Blacksad #4 : L’Enfer, le silence

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11 janvier 2011 par Lunch

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Lunch

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Nouvelle Orléan, dans un night club Jazzy. Weekly et Blacksad attendent leur rendez-vous, un certain Junior Harper. Mais celui-ci est en retard.
Weekly en profite pour se rincer l’œil, il faut dire que le spectacle est tout à fait inconvenant. Mais Blacksad s’inquiète : cela fait longtemps que leur rencard, un ancien détenu, aurait dû arriver. Il décide alors de faire un saut à l’Ebony Lounge pour leur poser des questions, et envoie son compère journaliste du côté de chez Junior pour voir ce qui le retient…

Le détective privé John Blacksad reprend du service, avec son désormais inséparable Weekly (pour mon plus grand plaisir, j’adore ce personnage).
Cette fois, c’est lui qui a décroché ce boulot, mais l’affaire est loin d’être une partie de plaisir, contrairement aux apparences premières. Le patron d’une grande maison de disque, Faust Lachapelle, s’inquiète pour l’un de ses musiciens : Sebastian Fletcher. Ce dernier, accroc à la drogue, est introuvable. Et il se fait un sang d’ancre pour lui.
Évidemment, rien ne se passe comme prévu et l’histoire est plus plus complexe qu’il n’y paraît.

La drogue, la maladie, l’argent, le secret, la corruption, le meurtre… des maux qui font bien souvent le quotidien de notre détective privé. Cette fois encore il ne réchappera pas à ces vices. Et je dois bien avouer que le milieu de la Nouvelle Orléan m’a totalement séduit. J’aurais bien volontiers mis un petit album de Jazz en fond musical pour coller plus encore à l’ambiance.

Le graphisme de Juanjo Guarnido nous aide pour beaucoup à rentrer dans ce scénario quelque peu torturé de son compère Diaz Canales ou les enquêtes croisées de Weekly et de Blacksad se croisent avec des flashbacks servant à présenter les divers protagonistes.
Guarnido nous ébloui une fois de plus par la qualité de son dessin et de son travail sur les personnages, les décors riches mais aussi sur les ombres. Le rendu graphique autour du diner avec le fils Lachapelle sous un arbre et le jeu de lumière qui lui est associé est vraiment admirable.

Me concernant, je suis enchanté. Blacksad est l’une des rares bande dessinées qui me fasse aimer le polar. Et je suis heureux que l’album soit aussi réussi, après la petite déception que j’avais eu sur le tome 3.
D’ailleurs, je me rends compte en écrivant cette chronique de la pauvreté des trois précédentes… il faudra que je reprenne tout cela à l’occasion.

It’s a long long lane
That has no turning
And it’s a fire that always keeps
On burning…

Mister devil down below
Pitchfork in his hand
That’s where you’re gonna go
Do you understand ?

‘Cos the devil’s
Gonna get you
The devils
Gonna get you

Yeah the devil’s gonna get you
Man, as sure as you’s born !

 

Badelel

Badelel

Díaz Canales et Guarnido nous ont habitué à une série engagée dans les problématiques politiques et sociétales de l’Amérique des années 50. Blacksad a toujours été une BD pleine de rythme, un coup de cœur, un truc énorme. Tout ce que n’est pas ce tome 4.
En voulant jouer avec la chronologie Díaz Canales noie le lecteur. J’ai passé mon temps à me demander si on était avant ou après la scène précédente et comment on se situait par rapport à la scène d’encore avant. Bref, le récit n’apporte ni souplesse dans la lecture, ni rythme dans le déroulement.
On sent à la relecture que la mise en page a été agencée pour régler ces problèmes de temporalité, malheureusement, c’est un échec. Même en relisant, j’ai failli sortir une feuille de papier pour noter l’ordre des scènes.
Et puis quid du racisme ou de la chasse au sorcières ? Bon, ça parle de musique, de drogue, on reste dans l’univers sombre de Blacksad, mais pas d’engagement, rien. Ce détail ne m’aurait sans doute pas gênée si la BD avait tenu la route. Après tout, le tome 1 non plus n’était pas dans les phénomènes de société. Mais bon, vu qu’on se perd dans la lecture, on essaie de se raccrocher à autre chose…
Un petit plus quand même au niveau du scénario : une petite référence (ou pas ?) à la jeunesse de John Blacksad, juste de quoi interroger le lecteur.

Cela dit, l’album reste au moins une valeur sûre au niveau du dessin. Guarnido a multiplié ses traits, ce qui aurait tendance a altérer la clarté de la case, mais qui aurait aussi tendance à approfondir le côté sombre de l’ambiance. Les couleurs sont toujours très belles, avec des dégradés de nuances sur les scènes d’ambiance. Bref, là-dessus, je reste enthousiaste, malheureusement ça ne rattrape pas le défaut du scénario.

Je n’aurais jamais cru être aussi négative sur une série qui a provoqué chez moi un tel engouement, mais voilà, ma note sur cet album fait drastiquement chuter la moyenne…

Blacksad #4 : L’Enfer, le silence
Scénario : Juan Diaz Canales
Dessin : Juanjo Guarnido
Édition : Dargaud 2010
Voir aussi : Tome 1, Tome 2, Tome 3
La présentation de l’album sur le site de l’éditeur.
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