Eco #2 : La bête sans visage

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29 novembre 2011 par Badelel

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Lunch

Lunch

Les souvenirs sont cruels… Facétieux, ils nous jouent de bien vilains tours, ravivant à nos mémoires des scènes que nous souhaitions oublier.
« Tu ne sortiras pas de table avant d’avoir fini ton assiette, Éco ! »
Des têtes à têtes avec ses repas, combien d’entre nous l’ont vécu durant l’enfance ? Pour Éco, ce n’est pas qu’un souvenir, c’est un véritable cauchemar : sa mère hystérique qui la gave comme une oie, enfonçant ses ongles dans sa chair de jeune fille.
En sueur, des feuilles collées sur ses joues, elle se réveille enfin de cet horrible vision. La forêt lui est toute acquise, à elle qui a fui le domicile familial. Avec ses quatre compagnons peluches, elle part à la recherche de la Princesse des nuages.

Guillaume Bianco et Jérémie Almanza reviennent avec deuxième tome, et non le dernier, d’Éco, qui retrace la petite aventure de cette petite fille au bonheur déchu. Elle qui avait tout pour être heureuse – sans l’être vraiment – dans la maison Schaklebott a vu son destin brisé le jour où elle a déçu ses parents et causé la perte du prestige familial.
Ses sentiments de solitude et de délaissement se sont vus amplifiés par le mépris et la folie de ses parents, et en particulier de sa mère. La fuite était donc la seule issue pour Éco, persuadée que sa génitrice était à l’origine de sa transformation, qu’elle lui avait lancé une malédiction.

Dans ce second opus nous partons avec l’héroïne et ses quatre compagnons d’infortune dans un beau voyage, loin des malfaisances parentales. Si l’aventure séduit par l’ambiance omniprésente du conte, nous ne pouvons nous empêcher de porter sur le récit notre regard d’adulte. Cette fuite en avant de la fillette évoque avec beaucoup d’images la transformation de la femme, qui un matin pose ses yeux dans son reflet et s’aperçoit qu’elle a grandi. Le réflexe adolescent voit peut-être en premier lieu la tourmente du père et de la mère qui, de par l’éducation qu’ils apportent, peuvent jouer le rôle des persécuteurs. De ce fait, Éco se renferme peut-être sur elle-même et se projette dans ce conte onirique pour mettre des mots sur sa mutation. Et nous, on a quand même un peu l’impression que ce beau voyage n’est que prétexte, et qu’Éco se réveillera chez elle en même temps qu’elle ouvrira ses yeux sur sa nouvelle féminité.

L’entrée en matière, dans le premier tome, m’avait surpris car je ne m’attendais pas du tout au sujet du livre. J’ai cependant été conquis par sa suite, qui développe un récit rythmé tout en abordant le thème de la sexualité féminine de belle manière. Il faut dire que les illustrations de Jérémie Almanza sont toujours aussi belles et envoûtantes, et aident à se plonger dans le cadre fantastique de l’histoire.
En revanche, si les références (Grimm, Perrault, La Fontaine, …) de Guillaume Bianco présentes dans les extraits qu’il propose à chaque début de chapitre sont adaptées aux plus jeunes, ce n’est clairement pas le cas d’Éco. La mort y est abordée crument, le récit véhicule beaucoup de mélancolie et la transformation que vit la petite fille – qui en est de moins en moins une – aurait tendance à effrayer un enfant. Je ne saurais cependant donne de conseil en matière d’âge requis pour cette lecture… des idées ?

La conclusion – et la probable prise de conscience – est prévu dans un troisième tome… Si le duo d’auteurs continue à ce rythme là, il faudra patienter à peu près deux ans !

Eco #2 : La bête sans visage
Scénario : Guillaume Bianco
Dessin : Jérémie Almanza
Édition : Soleil 2011
Voir aussi : Tome 1
La présentation de l’album sur le site de l’éditeur.
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Une réflexion sur “Eco #2 : La bête sans visage

  1. Badelel dit :

    Par jerome le 30/11/2011 :

    J’avais beaucoup aimé le 1er tome (mon avis ici : http://litterature-a-blog.blogspot.com/2009/12/eco-t1-la-malediction-des-schakelbott.html) et je crois bien que je vais me laisser tenter par le second.

    Par Lunch le 30/11/2011 :

    C’est plaisant à lire et d’autant plus à regarder. L’alchimie développée par le duo Bianco/Almanza opère à merveille.
    J’aime beaucoup le côté onirique « à la Tim Burton » qu’ils ont pris le parti d’explorer.

    Ma plus grande question demeure sur l’âge de lecture conseillé. Je ne saurais dire mais je ne donnerais pas a priori cette série à lire à un enfant d’au moins 10 ans. Mais je suis pas un spécialiste. Si quelqu’un a la réponse, je suis preneur ^^

    J'aime

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