Ma maman est en Amérique, elle a rencontré Buffalo Bill

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14 juin 2011 par Lunch

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Lunch

Ma maman est en Amérique, c’est l’histoire de Jean et de son petit frère Paul. C’est une histoire d’enfants qui ont perdu leur mère. Mais sous ce contexte délicat se cache surtout une œuvre pleine de tendresse.

Ça commence juste après l’été, le premier jour de l’école. Jean rencontre pour la première fois ses nouveaux camarades et sa vieille maitresse. Il perd rapidement ses mots quand vient l’heure des présentations, qu’il faut dire quel métier font les parents. Et puis de fil en aiguilles, il bredouille quand même quelque chose qui passe inaperçu : « JemappelleJean – monpapaestpatronet – mamamansecrétaire ! »
Ouf, personne ne s’est rendu compte qu’il ne savait pas où était sa maman…

Ce manque, on le vit avec lui et son frère tout au long du récit. Les enfants essaient de savoir où elle est, ce qu’elle fait. Il cherchent à mieux la connaître et se rattachent à tous ce qu’ils trouvent ou ce qu’on leur dit. Le papa, lui, ne sait pas trop comment aborder les choses. La gouvernante, elle, ne peut rien leur révéler : ce n’est pas son rôle.
Quant à la voisine, une petite fille un peu plus âgée, elle a bien compris le malaise du petit Jean. Pour noyer son chagrin, elle lui fait croire qu’elle a des nouvelles de sa maman et lui lit des cartes postales venues d’un peu partout dans le monde : Espagne, Suisse, Amérique… Tout en lui demandant de garder le secret.
Évidemment, voilà qui ravit le garçon.

Pas évident de traiter le sujet de la mort avec un enfant, et d’autant plus lorsque c’est l’un des parents qui est parti. Mais les auteurs ont écrit cet album avec une incroyable légèreté et une infinie sensibilité.
Ils ont su raconter une situation dramatique sans tomber dans le larmoyant. Avec justesse, ils ont montré que la vie était une succession de moments importants, que chacun avait ses préoccupations et ses problèmes. Le papa du petit Alain par exemple, qui est handicapé, surmonte les difficultés de son quotidien sans se laisser aller.
La vie continue ! Voilà un beau message ! Et cette bande dessinée regorge de petites scènes qui ne laissent personne insensible : le départ à la retraite de la maitresse, le cadeau de la fête des mères, le parallèle avec le Père Noël…

Les difficultés qu’éprouvent les parents dans ce genre de situation. La délicate tâche d’une gouvernante, qui doit trouver sa place dans une famille et s’occuper des enfants comme leur mère, mais qui ne la remplace pas. La tendresse et la méchanceté des enfants.
Toutes ces choses qui figurent dans cet album, dans la trame principale ou en toile de fond, c’est non seulement une réflexion sur la mort, mais c’est aussi une réflexion sur la vie.

Une œuvre sensible et juste, à la portée de tous !

Badelel

Ma Maman est en Amérique, elle a rencontré Buffalo Bill est avant tout l’histoire (au titre un peu long mais tellement rêveur) émouvante d’un enfant qui grandit dans un monde qu’il ne comprend pas. Pourquoi Maman est partie, et où est-elle ? Que veut le psychologue scolaire ? Autant d’incompréhensions entre un monde d’adultes auquel personne ne veut l’initier et son imagination de petit garçon qui essaie de trouver des réponses logiques.

D’autant plus d’incompréhensions qu’il évolue dans le milieu bourgeois des années 60 dans lequel on éloigne les enfants des problèmes de grands. Ce n’est pas pour autant un album difficile. D’abord, Jean a de la chance : malgré un père soucieux et une mère absente, l’ambiance familiale est chaleureuse est détendue. Ensuite grâce à ce regard d’enfant, Jean Regnaud a réussi un tour de force, en abordant un sujet grave et difficile de façon drôle et innocente.

Le coup de crayon d’Émile Bravo vient achever de détendre l’atmosphère avec des bouilles toutes rondes et pleines de bonhomie. Il ne faut pas s’y tromper, Ma Maman est en Amérique est un livre tout à fait adapté aux enfants et on y découvrira le charme des lectures simples et belles.

Que cela n’effraie pas non plus les adultes qui y verront d’abord le tag “BD jeunesse” : comme tout album, il a été écrit par un adulte et propose différents niveaux de lecture. Difficile, d’ailleurs, de faire abstraction de l’évident accent autobiographique du récit.

Cet album se savoure avec nostalgie. Il se lit et se relie, toujours avec plaisir !

 

roaarrr

– Prix Ligue de l’enseignement pour le jeune public BD Boom 2007

Ma maman est en Amérique, elle a rencontré Buffalo Bill (One shot)
Scénario : Jean Regnaud
Dessin : Émile Bravo
Édition : Gallimard 2007
La présentation de l’album sur le site de l’éditeur.
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Une réflexion sur “Ma maman est en Amérique, elle a rencontré Buffalo Bill

  1. Lunch dit :

    Par Yaneck le 03/07/2011 :

    Vous m’avez donné envie, du coup, je l’ai emprunté. Il est très touchant, mais assez original dans sa conclusion je trouve. Assez juste. Mais un peu insatisfaisant pour moi ^^

    Par Lunch le 03/07/2011 :

    La conclusion… disons qu’on s’y attend, mais pas évident de contourner cet obstacle. Il fallait que les enfants comprennent. C’est l’évolution logique des choses.
    On dit que la vérité sort de la bouche des enfants 🙂

    J'aime

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