La maison close

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20 mai 2011 par Lunch

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Lunch

C’est le festival d’Angoulême 2009, par l’intermédiaire de son duo présidentiel Dupuy/Berberian, qui donne carte blanche à Florent Ruppert & Jérôme Mulot pour l’ouverture d’une maison close virtuelle.
Celle ci était consultable en ligne dans le cadre du festival et avait aussi son exposition au CIBDI (Cité Internationale de la Bande Dessinée et de l’Image). L’année suivante, elle était éditée en version papier.

Le principe est simple : Ruppert et Mulot posent le décors et se chargent de donner toutes les bases nécessaires à l’histoire. Ils sont donc les architectes de cette maison close, de la porte d’entrée à la chambre à coucher, en passant par le bar, les vestiaires ou encore le vaste salon.
La trentaine d’auteurs invités vient alors domestiquer le lieu. Certains s’improvisent portier (Lewis Trondheim), refoulant ceux dont la tête ne lui revenait pas (mais qui finissaient par rentrer par des moyens détournés). D’autres essayent de garder l’anonymat, revêtant un carton pour se cacher (François Olislaeger), s’habillant avec une grande cape pour qu’on ne le reconnaisse pas (Émile Bravo) ou encore reprenant le rôle mythique de l’homme invisible (Frederik Peeters). Certains n’assument pas et jouent les timorés. D’autres encore sont curieux.
En tout cas, tous jouent le jeu, dévoilant leurs fantasmes ou craquant complètement.

La palme du craquage, je crois qu’on peut volontiers l’attribuer à Boulet, dont la physionomie change au gré de ses émotions, et qui se transforme en véritable monstre sexuel, au grand dam de Frederik Peeters dont il met fin à l’invisibilité. C’est un peu gore au passage. Il fallait bien quelques scènes de trash.
Rassurez-vous, il y a aussi des scènes drôles ou romantiques, et je pense en particulier à la relation dessinée entre Morgan Navarro et Lucie Durbiano. Ou encore la complicité entre Nadja (incarnant une ourse) et François Olislaeger.

Je ne suis pas particulièrement attiré par les ouvrages collectifs. Et celui-là regroupe en l’occurrence de très nombreux auteurs.
Je ne suis pas non plus très attiré (mais quand même un peu curieux) par le contenu de cet album.
Pour finir, je n’aurais probablement jamais lu La maison close sans k.bd, puisqu’il s’agit là de notre chronique mensuelle du mois de Juin.

J’aurais tendance à vous aiguiller vers la lecture de Comédie sentimentale pornographique. Un album certes moins collectif, plus convenu, plus romantique, moins vulgaire… mais traitant tout de même de sexe.

Pas déçu, pas super emballé non plus, La maison close reste pour moi un album avec des hauts et des bas, avec des scènes qui ne sont pas toutes du même niveau. Certaines m’ont plus, d’autres nettement moins.
Rendons quand même hommage au projet : une improvisation grandeur nature au principe théâtral qui a su réunir pour un même album une belle brochette d’auteurs et qui, soulignons-le, fonctionne tout de même très bien.

Badelel

Addendum du 25/05/2011

Initié par Dupuy et Berberian lors de leur présidence au festival d’Angoulême en 2009, La Maison Close créée par Ruppert et Mulot est à l’origine une exposition doublée d’une expérience internautique. L’exposition, observable à travers des œillères donnait l’impression au visiteur de s’immiscer dans une action à laquelle il n’était pas supposé être mêlé. A l’époque déjà, j’avais trouvé le concept très intéressant, mais le problème, dans une exposition, c’est que dès qu’il y a un peu de monde, difficile de flanquer son œil dans tous les trous (en tout bien tout honneur…), et on ratait assez facilement la moitié de l’intrigue. La sortie en album papier de cette exposition permet ainsi au visiteur frustré de savourer à sa guise ce qu’il a loupé lors de sa visite.

Entourés d’un nombre monstrueux d’auteurs, La Maison Close est plus qu’un simple collectif d’auteur, puisque tous s’intègrent dans une seule et même histoire. A l’aide de d’un personnage les représentant, ils évoluent dans un décor défini, s’appropriant chacun le thème à sa façon. Je n’ai pas trouvé de détail sur la méthode de travail choisie par les auteurs, mais à la lecture, j’ai eu le sentiment d’avoir à faire avec une partie de jeu de rôle où Ruppert et Mulot feraient office de MJs (plantant le décor et adaptant la situation globale selon les actions de chacun), et les auteurs participants de PJs (à partir d’une situation donnée, quelle attitude adopter et quelle action choisir).

Bref, le concept est tout à fait innovant, et on sent qu’un travail de longue haleine se cache derrière tout ça. Malheureusement, comme tout concept, il y a un moment où ça ne tient pas la route. Rassurons-nous, ça reste quand même très crédible : je suis bluffée par le résultat. Néanmoins, l’ensemble finit par trainer en longueur. Les personnages, nombreux, finissent par court-circuiter le rythme, et au final, on est bien pressés d’en finir.

Que je ne fasse peur à personne : La Maison Close reste le meilleur album collectif que j’ai eu l’occasion de découvrir et il offre une lecture agréable, drôle et originale.

La maison close (One shot)
Scénario et dessin : Lewis Trondheim, Pauline Martin, Catherine Meurisse, Lisa Mandel, Florence Cestac, Nadja, Charles Berberian, Anouk Ricard, Peggy Adam, Aude Picault, Caroline Nury, Fanny Dalle Rive, Jérôme Mulot, Florent Ruppert, Lucie Durbiano, Hélène Bruller, Zep, Frantico, Émile Bravo, Guy Delisle, Boulet, François Olislaeger, François Ayroles, Killofer, Tom Gauld, Frederik Peeters, Sébastien Lumineau, Olivier Schrauwen, Christian Aubrun, Morgan Navarro
Édition : Delcourt 2010
La présentation de l’album sur le site de l’éditeur.
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