Cinq mille kilomètres par seconde

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20 février 2011 par Lunch

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Lunch

Une mère et sa fille emménagent dans leur nouvel appartement. Lucia ne prends pas vraiment part au déménagement et préfère s’isoler dans sa chambre, fenêtre ouverte sur la cour pour ne pas étouffer sous la chaleur accablante de l’été.
En face, Piero et Nicola, les meilleurs amis du monde, épient la scène, cachés derrière le store. C’est qu’elle est belle la nouvelle voisine !

Ce qui marque le plus dans cette bande dessinée, et qui attire le regard du premier coup d’œil, c’est la couleur. La couverture, dans le ton du premier chapitre, est chaleureuse dans ces tons jaunes qui rappellent l’été et qui sentent bon le souvenir de vacance et les premiers amours.
La couleur, elle alterne tout au long de l’histoire. Mieux encore, elle fait partie intégrante de l’histoire. Elle suit le récit, elle s’impose tout simplement. Le jaune éclatant de l’Italie, le mauve des longues nuits de Norvège, l’ocre du désert Égyptien, jusqu’au gris des derniers instants.

Mais Cinq mille kilomètres par seconde, c’est quand même un peu plus que ça. Ce qui n’aura pas échappé au grand jury d’Angoulême, qui a décidé d’auréoler Manuele Fior, l’auteur de ce livre, du Fauve d’Or du meilleur album 2011.

Mais alors, qu’est-ce qui peut bien se cacher derrière ce qui semble être au premier abord une simple histoire d’amour et qui ferait de cet album le meilleur de l’année, devant Omni-Visibilis, Asterios Polyp ou Quai d’Orsay ?
La réponse se trouve sûrement dans le traitement du récit, dans ce chassé croisé entre trois personnages qui se sont connus adolescents et qui vivent leur vie, ensemble et séparés à la fois. On les voit vieillir, évoluer, s’éloigner et se rapprocher. La vie est parfois facétieuse…

Ce qui fait la force de Cinq mille kilomètres par seconde, c’est surtout cette sensibilité qui se dégage de Lucia et Piero (personnellement, j’ai été moins touché par Nicola). Une sensibilité qui transpire tout autant dans la narration que dans le dessin, sublimé par ces couleurs directes absolument magiques.

On les plains, on les aime, on les détestent parfois aussi. La vie aurait pu être toute autre pour eux. L’importance des choix détermine le chemin qu’on prend et les routes qu’on croise. La technologie permet de s’affranchir de la distance mais la barrière demeure. On peut être proche et tellement loin… comme le dit l’adage : loin des yeux loin du cœur… c’est tellement vrai ! Qui n’a jamais pu vérifier ça ?

L’émotion, voilà ce que suscite cette bande dessinée et que n’a pas les autres. À chacune ses qualités. Le jury aura tranché. Et vous ?

Badelel

Badelel

Addendum du 11/04/2011

Cinq mille kilomètres par seconde est un album basé sur les sensations. Ceci explique sans doute que la façon de travailler de l’auteur aie pu être possible. Ou bien est-ce la façon de travailler de l’auteur qui fait que le livre dégage tant de sensations ?
Car Manuele Fior ne travaille pas comme la plupart des auteurs BD. Il ne prépare pas son découpage et son storyboard avant d’attaquer la réalisation des planches. Il fait ses planches directement, quitte à rajouter un chapitre ou à en enlever un autre.

Bref, le résultat donne un effet inédit. L’album parle d’amour, ces amours simples des gens simples, celles qui ne sont pas belles et immortelles mais les amours frustrées ou déçues. Et il le fait avec beaucoup de poésie et de douceur.

Des sensations soulignées par un travail des couleurs original et vivant : teintes jaunes pour la douce chaleur de l’Italie, teintes bleues pour le froid d’Oslo, teintes brunes pour l’étouffante d’Assouan. Là encore, tout est dans le ressenti : on y est tout simplement.

roaarrr

– Fauve d’or Angoulême 2011

Cinq mille kilomètres par seconde (One shot)
Scénario : Manuele Fior
Dessin : Manuele Fior
Édition : Atrabile 2010
La présentation de l’album sur le site de l’éditeur.
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Une réflexion sur “Cinq mille kilomètres par seconde

  1. […] s’être fait connaître en France pour Cinq mille kilomètres par seconde, auréolé du Fauve d’or d’Angoulême en 2011, Manuele Fior nous gratifie d’un […]

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