    Par Yaneck le 17/12/2011 :

    Marrant, je le proposerai bientôt, cet album, moi aussi

    Par Lunch le 17/12/2011 :

    Seras-tu aussi objectif que moi ? 😀

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