Mes voisins les Yamada

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3 septembre 2011 par Lunch

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Lunch

Mes voisins les Yamada nous emmène dans le quotidien d’une famille japonaise pas tout à fait ordinaire. Chaque page regroupe deux strips de quatre vignettes, qui se lisent de haut en bas – ce qui peut prêter à confusion le temps de se mettre dans le bon sens de lecture – illustrant chaque jour qui passe.
Un exercice de style pas forcément évident et qui se perpétue dans la durée, puisque chaque tome fait près de 350 pages. Mais ne cherchez pas à tout lire d’un coup, prenez votre temps et savourez.

Ces petites histoires paraissaient chaque jour dans le journal Asahi Shimbun.
Une forme de narration – appelée Yonkoma au Japon – que nous voyons souvent dans la bande dessinée Franco-Belge mais que nous n’avons pas l’habitude de voir en manga.
Alors oui, en France, ce genre d’histoires à caractère humoristique est courant. Mes voisins les Yamada reste tout de même un manga très différent.

Sur le ton d’une part, parce que nous sommes dans les petits tracas du quotidien d’une famille japonaise. Nous évoluons donc au milieu des informations nippones. Nous vivons avec eux la notoriété grandissante du football qui fait reculer la fièvre du baseball. Les matchs les plus regardés à la télévision restent les combats de sumo. Ils redoutent de ne plus pouvoir savourer de délicieux sushis à cause de la disparition du thon rouge. Ils suivent les cracks boursiers, gèrent à merveille les séismes, et développent une vision du monde bien à eux (la discussion entre le père et le fils au sujet de Pearl Harbor et de « l’héroïsme » – le fils évoquant plutôt le mot « suicide » – des japonais est excellente par ailleurs).

Et puis ce qui fait surtout tout l’humour de ce manga ce sont les personnages !
– Le père, Takashi, est un bricoleur du dimanche qui rate tout ce qu’il entreprend (et qui perd tous ses parapluies).
– La mère, Matsuko, ne cesse de se demander ce qu’elle pourrait bien faire à manger (ce qui n’est pas sans rappeler notre quotidien à nous ça, tiens ^^).
– Le fils, Noboru, préfère jouer ou regarder la télévision plutôt que de travailler à l’école. Le Noboru est même devenu une unité de notation dans sa classe (avoir un sous-Noboru c’est la loose totale).
– Nonoko est une petite fille naïve et innocente, mais quand même un peu maligne.
– Et puis il y a aussi Yamano, la grand mère, toujours débordante d’énergie, Pochi le chien amorphe, le frère propriétaire d’appartements et bien d’autres personnages encore.

Vous comprendrez qu’avec un tel cocktail, le contexte est idéal pour trouver des histoires rigolotes. Hisaichi Ishii le fait avec brio !

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Badelel

Voilà un genre de manga qu’il est assez inhabituel de rencontrer dans nos contrées occidentales en tant que parution. Il est pourtant suffisamment répandu pour avoir un nom (yonkoma) et des règles bien établies (4 cases en kishôtenketsu avec un rythme imposé). Certains yonkoma sont d’ailleurs de grands classiques au Japon, comme Sazae-san par exemple. Mais très peu ont été traduits en France, à moins de ne faire office d’intermède de l’auteur dans un recueil. Cette pratique est au contraire largement répandue : le mangaka se construit un personnage qu’il fait intervenir entre deux chapitres sous la forme d’un petit strip… en 4 cases…

Bref, vous ne trouverez, dans Mes Voisins les Yamada aucune case qui déborde (ou de façon très discrète seulement), ni d’onomatopée trop encombrante. Ces fameuses caractéristiques du manga s’effacent pour laisser place à un genre beaucoup plus « classique » (le strip reste très répandu dans les BD du monde entier).

Pour le sujet aussi, Mes Voisins les Yamada reste original par rapport au Shônen ou au Shôjo. Nous entrons de plein pied dans le quotidien d’une famille, et c’est bien connu, le quotidien, c’est barbant. Eh ben non ! d’une part, chez les Yamada, le quotidien est drôle. Le moindre repas devient l’objet d’éclats de rire (on a un peu tendance à s’y reconnaître, il faut dire…). Les relations familiales sont tendues et les caractères bien trempés. d’autre part, entrer dans le quotidien d’une famille japonaise, c’est le meilleur moyen de découvrir une culture et des références d’un pays qui, quoique très « fashion » reste assez obscur en Occident. Le mode de vie d’une famille japonaise moyenne y est décrit avec beaucoup de naturel (puisque le public visé est originellement japonais), tout en associant des références sportives, politiques ou historiques.

Certains pourront trouver les notes de bas de page un peu lourdes à force. j’ai pour ma part apprécié ce voyage au Japon affalée dans mon canapé, et j’ai beaucoup ri.

Mes voisins les Yamada (série terminée en 3 tomes)
Scénario : Hisaichi Ishii
Dessin : Hisaichi Ishii
Édition : Delcourt 2009
 
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Mes voisins les Yamada #1 : 10 octobre 1991 – 31 juillet 1993

Un premier opus qui relate tout de même 640 jours, du 10 octobre 1991 au 31 juillet 1993. Pas de quoi s’ennuyer à la lecture, dont voici quelques passages illustrant le contenu :

(Takashi) Je crois que j’ai attrapé froid. Tu as des médicaments ?
(Matsuko) _ Oui, oui. Mince, il n’y a plus rien contre le rhume. Par contre j’ai ce qu’il faut pour la digestion !
(Takashi) _ Quel intérêt pour soigner la crève ?
(Matsuko) _ Tu digères bien -> Tu as faim -> Tu manges -> Ça te remonte le moral -> Tu guéris plus vite.
(Takashi) _ Oh, c’est finaud !
(Yamano) _ Où est le remède contre l’imbécilité ?

(Amie) La débâcle des cours boursiers me navre…
(Matsuko) _ Jouer en bourse n’est rien d’autre qu’un jeu de hasard. On finit plumé si on se laisse mener par l’appât du gain ! Combien avez vous perdu ?
_ Perdu ? Ma plus-value a chuté de trois à deux millions de yens !
_ Oh… ma pauvre…

(Matsuko) Mince ! j’ai oublié d’allumer le Rice Cooker ! Vous pouvez attendre ?
(Takashi) _ Combien de temps ?
_ 20 minutes maximum.
_ Bon, d’accord.
_ Super ! Alors, je me dépêche… d’aller acheter des plats à emporter.
_ Eh !!

(Yamano) Un singe reste un singe même s’il tombe de l’arbre… Mais si un député tombe de son siège, il redevient une personne ordinaire.
(Nonoko) _ Je vois… Donc, une daurade pourrie reste une daurade… Mais un député pourri devient une simple ordure.
_ Je vois… Toi, t’es plus forte que moi.

La fin de l’album nous emmène auprès de la famille voisine des Kikuchi, et plus particulièrement dans le quotidien de leur restaurant. Un petit plus qui n’apporte cependant pas grand chose, car la hiérarchie familiale est plutôt similaire à celle des Yamada, et les gags sensiblement identiques. Un complément que je trouve donc dommage car on se serait facilement contenté de notre séjour chez les Yamada

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Badelel

640 strips dans ce premier tome… De quoi tenir plusieurs jours de lecture, même quand on est coincé à la maison à ne rien pouvoir faire ! Et on clôture le tout avec un bonus avec Mes Voisins les Kikuchi, ainsi qu’un plan du quartier nullement indispensable à la lecture, mais qu’on aurait aimé découvrir plus tôt.

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