Abélard #2 : Une brève histoire de poussière et de cendre

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9 novembre 2011 par Lunch

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Lunch

Lunch

Abélard et Gaston poursuivent leur petit bonhomme de chemin ensemble. Malgré leurs différences notables, ils forment un duo attendrissant et complémentaire, le plus ronchon contrebalançant l’extrême naïveté d’Abélard, le jeune poussin apportant un peu de gaieté dans l’univers de cet éternel désabusé qu’est Gaston.
Ils font fi des épreuves et avec abnégation finissent par apprendre l’un de l’autre, par tout simplement s’apprécier, en même temps que nous nous attachons aux deux personnages nous aussi.

« « Les fruits de l’amitié »… j’aime bien cette expression. Je trouve ça joli.
_ C’est niais, je te dis. L’amitié, c’est du flan. Moi, ma philosophie de la vie, je ne la tire pas d’un chapeau de clown. Je la tire de mon expérience. Et mon expérience, elle me dit que les amis, ce sont des parasites qui sont là quand tout va bien et qui disparaissent au premier coup dur. Mon expérience, elle me dit que, quand tout s’écroule autour de toi, la seule personne sur qui tu peux vraiment compter… c’est toi.
»

Le tome 2 clôt ce diptyque d’une très belle façon. De manière triste aussi – mais ça nous le sentions venir dès le premier volet et l’intervention de cette diseuse de bonne aventure qui n’avait pas eu le courage de briser les rêves du jeune aventurier – sans pour autant définir dans quel sens le vent tournerait.
Ce qui fait la force de cet album c’est bien entendu l’indéfectible amitié que nous voyons se former sous nos yeux. Ce sont aussi les échecs de ce garçon plein d’espoir qui claquent comme de violents uppercuts dans le foie.
Chose incroyable, tout ce que les auteurs construisent dans le tome 1, et renforcent au début du second volume, est complètement balayé ensuite.
C’est très beau et à la fois tellement décevant. Je parle pas du récit mais au contraire de ces sentiments qui ont été développés et qu’on avait finalement envie de croire jusqu’au bout. La naïveté d’une personne qui est si touchante et qui déstabilise tout le monde tellement la réaction surprend. Et puis toutes ces confrontations avec la rudesse de la vie et des gens, avec la connerie humaine qui, inexorablement – et malheureusement – gagne à la fin…

Oui, Abélard est un album fantastique. Lisez les deux tomes d’une traite, sans vous arrêter : ils sont inséparables ! D’ailleurs, c’est à se demander si l’éditeur n’a pas fait exprès de scinder le récit en deux pour améliorer ses bénéfices, au détriment de la forme. Je dis ça, parce qu’en prime, les deux tomes sont parus la même année, à seulement deux mois d’intervalle… une belle connerie ! J’aurais dû me laisser tenter par l’intégrale qui sort ce mois-ci (oui oui, seulement deux mois après le second opus), même si elle est un peu plus onéreuse, au moins le récit aurait été entier.

Ne finissons pas sur cette note négative : Abélard est magique. Les auteurs parviennent à nous captiver, à faire vagabonder nos esprits vers un ailleurs utopique. On voyage, on est séduits, on est emballés même, et on se pose des questions qu’on ne s’étaient jamais posées.
Et puis… avouons-le, ça décoiffe !

Badelel

Badelel

Un tome 2 résolument différent du premier ! En fait, les teintes des couvertures en disent long sur l’ambiance. Autant le tome 1 est innocent et réjouissant, autant le tome 2 est profondément triste. Les couleurs de l’album elles-mêmes évoluent vers quelque chose de plus sombre à mesure qu’on avance dans l’histoire.

En tous cas c’est un album beau et poignant, le genre d’histoires qui vous écrasent le cœur. J’ai eu envie de mettre une rouste à ces mauvais personnages qui font du mal à notre héros, j’ai eu envie de prendre Abélard dans mes bras, j’ai eu envie de le secouer pour l’aider. Décidément on s’attache à ce petit bonhomme au cœur trop pur.

A la réflexion, il y a quelque chose de Disney : les bons d’un côté, les méchants de l’autre. Certains pourraient *peut-être* y trouver un manque de profondeur, moi j’ai juste trouvé une grande simplicité à cette histoire, au sens positif du terme. Une très belle histoire, servie par un dessin d’une grande douceur et des personnages très expressifs (toujours cette qualité dans l’anthropomorphisme), et toujours ces couleurs d’une très grande qualité.

Bref, j’ai a-do-ré !!!

Abélard #2 : Une brève histoire de poussière et de cendre
Scénario : Régis Hautière
Dessin : Renaud Dillies
Couleurs : Christophe Bouchard
Édition : Dargaud 2011
Voir aussi : Tome 1
La présentation de l’album sur le site de l’éditeur.
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Une réflexion sur “Abélard #2 : Une brève histoire de poussière et de cendre

  1. Lunch dit :

    Par Choco le 10/11/2011 :

    Comme votre enthousiasme me fait chaud au coeur ! Le découpage en 2 tomes ne me choque pas mais le coffret sera un beau cadeau pour noël ! 🙂

    Par jerome le 17/11/2011 :

    Le coffret vient de sortir et il est superbe : http://litterature-a-blog.blogspot.com/2011/11/abelard-le-coffret.html

    Par Lunch le 17/11/2011 :

    Yep, j’aurais dû l’attendre, tant pis ^^

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