Petites coupures

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4 janvier 2011 par Lunch

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Lunch

Paul Norman a maintenant sa carrière derrière lui, à 36 ans. Boxeur dont on promettait la gloire, un instant inattention lui a coûté le titre et la renommée. K.O. au 6ème round : la chute du « crabe ».
Il est depuis tombé dans la décadence. Filant à bord de sa décapotable, il pleure ce qu’il a été et ce qu’il a perdu. Et il n’a plus de Whisky…
Quelques heures plus tard, après un dernier arrêt dans un bar pour étancher sa soif, celui qui fut presque une légende meurt dans un accident de la route.

Petites coupures commence fort en narrant les derniers instants de Paul Norman, un boxeur tombé dans l’alcoolisme et l’oubli. Les premières pages nous font peser l’amertume de l’ancien champion. Puis vient le flashback sur presque 220 pages : le dernier combat de l’étoile déchue. Un combat qui opposera Paul Norman, le vétéran revanchard, à Max Chavez, la pouce montante.

Paul est cramé, son foie est déjà bousillé par l’alcool. Il a perdu sa femme, il n’a plus la garde de sa fille. Pourtant, il continue à faire ce qu’il sait faire. Il prends des coups pour toucher le cachet qui lui permettra de survivre quelques temps. Simple sparing-partner pour des matchs de gala.
Chavez, c’est le champion en devenir. Ce combat doit lui servir de tremplin pour le titre, un mois plus tard.
Le vieux contre le jeune. Un match sans enjeux. Deux destins qui se croisent sur un ring de quelques mètres de long.

J’avais déjà beaucoup apprécié la qualité narrative de Joseph Incardona dans Fausse route. Vincent Gravé illustrait déjà avec lui cet album chez les enfants rouges. Je suis toujours convaincu de cette qualité. Une histoire différente, qui transpire la sueur et les larmes. C’est une tragédie, c’est dramatique, c’est touchant. On est peiné pour les deux boxeurs, pour les proches aussi. On prends toute leur vie en pleine face comme autant de coups qu’ils prennent dans l’estomac. C’est juste et c’est beau.

Je conseille à ceux qui ne connaissent pas encore le travail de Vincent Gravé d’ouvrir l’un de ses albums. Chaque case est une œuvre d’artiste, sa technique est déconcertante et le rendu bluffant. Il parvient à cadrer des scènes comme au cinéma, à donner un éclat tout particulier à la lumière, quelle provienne d’un flash d’appareil photo, d’un reflet ou d’un spot.
On a vraiment cette impression de retourner dans les années 40, dans ces États-Unis secoués par la seconde guerre mondiale.

Un album que je déconseille fortement à ceux qui cherchent toujours un happy end. Mais je recommande à ceux qui aiment les drames et qui ne sont pas rebutés par la boxe.

Petites coupures (One shot)
Scénario : Joseph Incardona
Dessin : Vincent Gravé
Édition : Les enfants rouges 2009
La présentation de l’album sur le site de l’éditeur.
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