Doomboy

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26 octobre 2011 par Lunch

doomboy

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Lunch

D est un adolescent à la mèche rebelle. Amateur de Métal avec ses potes Spaghetti et Sepelium et guitariste moyen à ses heures, il semble plutôt désabusé alors qu’ils vont ensemble voir le concert de ce fameux Trevor que tout le monde adore.
Alors qu’il coupe par son raccourci habituel en rentrant chez lui le soir, le vent, farceur, s’emmêle dans ses pieds et le déstabilise… le premier d’une longue série de phénomènes climatiques étranges. À peine rentré à la maison, sa mère lui apprend le décès de sa copine Anny.

Doomboy est l’un des deux derniers des albums de Tony Sandoval de ce mois de septembre 2011, avec Les échos invisibles qui paraissait exactement en même temps. S’il est uniquement scénariste sur le second, il est bien auteur à part entière sur Doomboy, avec une thématique toujours commune, et chère à Tony Sandoval, qu’est la mort.
Déjà dans ses albums précédent, que ce soit Le cadavre et le Sofa ou Nocturno, elle était bien présente.
Mais Doomboy c’est aussi et surtout un récit qui nous amène dans le monde du Métal. D’ailleurs, il s’intègre dans le même univers que Nocturno puisqu’il est question, lors d’une discussion anecdotique entre adolescent, du légendaire Seck – qui rappelons-le, jouait de la guitare comme un dieu avec ses six doigts.
L’intérêt de cet album réside dans la transformation de son héros, qui devient au fil du récit le fameux Doomboy. Ainsi ce petit guitariste de troisième zone se retrouve transcendé par son amour perdu et laisse exploser toute sa rage et sa passion dans sa guitare, le seul moyen qu’il a pour s’exprimer.

Pour développer son récit, Tony Sandoval se sert de nombreux éléments fantastiques qui viennent déborder dans la réalité, comme il l’avait fait sur Nocturno. Si bien qu’on se demande parfois si tout cela est bien vrai, quelle part de vérité se cache dans un nuage ou chez cette petite fille vendeuse d’étoiles (et de rêve ?).
Une histoire Rock’n’roll pleine de mélancolie, d’évasion et de détresse. La musique a cela de bon qu’elle permet d’extérioriser ce qu’on a de plus profondément coincé dans le cœur. Quoi de plus expressif que les traits de Tony Sandoval pour exprimer cette explosion de sentiments ?

Si le récit développe un message fort, j’ai aussi trouvé qu’il s’éparpillait parfois plus que nécessaire.
Le personnage de Spaghetti par exemple – mais où va-t-il chercher ses noms ? – une grande baraque à muscles fan de Métal, est homosexuel. On a l’impression que l’auteur souhaite dire quelque chose (que l’homosexualité touche tout le monde ?) mais il ne donne pas suffisamment de profondeur à son personnage. De même, c’est une certaine Mina qui vient raconter l’histoire pour mieux servir la sienne. Mais j’ai trouvé que ses interventions cassaient bien souvent le rythme de la narration, alors que les sessions musicales de Doomboy, illustrées magnifiquement par ces vibrations qui sortaient des tripes sur tonalité d’orages, suffisaient à elles-mêmes.

Je ne voudrais pas rester sur une mauvaise note pour clore cette chronique, alors que j’adore le travail de Tony Sandoval et qu’il y a des choses tellement bonnes dans cet album. Alors laissons Doomboy s’exprimer un peu :
« Tu te rappelles d’Anny ? Ben c’était ma meuf. Ben elle est morte. C’est arrivé il y a genre quatre mois, alors je souffre un peu moins maintenant. C’est juste que de temps en temps j’ai pas envie de causer. »

OK D, c’est pigé ! Je me tais moi aussi du coup, juste le temps de vous dire que si vous avez aimé Nocturno, foncez sur Doomboy, vous devriez accrocher aussi !

Doomboy (One shot)
Scénario : Tony Sandoval
Dessin : Tony Sandoval
Édition : Paquet 2011
La présentation de l’album sur le site de l’éditeur.
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2 réflexions sur “Doomboy

  1. […] que j’ai préféré parmi les sorties de l’année de l’auteur, malgré un bon Doomboy. Je le classe dans le haut de la pile, avec Le cadavre et le sofa. Une histoire onirique dont seul […]

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  2. […] on apprécie tout autant Tony Sandoval (Nocturno, Le cadavre et le sofa, Doomboy, Les bêtises de Xinophixerox, etc.) pour son style que pour sa sympathie (toujours abordable, […]

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