L’île aux cent mille morts

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7 avril 2011 par Lunch

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Lunch

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Gweny, une jeune fille à l’aspect canin, arpente la plage chaque jour dans l’espoir de trouver une bouteille contenant une carte au trésor. Au village, les vieux assis sur leurs bancs (avec leurs drôle de regards) se racontent l’histoire, celle du père de la petite qui, cinq ans auparavant, avait trouvé cette mystérieuse carte au trésor dans une bouteille échouée sur le sable et était parti à l’aventure, abandonnant femme et enfant.
La fillette s’est depuis ce jour mis en tête qu’elle trouverait elle aussi la carte menant à cette île lointaine et mystérieuse, et qu’elle irait chercher son père…
Jusqu’à ce qu’une nouvelle bouteille échoue sur le rivage…

L’île aux cent mille morts, voilà un nom des plus évocateurs : chouette, du sang et des larmes ! En plus, c’est un album de Fabien Vehlmann, l’occasion de s’en mettre plein la vue.
Sauf que voilà, même les plus grands font aussi des choses un peu moins bien, voire pas top du tout. Et cet album là, je ne l’ai pas trouvé à la hauteur de ce que j’ai lu de cet auteur jusque là.

Fabien Vehlmann est plutôt coutumier de ce thème, récurrent chez lui, qu’est la mort.
Dans Jolies Ténèbres, il l’aborde de plein fouet, comme une claque bien cinglante qu’on prend en pleine figure. Seuls abonde aussi dans ce sens, mettant la jeunesse en opposition directe avec la mort. Les derniers jours d’un immortel permet d’évoquer le devoir de mémoire tout en se posant la question de repousser les limites de la mort.

Ici la mort n’est qu’un prétexte, un titre, presque racoleur. C’est aussi une profession, avec cette improbable école de bourreaux perdue sur une île lointaine.
Vehlmann pose un contexte, celui d’une enfant recherchant son père contre vents et marées. Mais il ne parvient malheureusement pas à convaincre (du moins pas moi).
La faute au récit, simple et finalement pas si efficace que ça.
La faute aussi au dessin minimaliste de Jason conjugué aux grands aplats de couleur d’Hubert. Au découpage répétitif et sans charme : des planches de 9 cases – parfois 8 – parfaitement alignées et identiques de forme. C’est limite déprimant.
Il n’y a aucune émotion qui ne transparaisse dans les personnages, froids et finalement antipathiques. Là encore, l’agencement monotone des cases n’arrange rien.

J’aimerais conclure sur une bonne note, tant Fabien Vehlman a suscité d’engouement pour moi ces deux dernières années. Mais je ne suis pas certain d’être en mesure de trouver des arguments pour sauver cet album.
Peut-être que la succession des événements, qui s’enchainent rapidement, et le texte simple et sans emphase, pourraient plaire à un jeune adolescent… peut-être… mais même là, je suis persuadé qu’on peut largement faire mieux pour toucher cette tranche de lecteurs de bandes dessinées.

L’île aux cent mille morts (One shot)
Scénario : Fabien Vehlmann
Dessin : Jason
Couleurs : Hubert
Édition : Glénat 2011
La présentation de l’album sur le site de l’éditeur.
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Une réflexion sur “L’île aux cent mille morts

  1. […] Côté dessin, je suis charmé. En fait, c’est cette couverture un peu atypique qui a guidé mon achat. Ce mélange entre le dessin de Kerascoët et les couleurs toutes en contrastes de Hubert. Je suis par ailleurs rassuré sur son talent, moi qui avait été copieusement déçu par sa colorisation de L’île aux cent mille morts. […]

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