Eco #1 : La malédiction des Schaklebott

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13 janvier 2011 par Badelel

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Lunch

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Famille prospère et travailleuse, les Schaklebott sont d’habiles et renommés artisans. Leurs doigts accomplissent des merveilles et leurs étoffes se vendent à prix d’or. Réputés pour leurs magnifiques talents, leur carnet de commande ne désempli pas, et ils n’ont que peu de temps à accorder à leur unique petite fille, Eco. Les jouets ne lui manquent pas, mais l’amour des parents ne s’achète pas.
Un jour, son père lui demande un service : le ministre a commandé des poupées pour l’anniversaire de sa fille, mais les livreurs sont affairés ailleurs et ses parents ont trop de travail pour pouvoir s’absenter. Il faudra donc qu’elle porte elle-même le petit coffre…

Avant même le début de l’histoire, sur la page précédant le chapitre 1 destinée aux traditionnels remerciements, est faite une citation de Kafka :
« Il n’existe que des contes de fées sanglants.
Tout conte de fées est issu des profondeurs du sang et de la peur. »

Il y avait donc fort à parier que cette histoire aux doux aspects de conte ne se passe pas gentiment. Cela ne signifie pas qu’il y aura pas de happy-end (dans un album futur, vu que ce n’est ici que le tome 1)… mais que le chemin s’avère plus tortueux qu’à l’accoutumée.

Un conte. C’en est pourtant bien un. Du moins il en a tous les aspects lorsqu’on commence l’histoire. Un texte plein de poésie et d’espoir. Des images majestueuses, avec un dessin tout en rondeur, des perspectives déformées et des petites bouilles sympathiques. On se dit au départ que cela correspondrait à merveille à une lecture pour enfant.
Oui mais voilà, tout dégénère et la fin est… spéciale. Plus tourmentée dirons-nous. Elle évoque des considérations plus adolescentes, le passage à l’âge adulte, le rejet des parents, la solitude et la découverte de soi.

Décidément, Guillaume Bianco à l’art de faire des histoires qui paraissent être adaptées aux enfants, mais qui ne le sont pas vraiment.
Je suis de ce fait un peu surpris de la tournure du scénario. On ne s’y attends pas du tout et on a presque l’impression qu’on sort du contexte. J’avais pourtant envie de vivre ce conte, de savoir ce qu’il advenait de cette petite fille et de la voie surmonter une à une les péripéties de l’histoire.
Mais la fin nous rappelle à d’autres interrogations, j’ai l’impression qu’on change de sujet et que la fillette a pris 8 ans d’un coup. Et je trouve ça un peu dommage.

Je suis en revanche totalement subjugué par les dessins de Jérémie Almanza. Comme je le disais plus haut, les illustrations sont de toute beauté. Les images sont rigolotes, pleines de détails et d’objets insolites et déformés. C’est rond et sympathique. Ça me fait un peu penser à du Tony Sandoval.

J’ai eu l’impression cependant, et notamment sur l’un des dessins, qu’il n’était pas vraiment en adéquation avec le texte (la double page 10-11). La narration parle d’une maison propre et rangée, sans recoins pour se cacher. Alors que l’image parle d’elle même : il y a des objets partout et tellement de désordre qu’on imagine mal qu’il soit difficile de s’y cacher.
En allant sur le blog de Guillaume Bianco, je me suis aperçu qu’il avait fait le storyboard avec ses propres vignettes, qui collent effectivement mieux au texte. Je dois avouer que je préfère les magnifiques illustrations, plus alambiquées, qu’a réalisées Jérémie Almanza, mais peut-être que le texte aurait dû être retravaillé par endroits pour mieux y coller. Le dessin est tellement vivant que l’inverse m’eut paru totalement improbable.

Et je rage un peu de m’arrêter en plein milieu de l’histoire quand même, surtout que la fin nous laisse penser à une remake du petit chaperon rouge… ça sent la fugue à plein nez tout ça ^^

Badelel

Badelel

Eco n’est pas une bande dessinée à proprement parler. D’ailleurs ce n’est pas une bande dessinée du tout, c’est même clairement un album d’images, vu que ce livre ne contient aucune des caractéristiques de la bande dessinée. La seule chose qui le rattache à ce genre, c’est l’éditeur, et le fait que les auteurs soient habituellement des auteurs de BD. Ce type de considérations mis à part, c’est un livre graphiquement sublime, c’est incontestable ! Dans la droite lignée de la collection Métamorphose avec une ambiance un peu sombre et un trait « innocent ».

Concernant l’histoire, elle se rapproche pas mal du conte, d’ailleurs chaque chapitre est introduit par une référence à Jack et le haricot magique. Ce qui me chiffonne c’est de comprendre à quel public il s’adresse. Le ton et la situation laissent imaginer qu’il s’adresse à des enfants, mais le vocabulaire et un certain nombre d’événements présagent plutôt d’une orientation plus adolescente. Je ne sais pas si ce questionnement est lié à mon cadre professionnel, en tout cas, il a pas mal perturbé ma lecture. Autre chose qui m’a gêné, cette fois en temps que femme, c’est la fin de ce premier tome (ah oui tiens, c’est un premier tome). Sans vouloir trop en dire, on sent clairement la plume masculine qui ne sait pas de quoi elle parle. Même imagée, la scène est grossière et mensongère.
Ce qui n’empêche pas une lecture agréable et une histoire prometteuse.

Eco #1 : La malédiction des Schaklebott
Scénario : Guillaume Bianco
Dessin : Jérémie Almanza
Édition : Soleil 2011
La présentation de l’album sur le site de l’éditeur.
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