Un amour de marmelade

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10 décembre 2011 par Lunch

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Lunch

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Lutétia est une ville à deux visages. Il y a d’un côté la cité nouvelle, le symbole du pouvoir et de l’avenir, le fleuron d’une architecture contemporaine où le métal côtoie la pierre. Et de l’autre la vieille ville, le Paris d’un passé lointain, avec ses fantomatiques bas-fonds ravagés par la guerre et submergés par un brouillard incessant, là où vivent les laissés pour compte.
Deux visages, c’est aussi le cas de celui que les journaux appellent Marmelade : un être vert et informe, une créature qu’on dit démoniaque, un assassin recherché pour de nombreux crimes. Lui, clame son innocence et dit s’appeler Louys Cazaviel, chercheur disparu depuis près de six ans et victime de son invention : le Mélakron, une substance aux étonnants pouvoirs régénérants, imputrescible, inoxydable et ininflammable.

Comme souvent lorsqu’on se rend en librairie, il y a les livres qu’on vient chercher parce qu’ils sont dans nos petites listes, parce qu’on avait repéré leur sortie. Et il y a les livres qui nous attirent par leur bel aspect, par leur consistance, leur titre ou leur couverture.
Un amour de Marmelade fait parti de ces derniers. Un beau livre sur tous ces aspects, mais aussi le fruit du travail d’un auteur que les bédéphiles n’auront sans doute pas oublié. Car Olivier Supiot a déjà été récompensé en 2003 par l’Alph-Art du dessin lors du très reconnu festival d’Angoulême, pour son album Le dérisoire, sur un scénario d’Éric Omond. Vous comprendrez donc aisément que la recette fonctionne toujours à merveille, et que l’ambiance dépeinte par Olivier Supiot, cette fois-ci auteur à part entière, sur Un amour de Marmelade est tout simplement sublimée par une couleur directe digne d’un peintre impressionniste.

Le scénario, lui, n’a franchement pas la profondeur de celui du Dérisoire. L’histoire est plutôt correcte mais elle manque un peu de fond. On aurait par exemple aimé en apprendre plus sur Blanche Noyant, l’acolyte de Marmelade. Peut-être aussi aurait-on apprécié aller moins vite, prendre plus de temps pour la contemplation de l’œuvre, pour en apprécier les moindres illustrations et pourquoi pas sur plusieurs tomes, en détaillant des souvenirs ou d’autres péripéties, ce qui aurait eu tendance à vraiment nous assommer sur la conclusion du récit je pense. L’album fait pourtant 120 pages mais on a cette malencontreuse impression que tout va trop vite. Et c’est bien dommage.

C’est dommage car je pense qu’il y avait largement la place pour développer, pour affiner les caractères des personnages et la situation du récit dans ce Paris steampunk ravagé par la guerre.
D’autant plus qu’Olivier Supiot met en scène des protagonistes qui n’ont rien à envier aux super-héros des comics américains. Ils ont chacun leur pouvoirs, à l’image de Marmelade et de son Mélakron qui le rend quasi-indestructible et qui lui permet d’allonger ses membres à la manière de l’homme élastique. Les pouvoirs de Blanche pourraient d’ailleurs être assimilés à ceux de la femme de l’homme élastique, la femme invisible, dans les quatre fantastiques, puisqu’elle peut traverser la matière. Mais on comparera plutôt ses capacités à Shadowcat dans l’univers des X-Men.
Moi qui ne suis pas un grand fan des super-héros en slip et collants, Olivier Supiot parvient à nous captiver avec un personnage comme Marmelade, qui a le même type d’aptitudes mais qui, en plus, a tout simplement la classe d’un gentleman.

Bref, c’est un bon album, il y a dedans de très bonnes choses et c’est superbement dessiné. Je suis juste un peu frustré du manque de profondeur du récit. Car je me serais volontiers plié à une lecture assidue durant de nombreuses années à vivre les trépidantes aventures de Marmelade, le gentleman « assassin » !

Un amour de marmelade (One shot)
Scénario : Olivier Supiot
Dessin : Olivier Supiot
Édition : Glénat 2011
La présentation de l’album sur le site de l’éditeur.
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Une réflexion sur “Un amour de marmelade

  1. […] en parle sur les blogs : Des galipettes entre les lignes, Le blog des boggans, Bedea Jacta Est, Antre de […]

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