Le combat ordinaire #2 : Les quantités négligeables

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16 septembre 2011 par Lunch

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Lunch

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L’arrivée d’Émilie dans sa vie lui apporte beaucoup. Marco s’est depuis repris en main, il retrouve chaque jour de plus en plus goût à la photographie, il rend régulièrement visite à ses parents, à son frère…
La photo, il décide de ne plus jamais faire d’expositions sur les guerres, mais plutôt que redécouvrir sa passion sous un angle neuf, en donnant vie aux ouvriers de l’atelier 22. Un lieu important pour lui, car son père y a travaillé toute sa vie et il connaît chaque personne là bas… des gens qui bossent dur chaque jour pour une vie de misère, pour un job qui risque de disparaître…

Après un tome 1 prometteur, Manu Larcenet nous enfonce de plus en plus dans le quotidien de cet homme qui essaie tous les jours de lutter corps et âme contre tous ses démons : son travail, sa famille, les psy, ses collègues, les moyens de transports… il y en a tant !
Pour s’en sortir, on peut dire qu’Émilie chamboule pas mal de choses dans sa vie. On voit bien qu’il a grandi le Marco, qu’il murit à son contact… on voit bien aussi qu’il a besoin de son épaule…

Manu Larcenet est très fort, il parvient à nous emmener du rire aux larmes en une page, en une case. L’art et la manière de plomber l’ambiance en un temps record, puis petit à petit, alors qu’on retrouve le goût des choses, qu’on sourit aux petits bonheurs de la vie, voilà qu’on est de nouveau sous le choc d’une triste nouvelle.
La vie est rude, et c’est aussi le cas de ces ouvriers de l’atelier 22 pour qui Marco consacre une exposition. L’occasion de renouer avec le passé, mais aussi de rencontrer de grands artistes… ce qui permet aussi de se rendre compte que les personnes qu’on croit au-dessus parce qu’elles font des choses merveilleuses peuvent être aussi talentueuses que connes.

« J’ai souvent confondu l’artiste et son œuvre…
Ce n’est que grâce à la psychanalyse, par étapes successives, que j’ai vaguement pu dissocier les deux : on peut être un grand artiste et un sale con…
On peut faire des choses très belles en étant soi-même assez moche. On peut saisir toute la beauté du monde sur du papier mais n’en jamais faire partie…
C’est étrange : Comment peut-on être à ce point dépassé par ce qu’on fait ?
Mais si l’œuvre est meilleure que l’artiste, pourquoi ne l’améliore-t-elle pas ?
La main frôle le divin quand les pieds pataugent dans la médiocrité…
Que l’on préfère l’un ou l’autre, le messager et le message ne se fondent peut-être jamais…
Mon boucher est un bonhomme abominable, mais son jambon sec est un pur moment de bonheur… L’art et la charcuterie… »

Ça vous est jamais arrivé vous ? Savoir garder la distance entre l’œuvre et son auteur est une chose primordiale si l’on veut continuer à aimer ce qu’on a toujours apprécié. Certains ne savent pas le faire… je trouve ça dommage. Mais ça met toujours un claque quand on s’en aperçoit…

Manu Larcenet fait encore un travail magnifique sur cet album. La série se poursuit avec la même excellence. On est ravis et on est soufflés… on est heureux mais tristes aussi ! On dit que la vie est une succession d’épreuves. Diable qu’elle défile vite, il en faut du courage pour la regarder bien en face !

 

roaarrr

– Prix du jury Œcuménique 2005
– Prix Tournesol 2005

Le combat ordinaire #2 : Les quantités négligeables
Scénario : Manu Larcenet
Dessin : Manu Larcenet
Couleurs : Patrice Larcenet
Édition : Dargaud 2004
Voir aussi : Tome 1
La présentation de l’album sur le site de l’éditeur.
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