Petite souris, grosse bêtise

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12 juillet 2011 par Lunch

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Lunch

Suzie est une enfant un peu turbulente, si bien qu’elle pose quelques problèmes d’éducation à ses parents. Sa mère cherche par ailleurs à comprendre ses réactions et ainsi améliorer leur relation. Cela n’y change pas grand chose, Suzie a besoin d’affection et d’attention, et elle a probablement cette impression que ses parents ne s’occupent pas assez d’elle, qu’ils la délaissent au profit d’autre occupations. Du coup, elle joue au football pour passer le temps, et fait des bêtises pour qu’on la remarque…

Eh oui, on donne dans la bande dessinée jeunesse en ce moment !
Force est de constater que chaque lecture est tout à fait différente : chacune d’entre elles peut être adaptée aux plus jeunes ou plutôt cibler un public ado, et tous ces albums n’ont pas non plus le même contenu.
Là où Toto l’Ornithorynque développe une aventure simple et efficace, là où Garance nous emmène en voyage et joue avec nos émotions, l’histoire de Petite souris, grosse bêtise a un but précis, elle est là pour servir la morale !
On est moins dans la contemplation, moins dans l’aventure, mais un peu plus dans la psychologie.

Je pense qu’on a tous fait des bêtises étant gamins. Certaines étaient plus grosses que d’autres évidemment. À cet âge là, on n’a pas cette notion de danger… on sait quand on fait quelque chose si c’est bien ou mal, mais on n’a pas conscience de la gravité d’une situation, de ce qu’elle peut engendrer.
Petite souris, grosse bêtise, c’est un peu ça finalement : Comment une petite blessure du quotidien peut occasionner une très grosse bêtise.

Le dessin d’Alain Kokor donne une réelle vivacité au scénario. On ressent d’autant plus l’hyperactivité de la petite fille. Quant aux couleurs, on reste dans des teintes un peu agressives, on est dans le mal-être.
Ma préférence va cependant au traitement graphique du rêve de Suzie avec la souris « dentiste ». On sent bien la différence entre rêve et réalité, avec ce dessin plus rond, ces couleurs pastelles et ces contours des cases ondulants.

Comme tout bon album de Loïc Dauvillier, c’est une lecture qui fait réfléchir. Il ne s’agit pas non plus d’une thématique aussi lourde qu’Inès, mais le récit véhicule tout de même un message.
Je suis ravi de cette lecture, mais pas encore conquis. Je reste un peu sur ma faim. Peut-être suis-je contrarié parce que j’avais envie de lire un album jeunesse pour me retrouver en enfance, pour découvrir un récit plein de fraicheur et d’innocence. Petite souris, grosse bêtise n’a pas grand chose à envier à une bande dessinée adulte finalement…

 

Badelel

Deux sentiments contradictoires avant l’ouverture de Petite souris grosse bêtise. D’un côté Dauvillier privilégie généralement les thèmes de la mort et des drames sociaux et j’avais surtout envie de lire quelque chose de frais. D’un autre côté, il s’agit d’une BD jeunesse, et je sais pour avoir auparavant lu La Petite Famille qu’il a abordé cette série avec beaucoup de tendresse. Quant au dessin de Petite souris grosses bêtise, il est certes moins rond, mais il garde une touche très innocente. Bref, un a priori très neutre et pas mal de curiosité avant d’ouvrir cette bande dessinée.

Cela dit, j’ai principalement apprécié la brièveté du récit, parce que cette petite Suzie m’a littéralement faite flippé à chacune de ses bêtises. Pour le coup, LA grosse bêtise qui clôture la BD, on la sent tellement venir, et avec des conséquences tellement plus importantes…
Alors à la relecture, j’ai essayé de faire abstraction de mon regard d’adulte et elle retrouve l’innocence des BD jeunesse, mais à la découverte, j’ai vraiment perdu de vue cet aspect-là tant j’ai eu peur pour la vie de l’héroïne.

Ca n’en reste pas moins une lecture adaptée aux enfants, et même un excellent apprentissage (qui m’effraie donc). Par ailleurs, le dessin est parfaitement maîtrisé et le coup de pinceau d’Alain Kokor lui donne un charme particulier, loin des traits grossiers et des couleurs Photoshop qu’on trouve trop souvent dans la BD jeunesse grand public.

Après avoir ouvert Petite souris grosse bêtise avec deux sentiments contradictoires, cette même impression demeure en tournant la dernière page. Une qualité indéniable mais un désagréable sentiment d’effroi. Ne nous y trompons pas : Loïc Dauvillier est passé par là !

Petite souris, grosse bêtise (One shot)
Scénario : Loïc Dauvillier
Dessin : Alain Kokor
Édition : La gouttière 2009
La présentation de l’album sur le site de l’éditeur.
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2 réflexions sur “Petite souris, grosse bêtise

  1. Lunch dit :

    Par Mo’ le 13/07/2011 :

    Brimé ? 😦
    :))
    Quant aux couleurs, ce sont les couleurs des univers de Kokor. On les retrouvent dans « Les voyages du Docteur Gulliver », dans « Le commun des mortel »… elles n’ont pas du tout le même effet sur moi. J’adore ses bleus et ses ocres notamment… Il y a bien les passages un peu angoissants de la grande mais, dans l’ensemble, je trouve les ambiances de Kokor très chaleureuses.
    Mon Lutin aime beaucoup cet album. Tout d’abord, parce qu’il y a « le mythe » de la petite souris. Il est mis en valeur et apporte une note de douceur sur la fin, comme si tout était revenu à sa place. Il permet aussi de montrer que les parents de Suzy sont occupés mais présents, la fin est rassurant je trouve.
    Je crois aussi que les enfants n’ont pas le même regard que nous sur les bêtises et la notion de « punition ». J’étais un peu inquiète quant à l’accueil que mon Lutin ferait à cet album. Je l’avais lue seule, j’avais bien aimé mais je doutais de son accroche. Au final, bambino l’a lu il n’avait pas tout à fait 5 ans. Le message et sa la « morale » ont été reçu 5/5. Il trouve que le « drôle de Monsieur sympa » qui lui a fait son dragon (on a eu une dédicace de Kokor) est bien trop gentil avec cette petite fille qui aurait mérité une grosse punition ^^

    Par Lunch le 13/07/2011 :

    Je trouve ça très intéressant d’avoir ton ressenti sur cette lecture et sur la façon dont l’a perçue ton lutin. J’ai moi-même des appréhensions sur l’accueil donc… voilà, j’ai un début de réponse donc 🙂

    Par Lunch le 13/07/2011 :

    Brimé n’est pas le mot adéquat… je vais changer ça, j’ai fourché.

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  2. […] auteurs, Loïc Dauvillier et Alain Kokor, qui avaient par ailleurs déjà travaillé ensemble sur Petite souris, grosse bêtise. Ils développent une intrigue mettant subtilement en image ce trait particulier de […]

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