James Bond (les origines) #1 : Silverfin

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10 novembre 2011 par Lunch

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Lunch

Lassé de la pêche en rivière, activité dans laquelle il excellait, un jeune homme, Alfie Kelly, prit le risque de braver la zone interdite du Loch Silverfin pour s’adonner à son petit plaisir. Malheureusement pour lui, les anguilles du coin sont plutôt du genre carnivores… son corps ne fut jamais retrouvé.
Pendant ce temps là, James Bond débarque à l’université d’Eton. Une école très réputée et fréquentée par le fleuron de l’aristocratie anglaise…

« Je me rappelle d’une fois, quand ton père et moi étions enfants… Nous avons essayé de rester éveillés toute une nuit. Ni lui ni moi n’avons réussi.
_ J’ai du mal à vous imaginer enfants, toi et papa.
_ Je me sens encore enfant, parfois… Jusqu’à ce que je me regarde dans un miroir. On dirait que j’ai cligné de l’œil et que toute ma vie est passée comme un éclair. Je suis juste un vieux bonhomme maintenant.
_ Mais non.
_ Si. Est-ce que tu as une idée de ce que tu veux faire plus tard ?
_ Peut-être explorateur. Ou espion, comme toi.
_ Oh ! Ils m’ont attrapé, tu sais. Juste une fois. Ils sont venus me chercher de nuit. De gros soldats allemands. Ils m’ont mis un sac sur la tête puis m’ont traîné à terre en pyjama. Ils ne m’ont pas très bien traité. Mais je ne leur ai rien dit.
_ Tu t’es enfui.
_ Évidemment… Personne ne peut retenir un Bond bien longtemps… Pas vrai ? James, si tu veux que je te donne un conseil… ne deviens jamais espion.
»

Silverfin est le premier album de la série narrant la jeunesse du plus grand espion de tous les temps : James Bond. Kev Walker, auteur de comics bossant pour Marvel ayant également illustré quelques cartes de Magic et divers jeux de rôles, a décidé d’adapter en bande dessinée le roman de Charlie Higson paru en 2005. La bande dessinée, elle, a été sélectionnée pour les Will Eisner Award (adaptation d’un autre) en 2011, mais est repartie bredouille.

La première chose qui frappe en commençant la lecture, c’est le sens du cadrage que développe l’auteur. On ressent tout de suite la touche qui caractérise le genre cinématographique. Le romancier y est peut-être pour quelque chose, étant donné qu’il est aussi scénariste, producteur et acteur. Toujours est-il que le storyboard sent bon le 7ème art et qu’on ne serait pas étonné de voir un jour ces titres repris sur grand écran (d’autant que les œuvres estampillées Fleming ne courent plus les rues et que c’est la société Ian Fleming Publications elle-même qui a commandé les romans à Charlie Higson).
Je n’ai rien à redire sur la forme de cet album. Kev Walker y a mis tout son savoir faire, développant un comics au récit limpide dans lequel les flashbacks savamment dosés alternent avec les scènes du présent. Le dessin est précis, les décors fouillés et les couleurs collent parfaitement au rythme de la narration.

Si je suis plutôt satisfait de l’album d’une manière générale, de son intrigue et de sa mise en forme, je reste tout de même sur ma faim. La raison n’est pas forcément à imputer à Kev Walker, qui je pense a fait un bon travail d’adaptation, mais plutôt à l’auteur du roman Charlie Higson. Je ne suis pas vraiment entré dans le récit du fait qu’il portait cette étiquette James Bond ! OK, c’est une idée intéressante à développer que de parler de la jeunesse de ce héros mythique, mais elle manque cruellement de profondeur. Car ce Bond là n’a rien de l’espion charmeur et piquant qu’on aime tant. Le bonhomme n’est pas souriant et surtout on ne parvient pas à reconnaître en lui l’homme au service secret de sa majesté qu’il est censé devenir lorsqu’il sera adulte.

Ian Fleming en grincerait-il des dents s’il était encore vivant ?

James Bond (les origines) #1 : Silverfin (One shot)
Œuvre originale (Roman) : Charlie Higson
Scénario : Kev Walker
Dessin : Kev Walker
Édition : Casterman 2009
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3 réflexions sur “James Bond (les origines) #1 : Silverfin

  1. Lunch dit :

    Par Yaneck le 11/11/2011 :

    Est-ce qu’il ne collerait pas, ce personnage, avec le Bond joué Par Craig sur les derniers films ?

    Par Lunch le 11/11/2011 :

    J’avoue que j’ai pas vu les derniers James Bond et que je suis un peu nostalgique de Sean Connery et Pierce Brosnan.

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  2. […] bon les trépidantes aventures avec son panaché de scènes d’actions, de Bob Morane à James Bond, et le contenu fait irrémédiablement penser à… Tintin ! L’auteur, qui n’avait […]

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  3. […] Crocker. Ils œuvrent de concert pour le pays et pour les beaux yeux de Sa Majesté. Des copains de James Bond en somme. Parmi ces vigies figurent Tom Wallace (le chef de section), Tara Chace (une femme […]

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