Les cités obscure #2 : La fièvre d’Urbicande

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21 août 2011 par Lunch

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Lunch

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Eugen Robick dispose d’une fonction importante dans la cité d’Urbicande. En tant qu’Urbatecte, il est assigné au développement architectural de la ville. C’est lui qui dessine le moindre bâtiment, qui silhouette la moindre artère. Dans le soucis de créer une unité dont l’équilibre serait parfait, il prie le Rapporteur et les Commissaires, les plus grandes instances d’Urbicande, de mettre en œuvre la construction nécessaire de ce troisième pont reliant les deux rives. Sans lui la cité serait privée de symétrie et se retrouverait disgracieuse.
Ce soucis d’équilibre et du détail, Eugen va devoir le repenser entièrement avec l’avènement d’un cube étrange. Un objet insolite découvert lors d’une fouille et qui ne cesse de croitre, prenant très vite une proportion démesurée. Une révolution pour Eugèn et pour Urbicande.

Les Cités Obscures sont l’œuvre de deux hommes : Benoît Peeters au scénario, et François Schuiten au dessin. À eux deux, ils vont créer une série majeure de la bande dessinée, avec l’architecture comme principale contrainte. Chaque album visite une ville différente, avec sa propre ligne architecturale et politique. Bien qu’évoluant dans le même monde, elles sont toutes très différentes, ce qui donne une succession de one-shots aux aspects sans cesse renouvelés.
Pour le collaborateur d’architecte que je suis, bien entendu, cette série à un attrait tout particulier.

Si le premier album est Les murailles de Samaris, La fièvre d’Urbicande est celui qui a donné à la série toute sa notoriété, grâce à son Alfred du meilleur album lors du festival d’Angoulême en 1985.
François Schuiten a également été honoré du Grand Prix d’Angoulême en 2002, récompensant l’ensemble de son œuvre.

La fièvre d’Urbicande est pour moi un album fabuleux. Tout comme Eugen, l’Urbatecte de cette histoire, j’aime l’équilibre et la symétrie. Je trouve pour ma part les édifices modernes souvent disgracieux, surtout quand les fenêtres ne sont pas alignées, toutes ces petites choses. J’aime travailler dans la pierre, dans l’ancien, là où l’ordonnance prime.
De ce fait j’ai été très curieux de la façon dont Eugen allait réagir au développement du cube, qui obligeait évidemment à tout repenser dans l’architecture de la cité. Et encore, heureusement que c’était un cube, imaginez un instant qu’il ait été question d’une sphère… beurk ^^
Un album qui développe tout autant l’aspect science que fiction. Et qui implique aussi une dimension politique. Ce qui n’est pas pour me déplaire évidemment.

Le traitement graphique de François Schuiten est à la hauteur de l’événement. De grands bâtiments aux proportions antiques, des décors minutieux, un soucis du détail remarquable. Tout cela mis à côté d’un noir et blanc de rigueur. Je ne sais pas pourquoi, mais je préfère lire du noir et blanc sur un récit traitant à la fois du passé (architecture démesurée des époques Égyptiennes ou Grecques) et du futur (science-fiction).
Personnellement, et même si je ne connais pas la sélection officielle d’Angoulême en 1985, je trouve que l’album mérite amplement son Alfred (d’autres ont eu cette distinction sans pour autant faire l’unanimité).

Un grand œuvre !

roaarrr

– Alfred du meilleur album Angoulême 1985

Les cités obscure #2 : La fièvre d’Urbicande
Scénario : Benoît Peeters
Dessin : François Schuiten
Édition : Casterman 2009 (1° édition 1985)
La présentation de l’album sur le site de l’éditeur.
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Une réflexion sur “Les cités obscure #2 : La fièvre d’Urbicande

  1. Lunch dit :

    Par Yaneck le 22/08/2011 :

    Intéressant, ce point de vue personnel.
    Moi aussi j’ai été subjugué par cet album. Mais par sa dimension politique, pour ma part. Un autre point de vue, sur cet album extrêmement riche… ^^

    Par Lunch le 22/08/2011 :

    On peut le tagger « architecture et politique » oui 🙂
    C’est normal pour ma part de voir le côté architectural de par mon métier. Mais la politique est elle aussi extrêmement présente, même si le héros n’y participe que « malgré lui ». Certains veulent tirer la couverture d’Eugen vers eux (pour développer les bordels ? ;))

    Par Champi le 01/09/2011 :

    Je ne savais pas que tu bossais dans l’archi ! Je comprends donc ta sensibilité pour les Cités Obscures…

    Au fait, Alfred ou Alph’art ? 😀

    Par Lunch le 01/09/2011 :

    Alfred ! À partir de 1981 et jusqu’en 1987.
    Les Alph’Art prennent le relais en 1988.
    (mmm… je comprends ta question, j’ai utilisé les deux termes dans ma chronique, je corrige ^^).

    Eh oui, je bosse dans l’architecture 🙂

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